La science ouverte, le projet SOHA : analyses et témoignages

31 La science ouverte … sur le monde et les autres

Anderson Pierre

Anderson Pierre a vu le jour au Cap-Haïtien, la cité christophienne, deuxième ville d’Haïti. Après ses études classiques, il laisse sa ville natale pour aller faire ses études supérieures à Port-au-Prince. Il étudie la communication sociale à la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’État d’Haïti depuis 2012. Jeune actif et très engagé, il préside une association d’étudiants capois qui encadre des jeunes et accompagne les postulants à préparer les différents concours d’admission du seul centre universitaire public du pays ou des grandes universités privées. Il est également secrétaire général du Réseau des Jeunes Bénévoles aux Classiques des Sciences Sociales (REJEBECSS-Haïti). Depuis octobre 2015, il publie régulièrement des billets de blog sur Haïti pour le site www.ourworldistalking.com dont il est collaborateur. Au sein du projet SOHA, il est assistant de recherche pour Haïti. Très intéressé par le monde numérique, l’usage des réseaux sociaux par les jeunes et la pratique de la science ouverte, il espère ardemment que cette dernière pourra redynamiser les études universitaires et répondre aux besoins réels de la population haïtienne. Pour lui écrire : andersonpierre59@gmail.com

Introduction

Chaque obstacle que je rencontre au fil de mes études devient une raison de plus de pratiquer la science ouverte. Dans cette nouvelle approche de la pratique scientifique, certains types de savoirs ne sont plus considérés comme un rebut de la connaissance parce qu’ils ne correspondent pas à tels ou tels critères de scientificité. Il s’agit d’une science à laquelle les scientifiques tout comme les non-scientifiques peuvent contribuer à un niveau ou à un autre pour le bien de la collectivité, le bien commun.

Les avantages de cette nouvelle approche de la science sont apparus dès mon adhésion au projet SOHA (Science ouverte en Haïti et en Afrique francophone, http://projetsoha.org) au mois de septembre 2015. En fait, je ne le considère déjà plus comme un simple projet, mais plutôt comme une grande famille virtuelle qui s’adonne à la science et où l’on peut apprendre et partager.

Au sein du projet et au fil du temps, j’ai appris à faire des réseaux sociaux de nouveaux outils pédagogiques dans mes études pour pallier le manque d’ouvrages dans les bibliothèques que je fréquente. J’ai appris aussi à fouiller patiemment et méthodiquement le web. Et par là, j’ai compris que c’est seulement en encourageant un bon usage d’Internet que l’on pourrait réellement lutter pour le libre accès en sauvant les jeunes universitaires haïtiens ou de n’importe quel pays du Sud de l’illusion numérique.

En effet, à quoi cela nous servirait de lutter pour le libre accès si les universitaires se sentent confortables dans le superflu des réseaux sociaux? À quoi nous servirait de demander aux chercheurs locaux de mettre leurs recherches en libre accès si les étudiants ne savent pas où aller les chercher?

Autant de questionnements qui me sont venus à l’esprit dans la pratique de la science ouverte en Haïti, tout en ayant un regard critique. Je présente ci-dessous quatre textes qui reflètent mon apprentissage de la science ouverte juste, façon projet SOHA.

Chak obstak mwen rankontre nan pakou etid mwen tounen yon rezon anplis pou mwen pratike syans san baryè a. Nan apwòch tou nèf pratik syantifik sa, gen savwa ki pa konsidere ankò tankou konesans san valè paske yo pa koresponn a tèl ou tèl kritè syantifisite. Se yon syans ni moun ki syantifik ni moun ki pa syantifik ka kontribiye ladan l nan yon nivo ou yon lòt pou byen kolektivite a, byen tout moun. Tout avantaj apwòch tou nèf syans la parèt depi mwen fin antre nan pwojè SOHA (syans sans baryè an Ayiti ak an Afrik) nan mwa septanm 2015 lan. Depi lè sa mwen pa konsidere li tankou yon senp pwojè anko, men tankou yon gran fanmiy vityèl ki dedye tèt li pou lasyans, kote nou ka aprann epi pataje yonn ak lòt.

Nan pwojè a pandan tan ap pase, mwen aprann fè rezo sosyo yo tounen nouvo zouti pedagojik nan etid mwen pou rive konble mankman liv ki gen nan bibliyotèk map frekante yo. Mwen aprann fouye ak pasyans epi ak metòd entènèt la tou. Se lè sa, mwen konprann se sèlman lè wap ankouraje bon izaj entènèt wap ka reyèlman lite pou lib aksè a pandan wap sove jèn inivèsitè ayisyen yo oubyen nan nenpòt peyi Sid ki ap reve mond nimerik la.

