6 L’adhésion d’une revue existante au Grenier des savoirs

Comme pour les revues dites « nouvelles », l’adhésion d’une revue existante au Grenier des savoirs débute par l’incontournable étape du remplissage du formulaire en ligne. Il est important de rappeler que ce préalable n’a pas pour but de les phagocyter, mais de mettre en place un cadre favorable à la diffusion et à la valorisation de la science africaine et haïtienne en libre accès. Les revues candidates à l’adhésion devront donc partager les valeurs du Grenier des savoirs.

Quelles sont les prestations de base que le Grenier fournira aux revues existantes?

Une revue existante est aussi appelée une « ancienne » revue dans notre jargon. Celle-ci bénéficiera gratuitement d’un certain nombre de prestations. On citera entre autres : un site internet conforme aux standards, une indexation dans les bases de données internationales (Google, Scopus, Isidore, Mir@bel, etc.), un accompagnement et une formation de l’équipe de la revue au COPE  (Code of Conduct and Best Practive Guidelines for Journal Editors), un numéro ISSN pour sa version en ligne, un audit qualité DOAJ (Directory Open Access Journal), une révision linguistique des articles évalués et acceptés et des identifiants permanents Handle ou DOI, une publicisation internationale de la recherche menée dans l’institution qui héberge la revue, etc.

En échange, la revue doit accepter de se conformer aux politiques et au design des revues du Grenier des savoirs.

Comment le Grenier pourrait-il revitaliser une revue existante?

Avant de répondre à cette question, il faut rappeler quelques faits (non exhaustifs) qui expliquent en partie le malaise de la recherche dans les Suds : (a) les universités africaines et haïtiennes sont mal classées ou absentes des « rankings » internationaux; (b) les travaux des chercheuses et chercheurs africains ou haïtiens sont méconnus sur la scène internationale, parfois même au sein de leur propre université, ce qui explique le point a; (c) très souvent, les étudiantes et étudiants n’ont pas les moyens de s’acheter les revues en version papier; (d) les anciens numéros des  revues publiées localement sont très souvent indisponibles dans les bibliothèques des universités, etc. Pour répondre simplement aux préoccupations qui viennent d’être soulevées, voici ce que le Grenier des savoirs pourrait apporter à ces revues : les aider, au besoin et sur la base d’un contrat spécifique le cas échéant, à numériser entièrement tous les numéros déjà parus afin qu’ils soient librement consultables par la communauté scientifique; les aider à se hisser aux standards internationaux; leur offrir la possibilité de paraître régulièrement et de façon continue, etc.

La publication en libre accès signifie-t-elle la fin de la version papier?

À cette question, on répondra sans équivoque que les deux versions peuvent coexister librement. Grâce à notre partenaire ÉSBC (Éditions science bien commun), nos revues bénéficient d’un traitement exclusif. Notre mode de fonctionnement est décrit ci-dessous.

(a) Chaque revue du Grenier publie les travaux des chercheurs et chercheuses du monde entier sur son site.

(b) Nous réalisons une version PDF de la revue prête à être imprimer, version à partir de laquelle chaque auteur-e recevra un tiré-à-part de son texte.

(c) Pour permettre aux auteur-e-s d’utiliser leur tiré-à-part dans divers dossiers (changement de grade par exemple), la revue finance l’impression des exemplaires qui pourront aussi servir à alimenter les bibliothèques des universités ou des facultés.

Nota bene :

(i) Notre partenaire ÉSBC est un chantre du libre accès. Sur son site internet (https://www.editionscienceetbiencommun.org/), vous trouverez des livres de grande importance intentionnellement et librement mis en ligne afin qu’ils bénéficient à l’humanité toute entière.

(ii) Le financement dont on parle dans le point (c) permet à notre système de gestion de s’autogérer, car il est réutilisé pour des travaux ultérieurs d’édition, d’impression et pour accompagner les efforts des petites mains bénévoles qui travaillent au quotidien pour faire rayonner la science africaine et haïtienne au sein du réseau SOHA.

Quelle sera la contrepartie des revues existantes?

La revue existante qui décide d’adhérer au Grenier des savoirs devra s’engager à ne demander aucun frais de publication aux auteur-e-s qu’elle publiera désormais. Ce suppose qu’elle aura signé en amont un protocole d’entente, avec le Grenier, dans lequel elle accepte d’épouser la philosophie de notre plateforme. Les candidats à l’adhésion devront par exemple savoir que nous incitons nos revues à s’ancrer dans ses réalités sociales, contextuelles ou linguistiques. Bien que les anciens numéros de leur revue conserveront leur identité, les différents comités de la plateforme scienceafrique.org pourraient demander un changement du nom de la revue au profit d’une désignation qui sera librement choisie et reflètera son contexte. Les responsables de la revue veilleront néanmoins à ouvrir leur revue à l’Afrique et au reste du monde. Pour avoir des exemples de désignations socialement ancrées, bien vouloir consulter les revues de notre plateforme.

Quelles sont les dépenses que les revues du Grenier effectueront?

En dehors des prestations de base qui seront définies dans le protocole d’entente, les revues du Grenier pourront payer des services complémentaires pour s’affirmer qualitativement si elles le souhaitent. Toutefois,  elles resteront libres de demeurer dans la formule de base.

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Manuel du Grenier des savoirs de Florence Piron et Gilbert Babena est sous une licence License Creative Commons Attribution - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International, sauf indication contraire.

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