1 Premier feuillet

Un cœur sans frontières

Une malle s’ouvre. Des souvenirs affluent, reconstitués grâce à de précieux témoignages oraux et à des vestiges de l’histoire : photos, correspondances impeccablement conservées par la douce vigilance de l’épouse, diplômes, ouvrages naguère compulsés et annotés de la main de l’époux, polycopiés aux signatures illustres, agendas nimbés de la patine du temps…

Notre mère en 2015. Grâce à sa douce vigilance les archives furent conservées.

Et voilà ta fille lancée comme malgré elle (mais quelle exaltation !), suivant le fil de ton destin. Me voilà, en effet, dans un récit entrecroisant ta vie et les nôtres, ta vie et la mienne, dans une démarche réflexive et finalement cathartique. Je te conte nos vies comme on le fait dans une missive adressée à l’Absent. Nouvelles d’une famille aimante. Évocation de notre mère ainsi que de la fratrie, précieuses actrices de la présente co-construction. Évocation des conjoints, des petits-enfants et de leurs enfants qui n’auront l’heur de te connaître que par cette missive. Je vais te rapporter les expériences chaleureuses et structurantes en dépit (?) de la diversité des espaces, les riches apports de la fraternité, de l’amitié, de la vie associative, du travail collaboratif, de l’enseignement, de la recherche, jadis à l’Institut des Sciences humaines, actuellement à l’Université de Ngaoundéré, mon université d’attache, mais aussi dans le cadre de nombreuses et fructueuses coopérations. Les inévitables déchirures.

La malle trop longtemps enfermée dans le petit boukarou*[1] de mon jardin s’est ouverte, et j’ai découvert tardivement, émerveillée, les lignes de force qui nous sont communes à toi et à moi : la conscience aigüe des rapports ambigus et possiblement tragiques entre soi et l’Autre, le choc de l’altérité, un intérêt jamais démenti pour les problématiques culturelles, le quotidien des turbulences et défis des dynamiques identitaires. Je comprends que tu vas retrouver, au fil de ma plume, la réalisation d’une vision que tu m’as léguée, l’idéal d’une épistémè singulière, libératrice, d’un savoir généreusement reçu et partagé.

Nous portions en nous, toi et moi, encore innommée, la quête d’une « justice cognitive » : il aura fallu Florence Piron et une prodigieuse complicité intellectuelle découverte par-delà les océans, pour la nommer…

Mais toi, qui étais-tu ? D’où venais-tu ?

Le caractère quelque peu suranné – c’est le moins que l’on puisse en dire – de certaines rubriques de ton état civil (la formulation « race »…) ne l’empêche pas de fournir quelques indications utiles :

  • Nom de l’enfant : François Tatou
  • Né : vers 1928
  • Lieu : Foto*
  • De : Tassè Temgoua, cultivateur
  • Et de : Mamboungang
  • Race (sic) : Bamiléké*
  • Groupement* : Foto*

Tout un programme ou plutôt les prémices d’un programme dont un document, même parfaitement calligraphié, ne saurait complètement rendre compte. Ce n’est pas vraiment son rôle, me dirais-tu avec un léger sourire…

Ainsi, ce qui ne transparaît pas dans ce document, c’est que ton père prendra, avec le temps, le titre de Fomony qui, pour moi, fait terriblement sens aujourd’hui. Car il est quelque peu hybride linguistiquement, ce titre que prit notre bien-aimé grand-père, puisque composé de , « chef » en yémba*, notre langue et de mony, « argent » en pidgin-english, ce qui signifie littéralement « chef de l’argent ». Pourtant, la forme native, fônkap, existe aussi !

Le choix d’un tel titre procédait-il, chez lui, de l’intuition éclairée d’une multiculturalité déjà prégnante, probablement dysphorique, mais qu’il fallait tenter de dompter? Avait-il perçu, déjà, la résilience prodigieuse du modèle culturel auquel il était attaché? Il avait certainement cru en la capacité de ce modèle, non seulement à survivre à divers traumatismes, mais plus encore à reconstruire un nouvel équilibre, une nouvelle harmonie. Au-delà des turbulences conjoncturelles, de la diversité des rencontres, des tensions, des territoires et des mémoires, tu avais mis, toi aussi, ton espérance en la cohérence de l’Humain.

Le patriarche Fomony dans les années 80. La photo, hélas, ne laisse pas apparaître toute la magnificence des regalia.

Bien avant nous, tu avais épié, le cœur palpitant, les frémissements imperceptibles de la végétation qui s’éveille, dès avant l’aube, derrière la case maternelle.

Bien avant nous, tu avais surpris le son indéfinissable des lourdes perles de rosée heurtant les feuilles de taro dans la fraîcheur musquée du jour naissant.

Bien avant nous, tu t’étais délecté des paysages verdoyants et interminablement vallonnés des hautes terres de ta région natale.