Vrèman, a kisa lit pou lib aksè a tap sèvi nou si inivèsitè yo santi yo konfòtab nan sipèfli rezo sosyo yo? A kisa mande chèchè lokal yo pou yo mete rechèch pa yo an lib aksè tap sèvi nou si etidyan yo pa konnen kote pou yo al chèche yo?

Se ansanm kesyon sa yo ki vini nan lespri mwen nan pratike syans san baryè a an Ayiti, pandan mwen genyen yon kout je kritik.

 Traduction en créole par Scardie F. Joseph

La science ouverte, une bouffée d’air pour les savoirs traditionnels en Haïti? 

Lasyans altènativ, yon mwayen pou valorize konesans tradisyonèl ann Ayiti?

Dans un compte rendu publié le 16 décembre 2015 à propos du 40e congrès de la Society for the Social Studies of Science par Mélissa Lieutenant-Gosselin, le concept de la science ouverte a été présenté comme étant « un ensemble de valeurs, d’outils et de pratiques de la recherche scientifique incluant : 1) le libre accès aux publications et aux données de recherche; 2) la participation des non-professionnels au cœur de la production des savoirs scientifiques; 3) l’ouverture de la science à un large éventail de savoirs et de systèmes de connaissances (exemple savoirs expérientiels, savoirs traditionnels) ».

Dans les lignes qui vont suivre[1], je réfléchis à ces trois aspects de la science ouverte à partir de la réalité haïtienne, pour tenter une juste vulgarisation et une bonne pratique de cette nouvelle approche de la connaissance.

D’abord, le libre accès aux publications et aux données. En Haïti, que ce soit dans les bibliothèques publiques ou dans celles des universités, l’accès aux données a toujours été un problème majeur. Nos bibliothèques manquent cruellement de ressources matérielles, et ceci a de grandes conséquences sur les travaux des étudiants. Si certaines facultés tentent de faire des efforts ces derniers temps, leurs livres datent néanmoins de plusieurs dizaines d’années et les plus récents sont des livres de l’étranger qui ne portent pas nécessairement sur les réalités locales. C’est comme si, du moins en sciences humaines et sociales, il manquait de chercheurs haïtiens capables de produire sous forme de livres ou d’articles scientifiques des connaissances utiles et pertinentes pour le pays, qui pourraient aussi renflouer nos bibliothèques.

De plus, la plupart des étudiants ne peuvent pas s’offrir les livres de leurs professeurs qui sont hors de la portée de leur bourse. Si bon nombre d’entre eux ont accès à Internet, tous ne peuvent pas commander des livres en ligne parce qu’ils n’ont pas de carte de crédit. Ceci crée un premier fossé entre les chercheurs et les étudiants qui pourraient pourtant être classés au premier rang dans les publics cibles.

Ensuite, ce fossé est élargi par la non-participation ou l’exclusion des non-professionnels au cœur de la production des savoirs scientifiques en Haïti (comme partout ailleurs). En effet, ici comme ailleurs, le savoir scientifique est accaparé par un petit groupe, une élite, et se construit à l’intérieur d’un petit clan. Les non-professionnels, les non-initiés ou le commun des mortels ont toujours été considérés comme des gens qui ne peuvent pas comprendre la science. De ce fait, ils sont toujours traités comme des exclus quand ils ne sont pas utilisés comme des cobayes dans des expériences qui les instrumentalisent. Or toutes les recherches scientifiques sont réalisées à un niveau ou à un autre dans un intérêt collectif et pour le bien commun. Dans le billet de Mélissa, Jennifer Singh a donné un très bel exemple de la participation de non-professionnels à la recherche scientifique avec les parents d’enfants autistes. Cette participation de simples citoyens à la recherche pourrait nous amener à comprendre certaines maladies et à avancer dans la médecine traditionnelle qui est fortement pratiquée en Haïti, par exemple.

Enfin, tout ceci pourrait nous amener à comprendre et à nous rendre compte de l’importance du troisième critère de la science ouverte dans un pays comme Haïti, c’est à dire l’ouverture de la science à un large éventail de savoirs et de systèmes de connaissances. Les savoirs traditionnels ont longtemps subi chez nous une grande discrimination, parfois même une forme de diabolisation par les élites scientifiques. Ainsi, à travers l’histoire de notre pays, des prêtres houngans (du culte vodou) ont plusieurs fois été persécutés, voire tués, pour leurs pratiques. Cependant plus d’un de mes compatriotes seront d’accord avec moi pour admettre que ces savoirs tant méprisés ont sauvé plus d’une vie.

Aujourd’hui, la science ouverte nous offre une autre approche de nos savoirs traditionnels en proposant de valoriser les connaissances du terroir, les connaissances de nos ancêtres transmises de génération en génération, et de les améliorer pour le bien de tous.

