41 Maude Deblois, intervenante pour Motivaction Jeunesse

Samuel Paquin

Maude est une jeune femme intervenante de milieu pour Motivaction Jeunesse, un organisme communautaire qui travaille dans les écoles primaires, secondaires et dans les écoles pour adultes de la Basse-Ville de Québec et intervient dans les quartiers Limoilou et Vanier. Avant d’occuper cette fonction, Maude avait étudié en éducation spécialisée.

S’impliquer avec Motivaction Jeunesse

Bien qu’elle n’ait pas d’expérience de séjour dans un des pays d’où proviennent la plupart des personnes réfugiées, Maude a un grand intérêt pour les cultures : « C’est un peu pour ça que je travaille avec la clientèle immigrante. J’ai fait des stages avec le Centre multiethnique de Québec (CMQ) et à Motivaction Jeunesse, tout en sachant que j’allais travailler avec des immigrants. C’est mon dada finalement! ».

Maude a décidé de s’impliquer dans Motivaction Jeunesse et de travailler avec les personnes immigrantes et réfugiées à cause de cet intérêt marqué pour les cultures et de ses valeurs personnelles : l’entraide, l’ouverture vers les autres, vers le monde, l’acceptation des autres et l’altruisme.

En ce qui concerne son travail au quotidien, ses tâches varient de jour en jour. Selon ses dires : « À Motivaction Jeunesse, on n’a pas de journée typique ».

Nous, on travaille environ 35 heures semaine. Moi je suis à deux écoles : je suis à l’école Jeunes-du-monde et Jean-de-Brébeuf. Donc je me promène énormément entre les deux écoles. Le plus possible, on essaie d’avoir des liens avec les jeunes, par exemple sur les heures du midi, les fins de semaine, après l’école, pour développer un lien de confiance avec eux et ensuite les orienter vers des projets, des processus pour les valoriser.

Projet… en vélo!

Maude démarrera bientôt une nouvelle édition d’un projet qui existe depuis 19 ans : « Bientôt, on va avoir une expédition de vélo qui va commencer. On fait deux fois des pratiques de vélo par semaine. Pour le primaire, on fait une fin de semaine, on fait 120 kilomètres de vélo : on s’en va jusqu’au lac Sept-Îles dans Portneuf avec les élèves du primaire, puis on revient à Québec. Au secondaire, c’est une semaine : c’est 500 kilomètres de vélo, on parcourt le Nouveau-Brunswick jusqu’à Québec. La majorité des gens qui participent sont d’ailleurs des élèves immigrants! ». Le but de ces projets est de permettre aux personnes immigrantes et réfugiées de vraiment s’intégrer dans la société : « Ça facilite beaucoup pour l’apprentissage du français de créer des liens avec des amis qui sont d’autres nationalités. Le sport, c’est un moyen d’intervention qu’on utilise pour les aider à s’intégrer », explique madame Deblois.

Défis des personnes réfugiées

Bien évidemment, l’intégration des personnes réfugiées comporte un certain nombre de défis et de difficultés. La barrière linguistique est une des difficultés principales.

La majorité des réfugiés, quand ils sont dans les camps de réfugiés, vont apprendre l’anglais, qui est une langue plus internationale. Tout le monde parle anglais, mais en arrivant ici, c’est le français qui prend la place. Ils ne parlent pas du tout français, donc la barrière de la langue est vraiment difficile, puis plus tu es avancé en âge, plus c’est difficile. Les élèves du primaire ici, la majorité parle québécois. Mais quand on regarde leurs parents, leurs grands frères, leurs grandes sœurs, le cheminement n’est pas le même.

Selon l’expérience de Maude Deblois, il y a également d’autres difficultés qui peuvent freiner l’intégration des personnes immigrantes.

Les Népalais, tu vas rentrer dans leur appartement, ça va sentir les momos (mets népalais), il va y avoir de l’encens, il va y avoir des bouddhas partout. En ce qui concerne la culture, à la maison ils vont vraiment travailler là-dessus ainsi que sur leur religion. Ils vont garder leur culture en arrivant ici, mais en arrivant à l’école, ils vont vouloir apprendre à faire du ski de fond, aller faire de la raquette, apprendre le patin. Ils sont ouverts à de nouvelles expériences, mais leur bagage culturel reste quand même très important parce que c’est leur façon d’être encore un peu attaché à leur pays.

Selon elle, les difficultés résident dans le fait que les personnes réfugiées d’un pays tendent à se tenir ensemble puisqu’elles partagent une langue et une culture commune, ce qui rend l’intégration difficile. D’où l’importance d’organismes comme Motivaction Jeunesse qui aident à l’intégration des personnes immigrantes et réfugiées en créant des liens par le biais de la langue française et de la culture québécoise.

Expertise dans l’accueil des personnes réfugiées

Madame Deblois a ensuite fait part de ce qu’elle considère comme étant les points forts de l’accueil des personnes réfugiées à Québec. Selon elle, le Centre multiethnique est le « centre de commandement » de l’accueil des personnes réfugiées à Québec. Le Centre multiethnique, les différents organismes d’aide aux personnes immigrantes et réfugiées et les intervenant-e-s qui s’impliquent dans ces organismes se démarquent par leur « expertise créée avec le temps » et « acquise sur le terrain » en plus de la passion des intervenant-e-s.

Madame Deblois a aussi dressé un constat sur les organismes d’accueil. Selon elle, il ne se fait pas assez de parrainage de personnes réfugiées à Québec. En effet, elles ont besoin d’une personne de confiance qui peut leur venir en aide, d’une personne ressource qui peut les guider vers les organismes. Il faudrait, selon elle, que les gens fassent preuve d’une plus grande ouverture à l’égard des personnes réfugiées, qu’ils aillent vers elles et soient ouverts à la discussion pour mieux les comprendre et aider à leur intégration dans la société québécoise.

Maude Deblois fait ce constat à propos de l’accueil des personnes réfugiées :

N’écoutez pas les mauvais messages dans les médias, allez vers les réfugiés, apprenez à les connaître, discutez avec eux.

Son message pour les intervenant-e-s est le suivant : « Merci pour tout ce que vous faites ».

Maude Deblois

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