Ici ou là, pourtant, rompant brusquement la rotondité des collines, voilà qu’apparaissait une pente vertigineuse, abrupte, sur laquelle le génie de l’Humain avait réussi le pari de suspendre comme des pans d’étoffe superbement damassée… Là germent et croissent les fruits de la terre.

C’est au fond une aspiration biographique, doublement réflexive, qui va porter l’écriture de ma missive. Car j’ai choisi de la construire autour d’un parcours prenant sa source à Foto*,  où tu es né, vers 1928 : un village ou plutôt un groupement de villages aujourd’hui en partie campé sur la ville de Dschang.

Mais ce n’est pas du village foto que venait celle qui t’a mis au monde. Notre chère grand-mère Mamboungang était fille du chef* de Mingmeto, un des villages du tout voisin groupement* foréké-Dschang*. En se mariant à un originaire de Foto, notre grand-mère inaugurait à son insu une tradition désormais bien établie dans la saga familiale d’échanges de bons procédés entre deux pôles. C’est ainsi qu’elle vit avec ravissement sa petite-fille aînée, notre cousine Madeleine, la fille ainée de ton frère Pierre Tatiézé[2], accordée en mariage à un brillant prince foréké-Dschang. Le vide qu’elle avait jadis laissé dans son groupement d’origine en devenant l’épouse d’un Foto se trouvait  symboliquement compensé à travers l’envol de sa petite-fille vers Foréké-Dschang. Même si, il faut le reconnaitre, la distance est ténue entre les deux communautés. Du reste, notre cousine Madeleine, maman Mado, ne fut ni la première ni la dernière concernée par un tel mouvement : d’autres filles et petites-filles de Fomony, y compris l’autrice de cette missive, convolèrent en justes noces avec de dignes fils de la chefferie voisine. Toutefois, cette tendance ne concerne pas seulement la gent féminine. Certain petit-fils ne fut pas en reste, trouvant lui aussi, son bonheur auprès d’Élise, gente princesse du groupement allié…

Comme me l’a relaté le patriarche Athanase Nguessong de Foréké-Dschang*, un témoin encore en vie des événements, tu fus toi-même, Papa, acteur privilégié de l’union de Madeleine et de Martin, dès l’étape du mariage coutumier. Note bien que sans les conseils avisés de maman Bernadette Métangmo, je n’aurais probablement jamais fait la connaissance de papa Athanase. Auprès de lui, j’ai pu collecter des informations précieuses aussi bien générales que personnelles. Merci Belle-Maman! Il s’est trouvé que papa Athanase t’avait fort bien connu. Plus de soixante ans après les faits, il évoquait encore un service que tu lui rendis jadis alors qu’il se trouvait en détresse pendant un séjour à Yaoundé.

Paris le 17 juillet 1965. Ta nièce – ta fille – maman Mado épousait son prince foréké-Dschang. Aux deux extrémités, Micheline et Bernadette, tes presque jumelles, et Marie-Pascale au centre. Mais où étais-je donc passée?

Certains éléments du puzzle me furent fournis par maman Mado elle-même : cérémonie civile en 1962 à Dschang, puis bénédiction nuptiale le 17 juillet 1965 dans une petite église parisienne. « A Ménilmontant ! Tu as bien noté, n’est-ce pas ? », a-t-elle insisté. C’est toi qui, fièrement, menas à l’autel ta chère nièce. Ta fille. Aucune de tes filles biologiques n’eut jamais ce privilège en raison de ton décès prématuré.

L’ensemble des cérémonies marquant le mariage de maman Mado devait finalement se décliner en trois temps. C’est désormais un schéma courant. En effet, le mariage coutumier qui, jadis, se suffisait à lui-même, est de nos jours, dans certains contextes tout du moins, régulièrement suivi de la cérémonie civile puis de la bénédiction nuptiale, avec des intervalles variables entre ces différentes étapes. Mais j’allais oublier la phase préalable et si émouvante du knocking door lors de laquelle la famille du fiancé vient officiellement « toquer à la porte » et se signaler solennellement à sa future belle-famille. Nous avons prié, et nous prierons encore que la sagesse divine vienne féconder les traditions ancestrales et éclairer le projet des familles concernées. Je dis bien des familles car dans notre aire culturelle, le mariage continue de consacrer, au-delà de l’union de deux individus, celle de deux familles. À preuve, aussi surprenant que cela puisse paraître vu d’ailleurs, la présence des fiancés est facultative à cette étape fondatrice… Notons également que le mariage se conclut idéalement entre familles non apparentées. Cependant, force est de reconnaître que cette condition devient de plus en plus difficile à satisfaire du fait de la fréquente et extrême dispersion géographique des membres d’une même famille sur toute l’étendue du triangle national et sur tous les continents. Pourtant, pour être en mesure d’éviter une union avec un consanguin, il faudrait que les jeunes aient l’opportunité de bien connaître les détails et les subtilités de leur généalogie…

Et si nous revenions un instant sur les noms ?