Nan yon atik ki te pibliye jou ki te 16 desanm lan sou 40e kongrè « Society for Social Studies of Science », Mélissa Lieutenant-Gosselin te eksplore konsèp lasyans altènativ la tankou «yon pakèt valè, zouti ak pratik rechèch syantifik ki makonnen ak plizyè lòt eleman : 1) aksè fasil ak tout piblikasyon epi done ki egziste; 2) patisipasyon tout kalte moun nan pwodiksyon konesans syantifik; 3) koneksyon lasyans ak yon pakèt lòt sistèm konesans (pa egzanp konesans ki sòti nan eksperyans, konesans tradisyonèl)».

Nan tèks sa, nou pral eseye analize konsèp lasyans altènativ lan nan linèt reyalite ayisyèn lan pou rive fè moun konnen epi pratike nouvèl apwòch syantifik sa.

Ann koumanse ak kesyon aksè fasil ak tout piblikasyon epi done yo ki egziste. Aksè fasil ak done yo se yon gwo pwoblèm nan bibliyotèk piblik oubyen inivesitè nou yo. Bibliyotèk nou yo manke anpil resous materyèl, sa ki gen gwo konsekans sou travay etidyan yo. Si kèk fakilte ap tante fè ti jefò nan dènye tan sa yo, anpil nan liv ki disponib yo ansyen, epi sa ki nouvo yo se liv ki sòti nan peyi etranje.

Sa ki ta ka vle di, manke chèchè ayisyen ki ta ka pwodui pou ogmante ouvraj bibliyotèk nou, tankou nan syans pou moun ak syans sosyal yo ann Ayiti. Anpil nan etidyan yo pa gen ase lajan pou achte liv. Menm si kèk ladan yo gen aksè ak entenet, men yo pa toujou gen mwayen pou fè kòmand liv yo. Sa ki vin kreye yon premye gwo twou ant chèchè yo ak etidyan yo, ki se premye kategori moun ki sipoze entèrese ak rezilta rechèch.

Yon lòt kote, sitiyasyon an vin pi agrave ak pwosesis eksklizyon moun ki pa chèchè pwofesyonèl yo nan pwodiksyon konesans syantifik yo. Pa bò isit tankou anpil lòt kote, se yon ti minorite zwit ki kontwole konesans syantifik yo tankou byen prive yo. Chalatan yo te toujou konsidere tankou moun ki pa ka konprann lasyans. Kidonk, pafwa yo majinalize totalman moun sa yo, oubyen yo sèlman itilize yo tankou kobay pou fè rechèch. Poutan, rechèch syantifik yo ta sipoze reyalize ak sipò tout moun nan enterè tout moun. Nan atik Melissa a, li repran yon bèl egzanp Jennifer Singh te bay sou patisipasyon moun ki pa pwofesyonèl yo nan rechèch syantifik sou paran timoun ki soufri maladi otis. Paran yo patisipe menm jan ak syantifik yo nan rechèch tretman sou maladi sa. Sa ki vle di, patisipasyon senp sitwayen yo kapab ede nou konprann kèk maladi, epi amelyore pa egzanp medsin tradisyonèl lan ki pratike anpil sitou ann Ayiti.

Boutofen, ti refleksyon sa ede nou konprann enpòtans koneksyon lasyans ak lot sistèm konesans yo. Se twazyèm kritè konesans syantifik altènativ lan. Pandan lontan nan peyi a, anpil moun pran plezi dyabolize konesans tradisyonèl yo. Pafwa yo konn rive menm pèsekite oubyen masakre Ougan (Prèt vodou) nou yo pou pratik yo. Antouka, n ap dakò ak mwen medsen fèy oubyen Ougan nou yo sove deja lavi anpil moun gras ak konesans tradisyonèl yo rive metrize.

Jodi a, lasyans altènativ ofri nou anpil zouti pou n valorize epi amelyore nan enterè tout moun konesans tradisyonèl yo ki transmèt de jenerasyon an jenerasyon.

Traduction en créole par Ricarson Dorcé.

Témoignages sur le premier colloque international sur la science ouverte en Haïti

Les 3 et 4 mars derniers s’est déroulé à Port-au-Prince le premier colloque international sur la science ouverte en Haïti. Ce colloque a été réalisé conjointement par le LADIREP de l’Université d’État d’Haïti, le Collectif des Universitaires Citoyens, l’Université Laval à travers le Projet SOHA, l’Association science et bien commun, les Classiques en Sciences Sociales et l’Institut Universitaire de Formation des Cadres (INUFOCAD). Pendant ces deux jours, un grand nombre d’étudiants et d’étudiantes de différentes facultés ont répondu à l’invitation et sont venus écouter les interventions des professeurs-chercheurs haïtiens et étrangers comme Hérold Toussaint, Kedma Joseph, Florence Piron, Vijonet Demero, Émilie Tremblay, Pascal Touoyem, Jean-Marie Tremblay, Sophie Dibounje Madiba, Godson Pierre et Schallum Pierre.

