*Interlude*

Mélodie Faury

Des regards qui se croisent… numériquement

Quel est le statut de ce qui se joue ici ? Dans ces billets, dans ce carnet de recherche, dans les commentaires ? Le définir reviendrait-il à le figer ?

Sommes-nous en dehors des enjeux « habituels » de la recherche ? Le seul dont nous considérons la valeur ici, serait-il de donner à penser, à réfléchir, à (nous) interroger ? De croiser les perspectives ?

Discussion
« j’aime beaucoup ce billet ouvert à tous les vents de nos questionnements, et qui me semble avancer de nouveaux formats pour une écriture de recherche reconnue comme telle – en l’état actuel de l’évaluation, les billets de la villa réflexive, pour la plupart, ne correspondent évidemment pas aux formats imposés – mais quelle est l’instance qui les impose : la recherche, que je conçois comme un exercice réfléchi (!…) de la pensée, ou l’institution, qui garantit des lieux et des réseaux de reconnaissance, de gratification, voire de sanctification ? on sait que l’intitution de l’impensé n’a pas son pareil pour se faire passer pour la recherche avec la pensée, c’est même comme ça qu’elle nous assujettit tou.te.s – notre villa, pourtant, propose d’autres chemins de pensée et de discours, qui, je l’espère, sous la pression de la recherche en ligne, de notre amitié scientifique, de l’intelligence collective, et des inventions des chercheurs qui arrivent dans le « champ », forcera les limites de l’institutionnellement correct, et en même temps, fécondera cette correction (et je dois taper « alimen affaire » pour valider mon commentaire, c’est un présage) », Marie-Anne Paveau,  10/02/2012 à 20:43 

 

Sommes-nous totalement inconscients ou insouciants ? Que faisons-nous des enjeux d’évaluation, de publication, de propriété intellectuelle, des enjeux disciplinaires ? Je pense que ces questions, quand bien même elles jouent parfois à être invisibles, tout du moins au premier regard, sont centrales dans nos activités numériques de chercheurs, qui se pensent en permanence.

En témoigne un exemple, celui de la journée Science sociales 2.0, parmi de nombreux autres. Les chercheurs qui utilisent des outils numériques peuvent bien sûr être réflexifs sur leurs pratiques (et se rencontrent souvent « en vrai ») !

Les carnets de recherche nous donnent le choix quant à la manière de donner à voir une recherche « en train de se faire ». La succession des mois dans les Espaces réflexifs le démontrera à elle seule. Dans quelle mesure reflètent-ils nos conceptions même de la recherche ? Le laisse-t-on apparaître dans ce que l’on cache, ce que l’on choisit de montrer, les formes que l’on adopte, que l’on privilégie, les liens ou les frontières que l’on dessine ? Que met-on dans le cadre et dans le « hors-cadre » ?

 

***

Billet original : Faury, Mélodie (10 février 2012) “Des regards qui se croisent… numériquement”. Espaces réflexifs [carnet de recherche]. Consulté le 26 février 2018, http://reflexivites.hypotheses.org/614

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