D’abord le nom Tassè Temgoua fut attribué à notre grand-père à sa naissance, probablement vers 1900. À la génération de ses enfants, puis de ses petits-enfants (nous attendons avec impatience le résultat des travaux de la petite équipe chargée de reconstituer notre arbre généalogique) apparaissent les prénoms chrétiens : Pierre vers 1924, François vers 1928, puis Cécile, Pascal, Joël, Évelyne… L’attribution de prénoms, du fait de l’évangélisation, inscrivait un changement culturel radical dans notre histoire. Nous savons qu’à ta naissance, l’évangélisation n’en était qu’à ses balbutiements dans notre région. La première mission établie à Dschang date de 1910[3]. C’est la raison pour laquelle, dans nos campagnes, peu nombreux étaient ceux et celles de la génération de tes parents qui portaient un prénom chrétien. Par ailleurs, en dehors de quelques rares familles de lettrés, la date de naissance demeurait approximative. Vous étiez né-e-s vers.

Jadis, dans nos régions, les parents faisaient enregistrer une naissance quelquefois plusieurs années après l’arrivée de l’enfant, car les centres d’état-civil étaient peu nombreux et il fallait, pour s’y rendre,  parcourir des distances assez importantes (c’est encore le cas dans certaines localités). En outre, cette pratique demeurait d’autant plus méconnue que son utilité ne se laissait pas immédiatement percevoir! La question ne se posait réellement qu’au moment de la scolarisation : il fallait, le cas échéant, estimer la date probable de la naissance du futur élève. L’on devait alors recourir au dispositif spécial de « jugement supplétif tenant lieu d’acte de naissance », communément désigné par le terme « jugement ». Sans ce document qui remplace l’acte de naissance et permet la reconnaissance administrative de l’identité de l’enfant, ce dernier – et plus exactement ses parents – rencontre de nos jours de multiples difficultés : l’enfant ne peut être inscrit-e à l’école, ni a fortiori se présenter aux examens. Avec le temps, les né-e-s le, de plus en plus nombreux, ont parfois épinglé, avec une condescendance passablement puérile, les né-e-s vers.

Nous sommes donc au Cameroun, sur les plateaux verdoyants de l’Ouest, vers la fin des années 1930. Tu serais aujourd’hui un vénérable nonagénaire… Certains de tes petits-enfants s’étonneraient de « l’absence de prénom » chez leurs aïeuls, de la différence entre ton nom et celui de ton père… Nous aurions à cœur de les mettre, ces jeunes, en garde contre le piège d’une imagerie exotique immuable, contre un certain culturalisme. J’ai trouvé une définition tout à fait séduisante du concept de culturalisme dans un précieux petit glossaire publié dans la livraison du Monde diplomatique de mai 2014 : « raisonnement consistant à faire de la culture d’un groupe humain une donnée intangible et figée, mais aussi un facteur explicatif majeur de l’histoire de ce groupe, aux dépens des variables sociales, économiques, politiques, etc. »

En ce temps-là, vous portiez des noms strictement individuels et non des patronymes au sens étymologique de « nom du père ». Le modèle dominant en Europe de transmission intergénérationnelle du patronyme n’avait encore que peu d’adeptes. Moyennant quoi, aucun de tes frères et sœurs n’a porté le nom de votre père, lequel ne réapparaît qu’à la génération de ses petits-enfants, c’est-à-dire la nôtre. Autour de toi, quelques résistants, rebelles à une forme d’extraversion culturelle, n’hésitent pas déroger à la tendance naissante, mais insistante, de la dévolution héréditaire du nom du père. C’est ainsi que l’on trouve, dans la descendance de ton beau-frère[4] Ferdinand Tsafack Fomena, des noms comme Temgoua, Fouateu, Donfack, Malango… Ils ne sont pas nombreux, ceux de ses enfants qui portent son nom. Quatre seulement sur une petite quinzaine.

Il faut noter que, dans les années précédant l’Indépendance, les familles de lettrés (quelque peu acculturées) ont été les premières à adopter, non sans l’adapter, la coutume française de la transmission du patronyme, coutume selon laquelle le fils d’un monsieur Dupont ne pouvait se nommer que « Dupont ». Ni plus, ni moins. Mais attention ! En France, la transmission automatique et exclusive du nom du père à l’enfant, qui remonte à la loi très ancienne du 6 fructidor An II (23 août 1794), se trouve nettement assouplie par un texte de 2002 : celui-ci stipule qu’à la naissance de l’enfant, les parents peuvent choisir quel nom transmettre entre celui du père et celui de la mère, ou encore leurs deux accolés, et ce dans l’ordre choisi par les parents! Il s’agit d’un assouplissement notoire. Cela dit, il est clair que le droit français ne donne aucune latitude de choisir, comme cela peut se faire dans notre pays, un autre nom que celui de l’un ou l’autre des deux géniteurs!

