2 Configuration sociolinguistique des populations de l’arrondissement de Tchaourou

Tchando Ambroise Nahini

Résumé

Les différents groupes sociaux se définissent sur la base du type de relation sociale qui existe entre eux. La langue est un outil d’identité culturelle, un moyen de communication. Elle constitue donc une composante du développement qui facilite l’interaction au sein de la société. À Tchaourou, la configuration sociolinguistique est très peu documentée. Cet article décrit le poids relatif des différents groupes ethniques et des principales langues parlées dans les localités de l’arrondissement de Tchaourou. Les résultats montrent que les groupes ethniques les plus dominants sont les Yoruba/Nago et apparentés, les Bariba et apparentés. Ils sont suivis des Fon/Mahi et apparentés et des Ottamari et apparentés. On note une cohabitation de ces différents groupes socio-ethniques au niveau des villages et quartiers de ville, d’une part, et une forme de concentration dans certaines localités, d’autre part.

 

Mots-clés : Langue, ethnie, configuration sociolinguistique, Tchaourou

 

Introduction

Dès la naissance, l’une des premières choses que l’on apprend avec ses géniteurs et particulièrement avec sa mère est la langue maternelle ou natale. L’importance de l’utilisation ou de l’apprentissage d’une langue n’est plus à démontrer. La langue est un outil fondamental de communication. Or la communication est un élément fondamental de tout processus de développement. L’utilisation ou la maîtrise d’une langue dans une communauté, permet d’acquérir de nouvelles connaissances culturelles qui façonnent l’esprit, les aptitudes et même le comportement. « L’utilisation et la maîtrise d’une langue dans une communauté renforcent la cohésion sociale, puisque chaque individu, à chaque étape de son évolution dans la maîtrise de la langue, acquiert de nouvelles connaissances et s’expose à de nouvelles dimensions culturelles » (Amadou Sanni et Atodjinou, 2012). C’est ce qu’a compris le gouvernement béninois qui met, depuis 2009, l’accent sur la promotion de l’alphabétisation et des langues nationales. Ainsi, par arrêté ministériel[1], le Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme (MCAT) a été transformé en Ministère de la Culture, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales (MCAPLN). Beaucoup d’efforts sont consentis dans ce sens. Le gouvernement béninois, à travers le Ministère des Enseignements Maternels et Primaires (MEMP), a officialisé en 2012, son programme d’introduction des langues nationales dans notre système éducatif, en adhérant à l’initiative Élan (Écoles et langues nationales) qui regroupe huit pays de l’Afrique subsaharienne francophone. Par ailleurs, la question de la promotion des langues nationales n’est pas que la préoccupation du gouvernement béninois. Plusieurs organisations non gouvernementales, aussi bien nationales qu’internationales, accordent beaucoup d’intérêt à l’alphabétisation et à la promotion des langues nationales.

Au Bénin, on retrouve une diversité de langues. Selon les résultats du Recensement Général de la Population et de l’Habitation de 2013, le Bénin compte une soixantaine de langues inégalement réparties sur l’ensemble du territoire (INSAE, 2014) et toutes ces langues sont présentes dans l’arrondissement de Tchaourou avec des poids démographiques différents. La connaissance des informations relatives à la sociolinguistique est indispensable pour la planification du développement durable. Cependant, il se pose un problème de manque de recherche sur la question dans l’arrondissement de Tchaourou. Ainsi, dans le but de disposer de certaines informations indispensables pour le développement, nous avons procédé ici à une étude démolinguistique, c’est-à-dire une étude de la répartition des langues nationales, du poids démographique et des facteurs associés, notamment la zone de résidence.

Un travail sur la configuration sociolinguistique dans un ouvrage aussi intéressant que celui-ci est d’une importance capitale. En effet, la sociolinguistique est transversale à toute thématique en général, particulièrement aux foyers familiaux, aux activités économiques, à la scolarisation et surtout à la santé de la reproduction. Ainsi, notre travail permettra de comprendre les relations au sein des foyers familiaux en fonction de l’appartenance ethnique, les activités économiques exercées par chaque groupe sociolinguistique et également au niveau de la scolarisation des enquêtés au regard de leur appartenance sociolinguistique.