Plusieurs thèmes ont été abordés tels que le libre accès dans les universités en Haïti, la justice cognitive entre les pays du Nord et les pays du Sud, et la science ouverte elle-même. Deux professeurs-chercheurs, Diéyi Diouf de l’Université Cheikh Anta Diop au Sénégal et Jean-Claude Guédon de l’Université de Montréal ont aussi présenté par Skype la lutte pour le libre accès respectivement au Sénégal et en Amérique latine.

Pour plusieurs des participants et participantes, c’était la première fois qu’ils entendaient parler de cette nouvelle approche des savoirs humains et du libre accès. Après ces deux jours d’échanges qui ont été plus qu’une réussite, voici des témoignages et des critiques de quelques étudiants qui ont suivi ce colloque[2]. Qu’est-ce que la science ouverte pour eux? Comment la comprennent-ils? Après ce premier contact avec la science ouverte, qu’espèrent-ils d’elle?

Après avoir suivi ce colloque international, je dois avouer, d’une part, que nous sommes à l’heure de la « libéralisation de la connaissance » comme l’ultime objet permettant de développer une société et, d’autre part de renoncer à des pratiques idéologiques faisant croire qu’il y a des sociétés supérieures à d’autres. Tout le plaisir a été pour moi d’avoir participé à cette grande première; je dois sincèrement remercier le staff, en commençant par l’infatigable Prof. Florence Piron, Prof. Pascal T. l’unique en son genre, Mme Sophie Madiba avec son fameux CERDOTOLA, Mme Émilie Tremblay… Un grand remerciement au fondateur des Classiques des sciences sociales l’infatigable Prof. Jean-Marie Tremblay, un superbe remerciement au professeur Samuel Régulus, l’unique en son genre, un remerciement à l’étudiant Anderson Pierre avec son fameux résultat des données pour le projet SOHA, un grand remerciement à l’auditoire qui avait répondu à l’appel. Pour en finir, j’aimerais que le staff SOHA continue à faire trembler le mythe de l’invisibilité de certains savoirs dans le monde.

Evens-Ricardo Vincent, étudiant finissant en Service Social à la Faculté des Sciences Humaines (FASCH)

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Ma joie se révèle indicible d’avoir participé à ce grand colloque international sur la science ouverte en Haïti et en Afrique francophone. Je trouve cette initiative d’une importance prépondérante, car elle s’inscrit dans le cadre d’une démarche de développement durable. Les différentes interventions ont été enrichissantes, elles ont été l’occasion de nous former et de nous informer sur ce que c’est la science ouverte et son importance. En fait, au cours de ce grand événement, j’ai appris que la science ouverte renvoie, d’un côté, à de nouvelles façons de pratiquer la recherche scientifique dans divers domaines : archives ouvertes, revues en libre accès, démocratie scientifique, ouverture de la recherche et des universités vers la société civile, etc. D’un autre côté, elle a le désir de rétablir un équilibre en créant plus de justice cognitive (De Sousa Santos 2007) et d’établir plus de visibilité et plus de respect pour la science faite dans les pays du Sud.

Pour répéter l’une des panélistes, Mme Sophie Madiba, la science ouverte, c’est le rapprochement des universités avec la société, le partage, etc. Elle a dit que c’est également un outil permettant aux savoirs locaux de s’épanouir.

Ce colloque international a été pour moi le moment de voir combien il y a de femmes et d’hommes conséquents et courageux à travers le monde qui rendent de grands services à la communauté scientifique et offrent un certain nombre d’opportunités à de jeunes chercheurs et chercheuses pour mieux organiser et orienter leurs travaux. Il a été également le moment de rencontrer un grand homme, en l’occurrence Jean-Marie Tremblay, sociologue québécois et fondateur-directeur de « Les Classiques des Sciences Sociales » : bibliothèque numérique spécialisée en sciences humaines et en philosophie. C’est, en fait, une initiative visant le libre accès et la valorisation du patrimoine scientifique en sciences humaines et sociales.

J’ai été enthousiasmé de prendre part à cette activité qui visait à présenter la science ouverte aux universitaires haïtiens sous la forme d’exposés approfondis présentés par des experts internationaux et haïtiens. Elle a éveillé en moi l’engouement et l’engagement de contribuer à la réalisation de ce grand projet et à le partager. Je souhaite que ce projet englobe tout le monde et qu’il soit bien perçu partout et ailleurs avec beaucoup d’envergure. Je souhaite surtout qu’il y ait d’autres colloques du genre en Haïti!

Bravo à Pascal, Florence, Jean-Marie, Émilie, Sophie, pour ne citer que ceux-là! Vous êtes des héros et votre présence reste gravée dans notre mémoire… Je veux également féliciter mes compatriotes : professeurs-es et étudiants-es qui ont participé à la réussite du colloque. Et, merci à tous ceux et toutes celles qui, d’une façon ou d’une autre, ont rendu possible le colloque.