Un des schémas courants aujourd’hui dans l’attribution des noms — celui que notre mère et toi avez adopté pour notre famille — se distingue, finalement, par son hybridité. On y retrouve deux noms : le patronyme héréditaire à la française, couplé au nom individuel conforme à la dévolution sur le mode traditionnel. Le patronyme héréditaire, sorte de dénominateur commun porté par tous les enfants de la fratrie, est donc couplé à un second. Dans ce schéma, le nom individuel peut précéder ou suivre le patronyme à l’occidentale. Dans les deux cas de figure suivent alors le ou les prénoms… On remarque, à ce propos, que de nos jours, le prénom unique semble se raréfier. Et d’ailleurs, ô paradoxe, ce prénom apparaît très régulièrement chez les Camerounais francophones, après le nom.

Évoquons ici celui qui fut pour toi, parmi d’autres, à la fois frère et fils : Félix Houtsa[5]. C’était le premier fils de la lignée à naître à Ntsingmbing lorsque notre famille vint s’y établir en quittant le terreau originel, le village Nzong, à quelques encablures de là. Comment ne pas remarquer que c’est sur ce premier-né dans le premier soleil de ce nouveau village que le patriarche Fomony devait finalement porter son choix lorsque vint l’heure de désigner son successeur[6]. Mais j’entends les plus jeunes s’enquérir : pourquoi « frère et fils »?  Frère parce que vous descendiez du même géniteur, et fils, car c’est à toi qu’a incombé, très tôt, la responsabilité de son éducation. Et crois-moi, tu peux en concevoir une légitime fierté.

Cela étant, je remarque que très rapidement, nos jeunes vivant en Occident, et même ceux et celles qui ont — hélas — pour langue première et unique le français, ont bien intégré cette particularité de notre anthropologie. Ils et elles savent activer à bon escient leurs compétences interculturelles et passer, selon les circonstances, de la conception occidentale strictement nucléaire de la famille à la prise en compte d’un cercle plus englobant. En fait, certains concepts spécifiques de l’environnement culturel ou écologique africain ont du mal à se laisser contenir dans les frontières convenues des vocables du français standard. Cela se vérifiait déjà de ton temps, mais j’ai le sentiment, en comparant la production romanesque des deux époques, que l’on s’accommodait plus volontiers jadis de ce décalage.

Ainsi, le nom de votre père ne réapparaît qu’à la génération de ses petits-enfants. Cela ne relevait pas de la fantaisie, mais d’un dispositif strictement codifié dans notre culture. Par contre, il vous était attribué, beaucoup plus fréquemment que dans les générations présentes, des noms significatifs, en relation directe avec les circonstances de votre venue au monde. Il s’agissait de véritables discours formulés en fonction de la lecture que les parents pouvaient faire du contexte particulier de votre naissance, ou plus largement de leur philosophie de la vie. L’extraordinaire mémoire ainsi que le sens du pittoresque de Belle-maman — et dont maître Marcelle a bien hérité ! — nous réjouiront toujours. Elle m’a relaté comment la conjoncture a priori peu favorable de la naissance d’Aurélie, la sœur aînée de ton filleul Serge Djoumessi, fit jaillir du cœur des parents un fervent chant d’action de grâce : Akotchendem – « à Dieu,  rien d’impossible ». Ce fut le nom de l’enfant, par ailleurs un nouveau-né fragile, une mère entre vie et trépas… C’était assez pour que le grand-père du bébé renonce à l’éponymie qui lui revenait de droit. Car dans le cas d’espèce, conformément à son rang dans la fratrie, le nouveau-né devait porter son nom. Non seulement il renonçait volontiers à ce droit, mais encore il se joignit au chant propitiatoire s’élevant autour de l’enfant. « Seul Dieu est Dieu! »  Ngnintendem!  C’est ce nom que portera le nouveau-né! Dans des circonstances comparables, par le nom Anoumboundem, « l’affaire est entre les mains de Dieu », les parents exprimeront leur abandon total et leur espérance.

On note de nos jours, dans la culture de notre région, quelques mutations par rapport au schéma traditionnel de la dévolution du nom des enfants dans un couple. Quel était-il ? Les quatre premiers enfants portaient en principe, respectivement et dans cet ordre, les noms de leur grand-père maternel puis paternel, ensuite venaient ceux de leur grand-mère maternelle puis paternelle. Il s’agissait, du reste, de plus en plus fréquemment, des prénoms plutôt que des noms de ces derniers. C’est ainsi que l’on peut expliquer la récurrence du prénom de Simone, éventuellement rebaptisée « Moune », parmi la descendance de papa Simon Sobze…. Puis, une fois que pères et mères avaient été honorés – convergence notable avec la quatrième prescription du Décalogue – venaient les noms des autres parents et les amis. À partir du cinquième enfant…