De manière explicite, le travail a consisté à fournir la répartition du poids démographique des différents groupes ethniques et des principales langues parlées dans l’arrondissement de Tchaourou. Nous finirons par la répartition des groupes ethniques par localité ou zone de résidence.

1. Questions et objectifs de la recherche

Trois questions essentielles sont à la base de ce travail :

  • Quelle est la structure ethnolinguistique des localités de Tchaourou?
  • Quelles sont les langues les plus parlées dans l’arrondissement central de Tchaourou?
  • Y a-t-il une langue véhiculaire parlée ou comprise par la majorité des populations?

Les objectifs poursuivis par le présent travail sont de :

  • connaître la répartition par localité des groupes ethniques présents dans l’arrondissement de Tchaourou;
  • cerner le niveau du plurilinguisme;
  • identifier la/les langue(s) majoritairement véhiculaires susceptibles de soutenir toute stratégie de communication pour le développement.

2. Clarifications conceptuelles

Pour faciliter la compréhension de ce travail, il est important de procéder à la clarification de quelques concepts clés :

  • La sociolinguistique est la branche de la linguistique qui étudie le langage humain ou une langue, un dialecte, une communauté linguistique du point de vue sociologique.
  • Une population est un ensemble d’individus ou d’unités statistiques ou de sujets à étudier, présents dans un espace bien délimité pendant une durée bien déterminée.

Ainsi, le thème « configuration sociolinguistique de la population de l’arrondissement de Tchaourou » aborde la disposition ou la répartition spatiale des dialectes, des ethnies ou des communautés linguistiques présentes dans l’arrondissement de Tchaourou au moment de l’enquête et leurs éventuelles interactions avec le mode de vie de cette population.

Il convient aussi de nuancer les concepts « groupes ethniques ou sociolinguistiques » et « langues parlées ». En effet, une ethnie désigne un groupe humain qui partage une même culture, en particulier pour la langue et les traditions, tandis que langue parlée désigne la langue qu’un individu parle habituellement et assez couramment. Ainsi une personne appartenant à une ethnie donnée peut ne parler qu’une langue caractéristique d’une autre ethnie. On dira alors que cette personne a subi un transfert linguistique. Les différentes ethnies ont été regroupées par groupes au regard de leur ressemblance du point de vue de la langue parlée, des coutumes et/ou des traditions. À titre d’exemple, nous avons le groupe Ottamari et apparentés qui regroupe dix ethnies de l’Atacora car ayant une certaine similarité par rapport à la langue, aux coutumes ou aux traditions.

3. Démarche méthodologique de la recherche

Le présent travail repose sur une approche essentiellement démolinguistique. Il s’agit en effet de calculer les effectifs et les pourcentages (intensité) de chaque groupe ethnique et des locuteurs de chaque langue puis d’apprécier quelques variations selon la zone de résidence.

Nous utilisons dans ce travail les données de la première enquête réalisée par l’ENSPD du 20 juin au 04 juillet 2015 dans l’arrondissement de Tchaourou. L’enquête porte sur le thème « Activités économiques, partage des ressources et planification familiale au sein des ménages de l’arrondissement de Tchaourou ».

Pour mieux appréhender dans ce travail la concentration des différents groupes ethniques de Tchaourou, nous avons fait appel à l’Indice Herfindahl-Hirschmann (IHH).

4. Résultats de la recherche

Nous avons enregistré au total 4 063 individus appartenant à différents groupes ethniques. Techniquement, il n’est pas aisé d’étudier convenablement une soixantaine de langues nationales différentes. Ainsi, l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique (INSAE) a finalement réduit la mosaïque des groupes ethniques à neuf catégories de groupes ethniques ou socioculturels : les Adja et apparentés, les Fon et apparentés, les Bariba et apparentés, les Dendi et apparentés, les Yoa-Lokpa et apparentés, les Peulh et apparentés, les Ottamari et apparentés, les Yoruba et apparentés et enfin les autres groupes ethniques (béninois et étrangers). Pour que notre étude soit quantitativement appréciable, nous avons retenu cette classification dans l’analyse de la répartition spatiale des langues nationales.