Jean-Eddy Doréus, étudiant en sociologie à la Faculté des Sciences Humaines (Université d’État d’Haïti)

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J’étais vraiment content de participer au colloque sur la science ouverte avec la participation de plusieurs pays comme le Canada, le Togo et d’autre pays africains. Cette activité pour moi s’inscrit dans la logique de la décolonisation ou du moins du désenclavement de la science au profit des pays du Tiers-monde à l’aide de la technologie de l’information et de la communication. Cette activité nous montre encore une fois l’importance du « vivre ensemble » pour le bien-être de la société.

Mayens Mesidor, licencié en géographie de l’Université d’Etat d’Haiti, étudiant au master II en Risque et Vulnérabilité de l’Université Paris 8, délocalisé à l’Université d’Etat d’Haïti

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Avant ce colloque, je n’avais aucune idée de ce que c’était la justice cognitive; en fait je ne savais même pas s’il y avait un concept de ce genre. J’ai été épatée et édifiée par cette nouvelle connaissance au point où je suis allée télécharger les documents et, sitôt arrivée à la fac, j’ai fait part de cette nouvelle acquisition à mes amis présents. Vendredi encore, j’en parlais avec ma professeure de psychologie d’apprentissage qui était tellement désolée d’avoir raté ce colloque.

Ketsia Clergé, étudiante en psychologie à la Faculté des Sciences Humaines

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Pour moi, c’était une sorte de récapitulation parce que j’y avais déjà participé l’année dernière. Le colloque a été une grande réussite. Je ne regrette pas d’y avoir été, le colloque a multiplié mes engouements de partager, il m’encourage à être acteur dans cette lutte qui nous concerne tous. Désormais, je partagerai tout ce que j’ai appris sur la science ouverte, le libre accès, le partage en réseau et Zotero. Je veux désormais contribuer à poser ma pierre dans l’édifice de la bonne formation de mes frères étudiants.

Smath-Orlay Lejuste, étudiant finissant en Patrimoine et Tourisme à l’ISERSS (IERAH)

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Le colloque sur la science ouverte a été une réussite dans le sens que ça nous a permis d’acquérir pas mal de connaissances grâce à des interventions enrichissantes. Pour moi, la cerise sur le gâteau a été la deuxième intervention de Florence PIRON où elle nous a parlé de la recherche via le web tout en nous suggérant des sites open source et le fameux Zotero, une importante application nous permettant de résoudre le problème de bibliographie avec Pdf. Je vous encourage à cibler d’autres publics afin que la science ouverte soit une réalité en Haïti.

Martine Belchard, Faculté d’Ethnologie

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Je suis réellement content et satisfait d’avoir participé avec vous aux 2 jours de colloque international sur la science ouverte en Haïti, et j’espère en participer à d’autres. Car les interventions étaient aussi intéressantes les unes que les autres, et le niveau des conférenciers était correct. Alors j’encourage les membres fondateurs et adhérents du projet SOHA de continuer à susciter beaucoup d’autres colloques de ce genre, et aussi de permettre à d’autres comme moi peut-être de bénéficier d’une formation continue à l’Université Laval, en vue de consolider les idéaux et les acquis du grand projet SOHA où l’Afrique est le grand bénéficiaire. Encore une fois, un grand merci à vous toutes et à vous tous pour cette belle initiative académique. Merci à la professeure Florence pour ses habiletés.

Wesh Jude, diplômé en science du développement à la Faculté d’Ethnologie

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Je m’estime très heureux de vous exprimer mon entière satisfaction en ce qui a trait au colloque international organisé les 3 et 4 mars 2016, sur la science ouverte, en Haïti. Je profite de l’occasion pour féliciter toute l’équipe en entier. Ce travail m’a touché grandement dans le sens que cela pourra m’aider à avancer avec mon mémoire de sortie et aussi cela pourra apporter une contribution additionnelle à notre chère Haïti que nous aimons. Par ailleurs, je ne veux pas que ce projet se résume seulement en un colloque annuel, mais qu’il entraine plutôt une logique de continuité des choses, impliquant massivement toutes les personnes : les plus concernées et les moins concernées. En effet, le développement durable que l’on veut atteindre exige une réelle volonté et une motivation des acteurs. À cet effet, le partage en ligne de la science, le libre accès aux revues scientifiques et toutes les autres formes de connaissances joueront un rôle fondamental dans le processus du développement. Je vous rappelle qu’il ne revient pas aux étrangers de développer Haïti, mais ce sont les Haïtiens eux-mêmes qui doivent le faire. En somme, mettons-nous ensemble pour faire réussir ce travail, car plus on est ensemble, plus nous pouvons faire le maximum. Que le seul grand Dieu créateur nous donne plus d’intelligence et de force et qu’il soit toujours avec nous pour atteindre cet objectif. Car, sans lui, rien ne peut se faire. Merci.

