17 Abdessamad Bourja

Amélie Lafresnaye-Drouin

Abdessamad Bourja est originaire du Maroc, plus précisément de la capitale économique Casablanca. Il est âgé de 28 ans, de religion musulmane et a étudié en génie informatique. Avant son arrivée au Québec, il était responsable du département informatique d’une entreprise.

Ses premiers mois au Québec

Abdessamad a quitté le Maroc pour s’établir au Québec le 2 mai 2016. Ce qui l’a poussé à quitter son pays d’origine est avant tout le désir de rejoindre sa femme qui était déjà à Québec pour poursuivre ses études.

Ma femme aussi est marocaine et, il y a quelques années, elle a décidé de venir étudier à l’Université Laval. On s’est marié et, par la suite, on a décidé de venir vivre à Québec ensemble, ou plutôt je suis venu la rejoindre pour que nous puissions acquérir tous les deux de l’expérience dans notre domaine de travail.

Ce sont sa femme et son beau-frère qui l’accueillirent à son arrivée. « J’étais vraiment content de voir ma femme », mentionne-t-il.

Les premiers mois furent surtout dédiés à la découverte de la ville, de la culture québécoise et aussi du climat canadien. Quelques semaines à peine après son arrivée, Abdessamad a été en mesure de décrocher son premier emploi au service à la clientèle d’une entreprise où il a pu se faire ses premiers amis québécois. Par le fait même, il en a profité pour en apprendre sur la culture, ce qui lui permit de s’intégrer plus facilement.

Puisque le français (qu’il maîtrise très bien) est la deuxième langue officielle du Maroc, la communication n’a pas été un obstacle pour Abdessamad. Toutefois, le français parlé au Québec est très différent de celui que les gens parlent au Maroc, mais aussi de celui qui est parlé à travers le monde. La différence est perceptible au niveau de l’accent. Encore une fois, il n’a pas été difficile pour lui de s’y habituer. Ce qu’il a trouvé plus difficile est le climat du Québec, puisqu’il est très différent de celui du Maroc. « J’ai fini par m’habituer. Le pays est bien équipé pour affronter le froid, tout est chauffé », se rejouit-il.

Sa vie aujourd’hui

Interrogé sur les valeurs québécoises qu’il apprécie, Abdessamad s’est attardé au bon côté des choses. Il a mentionné que les Québécois étaient un peuple très accueillant et respectueux. Il a aussi remarqué la joie de vivre chez ses nouveaux collègues et amis québécois.

Aujourd’hui, Abdessamad a changé d’emploi, il s’est trouvé un poste dans un domaine plus en lien avec les études qu’il a complétées au Maroc. Il est maintenant technicien en informatique.

Je mène une vie très normale, j’ai une famille, des amis maghrébins et français, et je me suis fait aussi pas mal d’amis québécois dans le cadre du travail et dans mon entourage.

La différence de culture

Abdesssamad ne pense pas que les habitants de Québec ont une opinion péjorative de l’Afrique, mais plutôt qu’ils sont mal informés et peu documentés.

La majorité des gens ne savent pas où se trouve le Maroc. D’autres pensent que c’est juste le désert, que c’est un pays pauvre qui n’est pas développé. Par contre, je connais des gens qui ont déjà visité le Maroc et ils ont beaucoup aimé. Ils veulent même y retourner.

De plus, Abdessamad a ajouté ne pas avoir été personnellement victime de racisme ou de commentaires désobligeants par rapport à ses pratiques religieuses. Toutefois, il a confirmé que le port du voile de sa femme ne faisait pas l’unanimité, surtout dans le cadre de son travail.

Le message qu’Abdessamad pour les Québécois qui s’inquiètent de l’arrivée d’immigrants est le suivant :

La majorité des immigrants maghrébins qui sont à Québec sont des gens diplômés et cultivés. Ils sont là pour participer au développement du pays. Ce sont des personnes qui travaillent dur pour s’intégrer, qui sont très honnêtes, qui veulent réussir leur vie et aussi qui aiment la culture québécoise.

Les commentaires d’Amélie

Puisque je connaissais déjà l’histoire d’Abdessamad et que j’avais beaucoup appris sur la culture arabe grâce à mon premier contact avec lui l’an dernier, ce que j’ai le plus appris de cette rencontre, c’est le pouvoir de l’intérêt. J’ai constaté que les gens aiment raconter leur histoire et voir qu’on les comprend, qu’on s’intéresse à eux et qu’on parvient en quelque sorte à vivre avec eux les moments de leur vie qui font d’eux les personnes qu’elles sont. Je crois que si nous avions une plus grande ouverture d’esprit et que nous intéressions davantage aux habitudes de vie des personnes qui sont différentes de nous, le racisme et les préjugés seraient moins présents.

Maroc. Source : https://pixabay.com/fr/maroc-oriental-marrakech-orient-2746495. Crédit : Jonny_Joka

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