4.1. Répartition des groupes ethniques dans l’arrondissement de Tchaourou

 

Graphique 1 : Pourcentage de chaque groupe ethnique présent à Tchaourou

Source : Données enquêtes ENSPD (2015).

 

L’analyse du graphique nous informe que le groupe des Yoruba/Nago et apparentés représente 47,94 % de la population de l’arrondissement de Tchaourou. Il est suivi par les Bariba et apparentés (23,28 %). Les autres groupes ethniques existent également dans l’arrondissement de Tchaourou avec des poids non négligeables. Il s’agit des Fon/Mahi et apparentés (11,00 %), des Ottamari et apparentés (6,62 %), des Adja et apparentés (4,11 %), des Dendi et apparentés (3,27 %), des Peulh et apparentés (2,81 %). Le groupe des autres langues (langues étrangères et autres langues non mentionnées) est estimé à 39 sur 4 063 personnes, soit 0,96 %.

4.2. Les principales langues parlées à Tchaourou

 

Graphique 2 : Pourcentage de locuteurs de chaque langue socioethnique

Source : Données enquêtes ENSPD (2015).

 

La langue des Yoruba/Nago et apparentés est la plus couramment parlée dans l’arrondissement de Tchaourou. En effet, près de la moitié (49,50 %) de la population de l’arrondissement de Tchaourou parle couramment le yoruba/nago, suivi du bariba (22,86 %), du fon/mahi (10,36 %), de l’ottamari (5,93 %), de l’adja (3,37 %), des langues étrangères (3,06 %), du peulh (2,44 %), du dendi (2,07 %) et autres (0,42 %).

Nous constatons une certaine similarité entre les groupes ethniques et les langues parlées. Cela signifie qu’en majorité, les populations de l’arrondissement de Tchaourou parlent couramment leur propre langue maternelle, contrairement aux grandes villes où les enfants ne maîtrisent pas généralement leurs langues maternelles et n’utilisent habituellement que la langue officielle. Ce que le professeur de linguistique burkinabè Norbert Nikièma (2011, p. 5) condamne dans son cours intitulé « Langues nationales et éducation » en affirmant que « les pays africains optent pour des programmes de submersion, selon lesquels les élèves apprennent dans une langue étrangère dès le premier jour d’école, au mépris de leur langue maternelle, ou encore pour des programmes de transition, selon lesquels la langue maternelle sert de médium d’enseignement pendant deux ou trois ans, le temps que la langue officielle devienne le seul véhicule d’enseignement ». Il est donc important d’apprécier le niveau du transfert sociolinguistique, c’est-à-dire le pourcentage des personnes qui ne s’expriment pas couramment dans leur langue maternelle au sein des différents groupes ethniques.

4.3. Transfert sociolinguistique

Graphique 3 : Pourcentage d’individus ayant subi de transfert linguistique dans les groupes ethniques

Source : Données enquêtes ENSPD (2015).

 

Ce graphique illustre le transfert sociolinguistique au sein des groupes ethniques, c’est-à-dire le pourcentage d’individus de chaque groupe ethnique qui ne s’expriment pas couramment dans sa langue maternelle mais plutôt dans une autre langue. On retient qu’après les autres ethnies (56,4 % de transfert sociolinguistique), c’est le groupe des Dendi et apparentés qui a plus subi le transfert (44,4 %). Ils sont suivis par les Adja et apparentés (20,4 %) et les Peulhs et apparentés (14,9 %). Chez les Fon/Mahi et apparentés, 12,8 % ne s’expriment pas couramment dans leur langue. Ils ont donc connu un transfert vers d’autres langues et principalement vers le Nago et apparentés, langue majoritaire du milieu. On dénombre 12,4 % de transfert chez les Ottamari et apparentés. Les groupes ayant le moins subi de transfert sont les groupes  majoritaires, notamment les Bariba et apparentés (7,1 %) et les Yoruba/Nago et apparentés (3,0 %).

4.4. Indice de Herfindahl-Hirschmann (IHH)

Cet indice est utilisé pour appréhender la concentration des différents groupes ethniques. On a : IHH=  où i est le i-ème groupe ethnique, n est le nombre total de groupes ethniques considéré (n = 8) et  la fréquence relative du groupe ethnique i exprimé en unité.