Rousse Liberté, étudiant finissant en économie à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques

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Après avoir participé à ce colloque et appris ce qu’est la science ouverte, je pense que c’est une très bonne initiative. Ça va nous donner accès à certains livres qui vont faciliter nos recherches parce que la majorité d’entre nous ne possède pas de carte de crédit pour acheter les livres en ligne. Dans ce colloque, j’ai appris beaucoup de choses comme les moteurs de recherche avec professeure Florence Piron.

Johanne Samedi, étudiante à la Faculté d’Ethnologie

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Dans un monde où la science et le monde sont en pleine évolution, la science doit être accessible à tout le monde quelle que soit leur culture. C’est pour cela que je félicite ce projet qui sera utile à des gens de différentes nationalités. Étant donné qu’en Haïti, notre éducation est un petit peu négligée, je voudrais bien qu’on enseigne le numérique dans les écoles afin que nos jeunes connaissent comment ils pourront avoir accès à des documents en ligne pour pouvoir s’autoformer. Après, ils pourront utiliser leurs connaissances pour faire la lumière sur différentes choses obscures qu’on a tendance à expliquer de façon erronée. Des bibliothèques virtuelles seront aussi utiles pour notre pays.

Rose Guerchie, étudiante en Psychologie à la Faculté des Sciences Humaines

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Participer au colloque international sur la science ouverte du Projet SOHA a été pour moi une très grande expérience. Cela m’a permis de voir à quel point il y a des personnalités qui sont engagées pour faire du savoir scientifique un bien commun et pour faire sortir les savoirs autochtones, les savoirs des pays du Sud de l’invisibilité qui les submerge. J’ai pu comprendre qu’Internet reste une voie incontournable dans la diffusion et la transmission des connaissances scientifiques. Ce colloque m’a boosté vers la compréhension que la science ouverte est aujourd’hui plus qu’une nécessité. Et je souhaite que la science soit une science citoyenne ou participative.

Ferguens Janvier, étudiant en Psychologie à la Faculté des Sciences Humaines

Maintenant à chaque clic, j’apprends et je partage

 Rezo sosyal yo ofri nou mwayen pou nou rete an kontak ak anpil fanmi nou ak zanmi nou, men konsa tou nou ka sèvi ak yo tankou nouvo zouti nan fomasyon nou.

Depuis 2010, peu après le tremblement de terre, je suis devenu un utilisateur des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter[3].

A l’époque, je n’avais pas encore d’ordinateur ni de téléphone intelligent, je me rendais dans des cyber-cafés avec le peu d’argent de poche que j’avais. J’utilisais Facebook, surtout pour rester en contact avec des amis qui avaient laissé le pays ou qui vivaient dans d’autres villes de province que le Cap-Haïtien où j’habitais. Le réseau nous permettait de blaguer… et surtout d’être à la mode! Parmi mes amis, à l’école ou dans le quartier, rares étaient ceux qui n’étaient pas fiers de dire qu’ils utilisaient Facebook et qu’ils parlaient avec un tel vivant aux États-Unis ou au Canada. Utiliser Twitter n’était pas plus différent, c’était la grande mode et depuis mon téléphone, je suivais autant de comptes que je pouvais et recevais avec sourire aux lèvres les sms de 40404, le numéro de Twitter.

Les réseaux sociaux étaient des passe-temps assez intéressants, ça m’aidait à fuir la réalité quotidienne. Toutefois, curieux de nature, je me suis vite intéressé aux informations relayées sur ces réseaux. Pour préparer mon concours d’admission à l’université en 2012, j’ai même eu la brillante idée d’utiliser, à bon escient, Twitter pour avoir le maximum d’actualités internationales possibles à l’époque. Je me souviens que chaque soir, je devais noter toutes les informations nécessaires, puis vider ma boîte de messagerie pour recueillir le plus d’infos durant nuit. Je recevais les tweets de RFI, Euronews, France 24, mais aussi des médias en Haïti et d’autres particuliers qui relayaient des informations. Même si cette méthode m’a beaucoup aidé pour ce concours d’admission, je ne réalisais pas encore tout ce qu’on peut tirer des réseaux sociaux.

Il m’a fallu attendre d’être bien imbu des côtés positifs de ces réseaux sociaux pour bien les utiliser. On peut perdre son temps à ne faire que « liker » et commenter des photos et des statuts ennuyeux ou choisir d’apprendre plein de choses. Je ne me contentais alors que des actualités. Certes, je prenais un peu de temps pour bavarder avec des amis sur Facebook, mais j’en profitais pour m’informer un peu plus à chaque fois que je pouvais m’offrir une heure dans un cyber-café.