Autres temps, autres lieux, mais des constantes remarquables. Ta trajectoire vous portera, ta famille et toi, dans diverses localités. Dans les années 1970, nous sommes arrivés dans le nord du pays, aux confins du Sahel, dans la ville de ton dernier poste de travail, rebaptisée ici Garoua la Belle… Nous avons retrouvé à Garoua cette tradition attachante des noms circonstanciels. Après un ou plusieurs enfants décédés en bas âge, des parents meurtris pouvaient formuler la prière que le nouveau-né, contrairement à ses aînés, puisse enfin – oraison propitiatoire – s’assoir, c’est-à-dire demeurer sur la terre des vivants. En effet, le nom Djooda, attribué en pareille circonstance, vient de la forme impérative du verbe peul signifiant « s’assoir » et exprime ainsi métaphoriquement le souhait ardent des parents. Il pourrait bien s’agir là, de Dschang à Garoua, d’une tendance archétypale, en quelque sorte transculturelle, puisqu’elle traverserait les cultures particulières. La recherche, ainsi que la mise en lumière des valeurs communes avérées, contribuerait à coup sûr à décloisonner les régions naturelles et à promouvoir la cohésion sociale que beaucoup, au Cameroun, appellent de leurs vœux.

L’on trouvait (et l’on trouve encore) des attributions complètes – nom et prénom – lorsque l’usage des prénoms occidentaux apparut et commença à se généraliser. C’est ainsi qu’en l’honneur de Charles Kamdoum, infirmier devenu par expérience ce chirurgien qui sauva tant de vies à l’Hôpital de Dschang[7], certains parents attribuèrent son nom complet à leur nouveau-né. Le choix du nom s’inscrit ici dans une dynamique destinée à attirer sur le nourrisson les qualités reconnues à l’illustre éponyme. Dans le cas d’espèce, ce choix fut abondamment béni, car nombreux sont ceux de ces bébés Charles qui se distinguèrent par la suite comme techniciens de santé inspirés, comme médecins, comme pharmaciens!

Cela dit, ne soyons pas exagérément candides. Il faut reconnaitre qu’aujourd’hui comme hier, la propension à baptiser un enfant en s’inspirant d’un personnage influent peut aussi correspondre à la volonté de susciter, plus ou moins consciemment, des alliances avec plus nanti que soi, dans l’espoir de faire pleuvoir sur l’enfant ainsi nommé ou prénommé, ainsi que sur ses géniteurs, une manne tant inespérée que salvatrice. Eh oui, que veux-tu? Certain-e-s excellent dans l’art d’exploiter à leur profit les tendances narcissiques plus ou moins profondément enfouies en chacun-e de nous.

Cela dit, le choix des noms, sous toutes les latitudes, peut témoigner d’une volonté de sceller des amitiés, de consacrer des fraternités ou simplement de célébrer l’amour. À cet égard, il est tout à fait symptomatique que le premier de tes deux fils porte, en l’honneur de ton frère aîné, le prénom de Pierre. Il est tout aussi symptomatique que l’un des derniers garçons de ton cadet, l’oncle Bernard, porte celui de François. Après ton départ naquit une pétillante Francine Houtsa à Libreville. Autant d’occasions de resserrer les liens, de manifester votre attachement les un-e-s aux autres.

Les prénoms que nous attribuons recèlent bien souvent une histoire. Laisse-moi te conter celle-ci. Se sentant moralement tenus d’attribuer à leur nourrisson le prénom de sa grand-tante paternelle, Marguerite, des parents se trouvèrent devant un dilemme : malgré tous les excellents motifs connus et reconnus, ils ne se résolvaient guère à accepter un prénom ressenti aujourd’hui (hélas) comme quelque peu vieillot. Quel ne fut pas leur soulagement lorsqu’une bonne amie – moi, pour ne rien te cacher – leur suggéra « Magali », une des formes anglaises de ce prénom… Nous connaissons tous, par ailleurs, des parents qui ont pris de réelles libertés par rapport aux prénoms classiques. C’est ainsi que mon amie Marie-Hélène créa pour sa petite dernière le prénom Bélange. D’autres, séduits par des prénoms masculins bien attestés, ont librement créé les formes féminines correspondantes. Sont alors apparues des Cédrique, des Olivière, dans le plus pur respect des schémas structurels suggérés par la langue. Après tout, les Gaétan ont bien leur Gaétane et les Benoît leur Benoîte! Par rapport à ce foisonnement créatif, laisse-moi te citer Clautilde, croisement original, ma foi, entre Claudine et Clothilde… Hybridation, greffage, provignage ou que sais-je encore? Nulle inquiétude! Mon amie Clau, la biologiste, se fera un plaisir d’éclairer notre lanterne. Citons enfin les aléas plaisants d’un réaménagement « phonético-culturel » du prénom de notre si tendre et maternelle Louise Thècle. Après une première réinterprétation officieuse et uniquement orale en Thécla, étant donné la proximité du prénom Clara (Claire), Thècle s’est transformé en un prénom complètement inédit, mais ayant bel et bien pignon sur rue dans la ville de Dschang et ailleurs sur les registre d’État civil : Téclaire!

Nos prénoms témoignent également d’une époque. Il y a en particulier celle des prénoms anglo-américains : Mike, Collins… ou encore, comme quelques-uns de tes arrière-petits-fils, Evans, Pharell, Ayden, Jayden. L’un d’eux adressa une carte de vœux numérique à sa maman à l’âge de cinq mois, aidé en cela par la générosité d’un complice inspiré, Daddy Colonel.