Plus l’IHH est fort, plus les groupes ethniques de l’arrondissement de Tchaourou sont concentrés et inversement. Le processus de calcul de l’indicateur est résumé dans le tableau suivant :

 

Tableau 1 : Processus de calcul de l’Indice de Herfindahl-Hirschmann (IHH)

Groupes sociolinguistiques  Effectifs Fréquence fi
fi2
Adja et apparentés 167 0,04110      0,00169
Bariba et apparentés 946 0,23283      0,05421
Ottamari et apparentés 269 0,06621      0,00438
Dendi et apparentés 133 0,03273      0,00107
Fon/Mahi et apparentés 447 0,11002      0,01210
Peulh et apparentés 114 0,02806      0,00079
Yoruba/Nago et apparentés 1 948 0,47945      0,22987
Autres langues 39 0,00960      0,00009
Total 4 063 1
IHH      0,30421

Source : Tableau des effectifs et des fréquences des groupes ethniques.

 

L’IHH = 0,30421. Ceci traduit une faible concentration des groupes ethniques dans l’arrondissement de Tchaourou, c’est-à-dire que les groupes ethniques sont répartis de façon homogène dans les différents villages et hameaux de l’arrondissement central de Tchaourou. Ce résultat explique la diversité de groupes ethniques présents dans toutes les localités de l’arrondissement de Tchaourou.

4.5. Répartition des groupes ethniques par localité

 

Graphique 4 : Répartition des Adja et apparentés par localité

Source : Données enquêtes ENSPD (2015).

 

Les Adja et apparentés sont beaucoup plus présents à Guinirou (42/131 soit 32,06 %). Ils sont estimés à 27/131, soit 20,61 % à Worogui, 16,03 % (21/131) à Tchaourou centre et 15,27 % (20/131) à Oké-Lagba. Ils sont en faibles proportions dans les quartiers de Boronè (8,40 %) et de Papanè (7,63 %).

 

Graphique 5 : Répartition des Bariba et apparentés par localité

Source : Données enquêtes ENSPD (2015).

 

Les Bariba et apparentés, deuxième groupe sociolinguistique dominant au regard du poids démographique dans l’arrondissement de Tchaourou, sont exclusivement majoritaires et dominants à Guinirou (52,16 %), à raison de 484/928. Ils sont aussi très présents à Boronè avec 251/928 (27,05 %) et un peu aussi à Tchaourou centre, avec 79 personnes (8,51 %) et Oké-Lagba (7,11 %). Ils sont très peu nombreux à Worogui (4,53 %) et Papanè (0,65 %).

 

Graphique 6 : Répartition des Ottamari et apparentés par localité

Source : Données enquêtes ENSPD (2015).

 

Les Ottamari et apparentés dont le département d’origine est l’Atacora, préfèrent s’installer en majorité dans les localités beaucoup plus rurales, en quête de terres fertiles. Ainsi, ils sont plus nombreux à Guinirou avec comme nombre enregistré, 75/223 des Ottamari et apparentés, soit 32,19 % et 54/223 soit 23,18 % à Papanè. Ils sont aussi présents dans les autres quartiers de l’arrondissement, notamment à Oké-Lagba (14,16 %), à Tchaourou centre (11,59 %), à Worogui (10,30 %) et un peu à Boronè (8,58 %).

 

Graphique 7 : Répartition des Dendi et apparentés par localité

Source : Données enquêtes ENSPD (2015).

 

Les Dendi et apparentés ne sont pas très nombreux dans l’arrondissement de Tchaourou. Toutefois, parmi le peu de Dendi et apparentés recensés dans l’arrondissement de Tchaourou, 31,25 % (25/80) vivent à Tchaourou centre et 25,00 % (20/80) à Guinirou. Ils sont aussi présents dans les autres quartiers : Worogui (13,75 %), Papanè (12,50 %), Oké-Lagba (11,25) et Boronè (6,25 %).

 

Graphique 8 : Répartition des Fon et apparentés par localité

Source : Données enquêtes ENSPD (2015).