Depuis, je conseille toujours à tous mes amis qui me demandent de l’aide dans la préparation des concours d’admission : « Faites bon usage de vos smartphones, de votre compte Facebook ou Twitter! »

J’ai eu mon premier ordinateur en septembre 2014 grâce à une subvention de l’administration de Martelly-Lamothe. Mais trouver un accès à Internet m’était un peu difficile. J’utilisais le Wifi de la faculté à chaque fois que j’y étais, mais il laissait à désirer. Des centaines d’autres étudiants comme moi ont bénéficié d’un ordinateur et utilisaient le même Wifi. Pour avoir une bonne connexion, je devais soit me rendre de bonne heure à la faculté soit y rester un peu plus tard. C’était fatiguant mais cela m’a permis de télécharger des documents, des films et d’avoir une plus grande présence sur Facebook.

En septembre 2015, j’ai adhéré au projet SOHA. On lançait quatre projets en ligne. J’étais vraiment étonné de voir comment la professeure Florence Piron utilisait les fonctionnalités de Facebook comme la formation de sous-groupes pour qu’on puisse travailler ensemble. Mais ce qui a le plus attiré mon attention, ce sont les liens qu’on partageait dans ces groupes. Ils étaient aussi divers qu’intéressants et je ne ratais pas l’occasion de les lire malgré leur nombre parfois imposant.

Comme j’avais d’autres obligations à respecter à la fac, j’ouvrais 4 ou 5 pages Internet puis laissais mon ordinateur allumé afin de les lire plus tard chez moi. Je lisais autant d’articles que je pouvais et je les partageais également sur mon mur. Sur la page du Réseau SOHA (Science ouverte en Haïti et en Afrique francophone), on partageait énormément d’articles scientifiques, d’actualités, des rapports et des billets de blog.

Et là, j’ai tout compris.

Avec un clic, je peux faire le choix d’apprendre et de partager des choses sérieuses. En effet, j’ai remarqué que les liens partagés dans notre groupe par professeure Florence, Hamissou, Thomas ou les autres membres du réseau étaient généralement issus d’autres pages ou de groupes intéressants. Alors non seulement je prenais plaisir à faire un clic pour ouvrir ces liens afin de lire les articles, mais je prenais aussi le soin d’aller aimer les pages Facebook d’où ils venaient, me permettant l’accès à d’autres pages similaires que j’aimais (like) aussitôt! Ainsi, dans un laps de temps assez court, je me suis constitué un large réseau de sources d’information. Cette méthode m’a donné aussi l’envie de m’ouvrir un peu plus. J’ai rejoint des groupes d’intérêt intellectuel ou social comme par exemple le groupe de Benoit Lecomte, MSS4aDev, Médias Sociaux et Smartphones pour un autre développement. Dans ce groupe, Benoit partage des liens d’articles vraiment très intéressants sur les NTIC et les médias sociaux liés au développement. Ils m’ont énormément aidé à comprendre les enjeux des NTIC.

Rien que sur Facebook, en aimant des pages et en intégrant des groupes, j’ai non seulement accès à des actualités internationales, ce qui me permet, par exemple, de suivre de près la crise des migrants en Europe, les primaires aux États-Unis ou la guerre en Syrie. Mais j’ai aussi à la portée d’un clic des articles scientifiques, des résultats d’enquêtes, des billets de blogs scientifiques que je n’hésite jamais à partager depuis mon portable.

Dernièrement, je me suis procuré un «jump» de la compagnie Natcom. C’est comme une clé usb avec une carte sim, me permettant d’avoir accès à une meilleure connexion Internet à un faible coût. J’en ai tout de suite profité pour installer l’application Zotero sur mon ordinateur. Maintenant, je suis en train de bâtir une véritable archive virtuelle avec des articles et des billets de blogs scientifiques.

Désormais, je m’informe et me forme davantage. Je prends conscience que je peux utiliser un réseau social comme Facebook pour m’amuser, mais je peux aussi m’en servir comme un nouveau outil dans ma formation. Avec ces expériences, je me rends compte qu’on peut faire autrement. L’avenir appartient à ceux qui s’ouvrent au monde et aux autres.

L’illusion numérique des jeunes en Haïti

L’accès au monde via Internet est une porte ouverte sur tous les horizons. L’information et la culture sont à portée de main, mais dans cet univers numérique, tout semble trop beau. Comment la jeunesse haïtienne utilise-t-elle cet accès?[4]

C’est une évidence, la maîtrise du numérique est un atout majeur pour un pays, aussi bien pour le développement de la science que pour tout autre secteur. D’ailleurs, les technologies numériques, la capacité de les maîtriser et leurs enjeux ont été des facteurs ayant enclenché la décantation entre les pays du Nord et ceux du Sud. Le développement de ces technologies a amené à parler des compétences numériques, qui exigent une bonne compréhension et connaissance de la nature, du rôle et des possibilités des TSI (technologies de la société de l’information) dans la vie de tous les jours, dans la vie privée, en société et au travail, à l’heure de la mondialisation grâce à Internet.