Se situant résolument à la marge, certains parents ont complètement ignoré les prénoms européens, préférant se réapproprier la tradition du « prénom circonstanciel » en langue africaine. À ce propos, je m’en voudrais de ne pas citer le cas d’un de tes protégés, Pascal Kenfack, celui-là même que tu encourageas, contre vents et marées, à poursuivre son rêve de devenir plasticien dans un contexte où une éthique bamiléké* un tantinet austère considérait les vocations artistiques ou sportives comme de simples chimères… Tu serais fier de lui, car ses toiles et sculptures sont connues au Cameroun et au-delà. Eh bien, son épouse et lui réussirent le tour de force, vivant en plein Paris dans les années 1980, de n’attribuer à leurs enfants que des prénoms africains. C’est ainsi que nous avions vu arriver, entre autres, Nimponi, Mafô, Ngüimenkem.

Nimponi signifie littéralement « quelqu’un et quelqu’un ». Ce prénom renvoie à une histoire familiale puisqu’il y inscrit au sens fort du terme les liens qui ont existé entre le père de famille et son alter-ego, l’un de ses frères décédé brutalement. Il me souvient que nous avions planché tous les trois sur la simplification orthographique de ce prénom lorsqu’il avait fallu procéder aux différentes déclarations de rigueur. Mafô, par contre, existe tel quel dans la langue comme distinction honorifique et l’on trouve quelquefois dans la littérature scientifique les approximations « fille anoblie du chef »  ou encore « reine-mère ». La maladresse rhétorique  de la première formulation vient d’une discordance logique : une fille de chef a-t-elle besoin d’être anoblie? Quant à la seconde expression, « reine-mère », elle semble s’inspirer directement de l’ancien système monarchique français. Aucune des deux formules ne me satisfait. Cependant, je ne me risquerais pas à te proposer une traduction, même littérale, de mafô. La difficulté est réelle du fait de la distance entre les systèmes culturels de référence en présence. Nous savons tout de même qu’au sens premier, dans la hiérarchie cheffale, mafô est un titre honorifique spécialement conféré par le chef à l’une de ses filles. Par parallélisme de forme, il peut également être attribué par un chef de famille à l’une de ses filles. Quant au nom Ngüimenkem, il signifie littéralement « épouse de notables »… Mais il s’agit ici d’un pluriel marquant l’emphase.

En tout état de cause, reprenant à mon compte une analyse de Lambert qui te représente désormais au sein de notre famille nucléaire, je considère que les noms de personne, mais aussi de lieux et de langues, développent dans nos sociétés une écriture spécifique. Je dirais qu’il s’agit en somme une anthropo-graphie de l’essence même de l’humain, de ses aspirations, combats et angoisses. Quoi de plus normal que les noms apparaissent, en fait, comme les tout premiers lieux d’une violente acculturation? Pourtant, nous pouvons déceler ici et là les traces d’une interculturalité maîtrisée. Et nos voilà propulsés au-delà d’une simple cohabitation pacifique. Comment? J’ai eu le privilège, tout dernièrement, d’assister à une manifestation brillante et doublement paradoxale de l’interculturalité. L’esani, un rituel beti[8] destiné ordinairement à honorer la mémoire des grands hommes et grandes femmes de ce terroir, a été exécuté en l’honneur d’une dame originaire des hauts plateaux de l’Ouest Cameroun[9], une matriarche bamiléké. Monsieur Onguene, son gendre qui en avait eu l’initiative, conviait ainsi l’assistance au-delà de la zone de confort d’une simple multiculturalité vers la co-construction d’une interculturalité généreuse, inventive, tonique.

Revenons à nos noms : des livres ouverts sur nos vies, nos choix identitaires et nos engagements. Sur nos appréhensions aussi. Il faut relever, et c’est préoccupant, une tendance chez certains parents à transformer délibérément  le patronyme qu’ils transmettent à leur enfant. Koméné, Zafa et Tollé en lieu et place de Nkongmenek, Zafack et Tonleu. Ils choisissent ainsi de laisser à la postérité une forme de leur nom  qui leur semble culturellement non-marquée, qui ne porte pas de manière trop évidente les stigmates de leur origine ethnique. Aberration? Inconsistance? Peut-être. Il reste qu’« un homme qui crie n’est pas un ours qui danse » (Césaire, 1939 : 22). Et que ces cas, même isolés, nous interpellent sévèrement par rapport aux stéréotypes qui marquent d’opprobre certaines aires culturelles.

Nous considérons, mes collègues linguistes et moi, que des recherches systématiques, approfondies, dans le domaine de l’onomastique devraient constituer un pan important du champ immense et riche des sciences culturelles. Les résultats de ces recherches devraient valablement nous renseigner sur la rhétorique propre de ces noms; les investigations lancées mettraient en lumière les répertoires disponibles, leur cartographie, leur histoire, les schémas passés et actuels de la dévolution et de la circulation des noms, les fréquences relatives desdits schémas, les tendances communes… Vue sous cet angle, l’onomastique pourrait bien constituer une des clefs, parmi d’autres, à prendre en compte pour une analyse efficace des dynamiques culturelles à l’œuvre dans les sociétés contemporaines.

