La collection « Réflexivités et expérimentations épistémologiques »

« Faire des cabanes en tous genres – inventer, jardiner les possibles ; sans craindre d’appeler « cabanes » des huttes de phrases, de papier, de pensée, d’amitié, de nouvelles façons de se représenter l’espace, le temps, l’action, les liens, des modalités de la pratique. Faire des cabanes pour occuper autrement le terrain ; c’est-à-dire toujours, aujourd’hui, pour se mettre à plusieurs.

Pas pour prendre place, se refaire une place là où ça ne gênerait pas trop, mais pour accuser ce monde de places – de places faites, de places refusées, de places prises ou à prendre. » (Marielle Macé, 2018)

« Être de ce monde, c’est aussi songer individuellement à ce à quoi l’on contribue, se poser la question de quel monde édifie-t-on par son action. Mon geste, reproduit-il les conditions de l’iniquité, de la domination, et de la dévastation, ou rend-il ce monde plus fécond, plus ouvert, et plus vivifiant ? ». (Felwine Sarr, 2017)

« L’habitant est [plutôt] quelqu’un qui, de l’intérieur, participe au monde en train de se faire et qui, en traçant un chemin de vie, contribue à son tissage et à son maillage » (Tim Ingold, 2007)

Proposer un livre dans la collection « Réflexivités et expérimentations épistémologiques », c’est s’inscrire dans l’un des élans épistémologiques suivants :

  • Boucles réflexives et pas de côté : situer sa propre perspective (standpoint epistemology) dans le geste de construction de la connaissance ;
  • Donner accès aux matériaux, aux témoignages pour permettre le croisement des perspectives, la réflexivité collective et la discussion scientifique pour la construction d’une inter-subjectivité ;
  • Explorer les formes de l’écriture numérique augmentée au bénéfice de savoirs ouverts et dialogiques ;
  • Explorer les formes et les styles d’écritures liées à la recherche – interroger et déconstruire les « normes classiques » pour retrouver le sens des pratiques normées et/ou développer une créativité dans les formes de partage et de construction de la connaissance – et la place du « je » du sujet connaissant dans l’écriture ;
  • Explorer des co-écritures pour la co-construction de connaissances, aux croisements de divers savoirs ;
  • Mise en dialogue de différents types de savoirs avec les savoirs académiques : savoirs d’expériences, savoirs de vie, savoirs d’action des professionnels…;
  • Donner à entendre la voix de sujets connaissants peu audibles (sans-voix, invisibles, indicible, infra-ordinaire) via les possibilités de l’écriture, et notamment de l’écriture numérique ;
  • Transformer le rapport au terrain ou à « l’objet » de connaissance : tact, contact, émotions, place du corps, des émotions ;
  • Partager – dans un mouvement réflexif – un parcours de recherche, une expérience vécue de la recherche ou d’un contact avec la recherche ;
  • Partager des écritures intermédiaires donnant à voir le chemin d’une pensée ;
  • Partager un « journal de bord » de la recherche au quotidien ;
  • Développer de nouvelles formes de critiques des sciences.

Plus d’informations sur les Éditions science et bien commun :

1. Proposer un projet aux Éditions science et bien commun

2. Valeurs et projet éditorial des Editions science et bien commun

3. Consignes de présentation d’un manuscrit

4. Guide d’écriture inclusive

5. Équipe éditoriale et comité scientifique

 Références

Annie Ernaux, L’Écriture comme un couteau, Paris, Gallimard 2011 (2003).

Sandra Harding, « Rethinking Standpoint Epistemology : What is Strong Objectivity ? », dans Linda Alcoff et Elizabeth Potter (dir.), Feminist Epistemologies, New York & London, Routledge, 1993, p. 49-82.

Donna Haraway, « Situated knowledges : the science question in feminism and the privilege of partial perspective », Feminist Studies, 14 (3), 1988, p. 575-599.

Tim Ingold, Une brève histoire des lignes, éd. Zones sensibles, Routledge, 2007, p. 108.

Ivan Jablonka, L’Histoire est une littérature contemporaine. Manifeste pour les sciences sociales, Paris, Seuil, « Librairie du XXIe siècle », 2014.

Baudouin Jurdant, « Parler la science ? », Alliage, 59, 2006. pp. 57-63. En ligne : http://www.tribunes.com/tribune/alliage/59/page6/page6.html

Marielle Macé, « Nos cabanes », AOC media, 2018. https://aoc.media/fiction/2018/04/01/nos-cabanes/

Marielle Macé, Styles. Une critique de nos formes de vie, Paris, Gallimard, 2016.

Joëlle Le Marec, « Le public, le tact et les savoirs de contact », Communication & langages, 2013 (1), n°175, pp. 3-25. En ligne : https://www.cairn.info/revue-communication-et-langages1-2013-1-page-3.htm

Florence Piron, « Méditation haïtienne. Répondre à la violence séparatrice de l’épistémologie positiviste par l’épistémologie du lien », Sociologie et sociétés, Vol. XLIX, no 1, printemps 2017, p. 33-60.

Marie-Anne Paveau, « Le désir épistémologique », Semen – Revue de sémio-linguistique des textes et discours, 29, 2010, p. 7-13.

George Perec, L’infra-ordinaire, Paris, Seuil, 1989.

Maria Puig de la Bellacasa, « Technologies touchantes, visions touchantes. La récupération de l’expérience sensorielle et la politique de la pensée spéculative. » in Penser avec Donna Haraway, Paris, Presses Universitaires de France, 2012.

Felwine Sarr, Habiter le monde. Essai de politique relationnelle, Montréal, Mémoire d’encrier, 2017.

Virginia Woolf, Quel soulagement : se dire « j’ai terminé », Paris, Les belles lettres, 2018.

Benedikte Zitouni, « With whose blood were my eyes crafted ? (D. Haraway) Les savoirs situés comme la proposition d’une autre objectivité» in Elsa Dorlin et Eva Rodriguez (dirs.), Penser avec Donna Haraway, Paris, Presses Universitaires de France, 2012, pp.46-63.

ATD Quart Monde – Le croisement des savoirs et des pratiques : une démarche. https://www.atd-quartmonde.fr/sengager/dans-votre-milieu-professionnel/croisementdessavoirs/le-croisement-des-savoirs-et-des-pratiques/

Livre blanc ALLISS (mars 2017) – Prendre au sérieux la société de la connaissance. https://inra-dam-front-resources-cdn.brainsonic.com/ressources/afile/397900-528c0-resource-livre-blanc-alliss-prendre-au-serieux-la-societe-de-la-connaissance.pdf

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