Ainsi retrouve-t-on, les pays du Nord en tête de la liste des pays dont les citoyens possèdent des compétences numériques. Cela n’empêche pas que, dans ces mêmes pays riches, une infime partie de la population n’a pas accès à Internet. Ce sont en général des personnes à faible revenu ou des personnes âgées. On parle alors d’exclusion numérique. C’est le cas par exemple d’un pays comme la France d’après le rapport annuel 2014 du Crédoc dont 17 % de la population sont considérés comme des exclus numériques.

Les fossés de l’exclusion numérique dans les pays du Sud, par exemple Haïti, sont cependant beaucoup plus profonds et ont des impacts beaucoup plus graves. Cette exclusion touche les écoles classiques, les universités, sans parler d’une grande partie de la population. Ses conséquences se manifestent par un manque de production et de compétitivité. L’analphabétisme et les moyens économiques semblent être les deux grandes causes de l’exclusion numérique dans le pays. Seulement 74 % des femmes et 79 % des hommes de la population haïtienne sont alphabétisés et 59 % des Haïtiens vivent en dessous du seuil de pauvreté (2,42 dollars par jour).

Mais l’exclusion numérique commence surtout à l’école classique par un manque de laboratoires informatiques. Le peu d’établissements scolaires qui en sont équipés ne permet pas une bonne intégration au monde numérique pour les élèves. Ayant très peu de temps pour s’acclimater aux technologies numériques [environ une heure de temps par semaine de cours d’informatique] qu’ils trouvent compliquées, certains se découragent vite et abandonnent, ce qui explique en partie l’analphabétisme numérique d’un bon nombre de jeunes. Toutefois, ceux qui arrivent à s’y habituer n’exploitent pas ou pas assez le champ numérique. C’est ce que j’appelle l’illusion numérique en Haïti.

Je définis l’illusion numérique comme l’utilisation d’une infime partie du monde numérique par les jeunes en Haïti qui pensent que c’est tout ce qu’ils peuvent en tirer. Elle a des conséquences aussi graves que l’exclusion numérique. Le pire, c’est que les victimes de l’illusion numérique sont connectées à Internet en permanence, surtout sur les réseaux sociaux. Mais pour une raison quelconque, ils ne vont pas au-delà de l’utilisation des réseaux sociaux et ne savent pas profiter des autres opportunités du web.

Je vais laisser de côté la population et parler d’un public plus avisé, les universitaires. Combien ont déjà utilisé le moteur de recherches Google pour faire un travail avec leurs camarades? Combien ont un blog et publient fréquemment? Combien sont des youtubeurs? Combien d’entre eux ont déjà suivi une formation en ligne? L’illusion numérique nous rend passifs et peut être un blocage pour le libre accès. Eh oui! À quoi servirait le libre accès si on ne prend le temps d’aller chercher et visiter ces sites? Si nous nous contentons de Facebook, WhatsApps et quelques fois YouTube et Twitter, nous ne pourrons exploiter toutes les possibilités du numérique. Or, c’est le cas de nombreux jeunes en Haïti. Et là encore, que font-ils avec ces réseaux? Dans une société où les débats d’intérêt général sont souvent manipulés, ces réseaux peuvent constitués de véritables outils d’interaction et de partage.

Ni le coût de la connexion à Internet, ni le manque de matériel ne devraient être des excuses pour se murer dans cette illusion numérique aujourd’hui. Une bonne partie des jeunes universitaires haïtiens possède au moins un téléphone intelligent permettant d’effectuer une multitude d’activités intéressantes : apprendre une nouvelle langue, suivre une formation en ligne, travailler en groupe, etc.

Il serait donc temps d’explorer d’autres contrées dans le monde numérique. L’illusion numérique, comme une drogue douce, encourage la passivité… il faut la combattre.

Pour citer ce texte :

Pierre, Anderson. 2016. « La science ouverte … sur le monde et sur les autres ». In Justice cognitive, libre accès et savoirs locaux. Pour une science ouverte juste, au service du développement local durable, sous la direction de Florence Piron, Samuel Regulus et Marie Sophie Dibounje Madiba. Québec, Éditions science et bien commun. En ligne à https://scienceetbiencommun.pressbooks.pub/justicecognitive1


  1. Billet publié sur le blog SOHA en janvier 2016 à http://www.projetsoha.org/?p=947.
  2. Billet publié sur le blog SOHA en mars 2016 à http://www.projetsoha.org/?p=1138.
  3. Billet publié sur le blog SOHA en avril 2016 à http://www.projetsoha.org/?p=1188.
  4. Billet publié en août 2016 à l'adresse https://ourworldistalking.com/2016/08/04/lillusion-numerique-des-jeunes-en-haiti/.

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