Tu serais surpris de constater la fréquence, de nos jours, des noms « à rallonge ». Cela est particulièrement vrai pour les femmes mariées. Sais-tu qu’une succession de six noms et prénoms est vite arrivée? Deux prénoms, deux « noms de jeune fille », et les deux que porte éventuellement l’époux. C’est exactement mon cas! Léonie Gisèle/Tatou Tsobozé/Metangmo Sobzé… En effet, la liste de nos différents noms et prénoms s’avère quelquefois tellement longue que nous  finissons par recourir à une sélection parmi les six ou sept que nous portons en tant qu’individu et en tant qu’épouse, afin de nous constituer une identité sociale et professionnelle raisonnablement gérable. Il s’agit, pour les dames, de pouvoir assumer tout à la fois l’héritage familial et l’alliance matrimoniale librement consentie. Dont acte! Mais dans quel ordre? D’abord le mien? Confusing!

Ah! Cette tendance constante à privilégier l’autre… Résisterai-je à la tentation de te citer un passage lumineux de Mulieris Dignitatem[10], Lettre apostolique du Souverain Pontife Jean-Paul II[11], évoquant une spécificité tout à fait ontologique – et non conjoncturelle ou culturelle – de la femme.

La mère accepte et aime comme une personne l’enfant qu’elle porte en son sein. Ce genre unique de contact avec le nouvel être en gestation crée, à son tour, une attitude envers l’humain – non seulement envers son propre enfant, mais envers l’humain en général – de nature à caractériser profondément toute la personnalité de la femme (1988 : 28).

Et pourtant je ne te surprendrais pas en te révélant que, dans un contexte perçu comme agressif à leur endroit, certaines femmes ont tendance à dissimuler derrière une orpheline initiale la féminité trop marquée d’un prénom, subodorant qu’un « L point » serait naturellement assimilable à Lucas, Léon et pourquoi pas Luther… Révélant une tendance comparable, lors d’une table ronde organisé par l’Organisation internationale de la Francophonie en 2001, une intervenante dont j’ai oublié le nom (il ne s’agit pas de moi, non…) reconnaissait avoir longtemps et violemment récusé la forme féminine « écrivaine » du fait – croyait-elle – des connotations négatives du qualificatif « vaine ». Elle préférait, de ce fait, la forme masculine « écrivain ». Mais, commentait-elle non sans humour, en assumant pleinement le label « écrivain », elle ne s’était jamais sentie autrement gênée par les connotations tout aussi négatives de la forme masculine « vain »! Ce fut un exercice d’autodérision tout à fait décapant, et salutaire.

Toujours est-il qu’avant même l’arrivée de notre premier frater, les quatre filles de monsieur Tatou formaient une fratrie. Tu sourirais en lisant ces lignes. Je dois dire ou redire que tu nous as légué l’irremplaçable héritage de l’amour et de la solidarité agissante : nous tâchons, en dépit des distances qui nous séparent, de faire front dans tous les combats, d’avancer de concert sur tous les chantiers importants. La présente missive fera-t-elle exception? Du reste, laquelle d’entre nous oubliera les chaleureuses veillées d’armes, désormais virtuelles, ponctuées et soutenues par les borborygmes bienveillants d’une vieille cafetière bien réelle?

Il reste qu’en toute logique, les quatre sœurs auraient dû être identifiables en tant que groupe comme une sororerie ou quelque chose d’analogue! À qui la faute? Qui donc aurait forgé pour nous le substantif adéquat sur la base, par exemple, du soror latin? Et pourquoi des mots comme « mairesse »[12], naguère vivants, ont-ils fini par disparaître? Doit-on soupçonner le français d’une propension à la masculinisation?

Foin de mairesse, donc, et de sororité! C’est probablement ce contexte de résistance de la langue française à la féminisation des noms de fonctions, de métiers et de titres (j’écris ces lignes avant l’acceptation de la cette féminisation par l’Académie française le 1er mars 2019[13]), qui justifie la propension des femmes à s’accrocher, comme si leur vie en dépendait, aux appellations masculines, plus valorisées socialement. Effectivement, leur existence en dépend! Ces dames se feront appeler Madame le Doyen, en toute cohérence, car le féminin doyenne renvoie davantage, dans notre imaginaire collectif de francophones, non pas à la prééminence académique, mais, de la manière la plus commune, à l’accumulation passive des ans. Il faut bien reconnaître que la langue française s’emploie à nous habituer à ce genre de dissymétrie. Alors, n’en déplaise à notre sacro-saint Robert qui enregistre bel et bien « maître d’œuvre », « maître de conférences » et « maître de recherches », mais pas le pendant féminin de ces expressions, Maria Candéa et d’autres militantes n’hésitent pas à signer hardiment, ou tout naturellement, « maitresse de conférence ». Quoi! Hors l’école primaire, et quelques contextes plus ou moins licites, il n’y aurait donc point de maîtresse?