 

Le groupe Fon/Mahi et apparentés, troisième groupe sociolinguistique le plus important dans l’arrondissement de Tchaourou, est reparti dans l’ensemble des six quartiers d’étude. Ils sont majoritairement basés à Worogui (40,93 %) (167/408). Ils sont aussi présents à Guinirou (17,40 %), Tchaourou centre (14,95 %) et à Oké-Lagba (11,76 %). Ils sont en faible pourcentage à Boronè (9,31 %) et surtout Papanè (5,64 %).

 

Graphique 9 : Répartition des Peulhs et apparentés par localité

Source : Données enquêtes ENSPD (2015)

 

Les Peulhs et apparentés vivant dans l’arrondissement de Tchaourou, s’installent beaucoup plus à Worogui, Papanè et Boronè. En effet, 26,26 % (26/99) des Peulhs et apparentés sont à Worogui, 20 personnes soit 20,20 % des Peulhs interviewés vivent à Boronè, de même qu’à Papanè. Le reste des Peulhs et apparentés vit à Guinirou (17,17 %), à Tchaourou centre (8,08 %) et à Oké-Lagba (8,08 %).

 

Graphique 10 : Répartition des Yoruba/Nago et apparentés par localité

Source : Données enquêtes ENSPD (2015).

 

Quant aux majoritaires (Yoruba/ Nago et apparentés), on les retrouve dans toutes les localités, mais beaucoup plus à Tchaourou centre où ils sont représentés à 34,62 % (681/1948). Ils sont estimés à 333/1948 soit 16,93 % à Boronè, 15,10 % à Worogui et 294 soit 14,95 % à Papanè. Ils ne sont que 11,95 % (235/1948) à Guinirou et 6,46 % à Oké-Lagba.

 

Graphique 11 : Répartition des autres ethnies par localité

Source : Données enquêtes ENSPD (Juin-Juillet 2015).

 

L’arrondissement de Tchaourou compte également des étrangers parlant des langues autres que celles mentionnées ci-haut. Ils sont plus nombreux dans Tchaourou centre avec un taux de 39,84 % (51/128). Ils sont estimés à 32/128 soit 25,00 % à Worogui et 12,50 % (16/128) à Guinirou. Ils sont aussi présents dans les autres quartiers, notamment à Oké-Lagba (10,94 %), Papanè (10,94 %) et Boronè (4,69 %).

Conclusion

Le présent travail qui s’est penché sur la configuration sociolinguistique de la population de l’arrondissement de Tchaourou, a procédé à un diagnostic, à un état des lieux, bref, à une analyse exploratoire démolinguistique des langues nationales présentes dans l’arrondissement de Tchaourou.

Les résultats indiquent que l’arrondissement de Tchaourou regroupe presque toute la diversité sociolinguistique du pays. Les Yoruba et apparentés sont les plus nombreux (47,94 %). Ils sont suivis par les Bariba et apparentés (23,28 %). Ces derniers sont davantage représentés dans les localités de Guinirou (52,16 %) et de Boronè (27,05 %). Par ailleurs, on note une forte un faible taux de transfert sociolinguistique au sein des différents groupes ethniques surtout pour les groupes dominants (3 % chef les yoruba et apparentés et 7,1 % chef les bariba et apparentés). Ainsi, toute stratégie de communication dans l’une ou l’autre de ces localités doit pouvoir s’appuyer sur cette répartition linguistique afin de toucher le maximum de personnes.

Références bibliographiques

AMADOU SANNI, Mouftaou et Mahouton Candide ATODJINOU. (2012). État et dynamique des langues nationales et de la langue française au Bénin. Québec : Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone, Collection Rapport de recherche de l’ODSEF, Université Laval, 54 p.

Norbert Nikièma (2011). Langues nationales et éducation, 78 p. Imprimé par Omneya SHAKER.

http://www.foad-mooc.auf.org/IMG/pdf/UE5a-Languesnationaleseteducation.pdf

Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique (2013). Quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH) –Synthèses des résultats. Cotonou (Bénin).

Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique (1994). Deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH) du 20 février 1992 –Synthèses des résultats. Cotonou (Bénin).

Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique (2003). Projections démographiques et études prospectives –Analyse des résultats du RGPH 3. Cotonou (Bénin).


  1.  Arrêté, Année 2009, N°032-MCAPLN.pdf.

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