Bien heureusement, chez les plus vaillantes d’entre nous, il émerge un engagement résolu et sans complexe.  C’est ainsi que tu les voulais, tes filles. Résolues et sans complexe… Comme notre mère nous le raconte aujourd’hui avec bonne humeur, tu ne partageais guère l’impatience de certains de vos collatéraux. Bien au contraire, tu répondais invariablement, fermement, aux unes et aux autres qu’un enfant était un enfant! Que ta ribambelle de filles te convenait parfaitement, si telle était la volonté de Dieu! Que le numéro un du Bureau international du travail, à Genève, était une femme! Il faut bien reconnaitre à cet égard que pour ton époque, et même pour celle d’aujourd’hui, tu exprimais là une position exceptionnelle. Étais-tu féministe à ta manière? Si oui, il ne pouvait s’agir que d’un féminisme à ton image : clairvoyant, généreux, limpide. Un féminisme humaniste, car nourri de valeurs d’empathie, d’ouverture. Un féminisme élargi à la dimension de l’Humain et du monde. Me revient alors la conclusion émouvante d’un des supports de cours découverts dans la fameuse malle.

« Pour trouver le chemin du salut, il faut aux Hommes des cœurs sans frontières ».


  1. Les termes accompagnés d'un astérisque sont expliqués dans le petit lexique à la fin du livre.
  2. Notre oncle Pierre apparaît dans tes notes sous l’appellation Ndiga Pierre, littéralement « mon aîné Pierre ». Ceci appelle deux ou trois remarques sur la turbulence dans laquelle sont entrés les usages linguistiques et culturels. C’était la formule d’adresse normale qu’exigeaient les règles de politesse en usage dans notre culture. Cette particularité, nous l’avons retrouvée à Garoua dans le Nord du pays : en fulfulde*, les termes d’adresse hamma, « frère aîné » et adda, « sœur aînée », rappellent notre ndiga, sauf que ce dernier, par contre, est épicène, puisqu’il désigne « l’aîné », homme ou femme. Aujourd’hui, les « grands », « tontons », « tatas » et « tantines » ont complètement saturé l’espace au sein du cercle familial et au-delà!
  3. Dans la région d’Edéa, à Marienberg, la première mission s’installa en 1890. En 1901, ce fut à Yaoundé, au quartier Mvolye. La ville de Dschang, naguère capitale de la région bamiléké*, aujourd’hui chef-lieu du département de la Menoua, s’est implantée sur un site à cheval entre deux groupements de villages : Foréké-Dschang et Foto. Petite parenthèse. Tu as connu l’emblématique Centre climatique de Dschang, puisqu’il date de 1940 ; à l’origine un centre de repos pour militaires des forces alliées, son emplacement fut choisi à cause du climat tempéré de la localité. Désormais, ta ville natale est nantie d’une université, l’une des plus prestigieuses de la sous-région Afrique centrale.
  4. Époux de ta sœur Jeannette et grand-oncle paternel de mon époux. Que d’interconnexions, n’est-ce pas?
  5. Ce nom se retrouve transcrit, ici et là, Houtsa, Aoutsa ou Woungtsa selon l’inspiration de l’officier d’état-civil en service le jour de la déclaration de naissance.
  6. C’est-à-dire celui qui allait hériter du titre de Fomony. Traditionnellement, les biens et le titre, le cas échéant, se transmettent à un seul héritier choisi par le chef de famille. Ce sera celui de ses fils qui aura manifesté les meilleures aptitudes à gérer et à faire fructifier cet héritage, à préserver la paix. En principe, de par son rang, l’aîné jouit d’une préséance naturelle qui l’élève au-dessus du reste de la fratrie et d’une compétition qui peut devenir âpre dans un contexte de forte pression foncière et de course effrénée aux honneurs… Il lui est d’ailleurs attribué un titre spécifique.
  7. Y compris la mienne, de connivence avec son collègue Fô Ngwalap Joseph Tamezé… Cela se passa pendant ton premier stage en France. Je devais avoir trois ans.
  8. Aire culturelle couvrant essentiellement les régions du centre et du sud du Cameroun.
  9. En 2017, Kouesso Jean Romain et Zacharie Sah ont publié un ouvrage intitulé Les Grassfields du Cameroun : des fondements culturels au développement humain.
  10. En français, « Dignité de la femme »
  11. Repéré sur http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/apost_letters/1988/documents/hf_jp-ii_apl_19880815_mulieris-dignitatem.html
  12. J’y ai fait allusion à l’occasion l’allocution (très applaudie… Allons! pas de fausse modestie!) que j’avais prononcée à l’occasion de l’élection de ma belle-maman comme magistrate municipale.
  13. Voir l'article http://www.academie-francaise.fr/actualites/la-feminisation-des-noms-de-metiers-et-de-fonctions

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