3 La bénédiction des communs

Biologiste américain, Garrett Hardin (1915-2003) a connu une audience considérable pour son essai paru en 1968 « La tragédie des communs », dont le titre résume parfaitement l’argument clé[1]. Ce dernier, comme l’a noté récemment l’historien Fabien Locher, est d’abord et surtout une « expérience de pensée » : « Un pâturage, mutualisé entre des éleveurs soucieux de leur prospérité économique, connaît une ruine inéluctable par le seul jeu de leurs conduites individuelles. Hardin entend ainsi démontrer l’incompatibilité entre propriété commune et durabilité des ressources »[2].

Le propos d’Hardin séduit par sa simplicité et ses entrelacements idéologiques. Le néolibéralisme – tout individu n’agit que selon son intérêt personnel et égoïste en bon homo-economicus –, ainsi que la peur démographique – le risque d’une « explosion » de la population mondiale, surtout des pays des Suds, décrit par exemple dans le bestseller The Population Bomb paru quelques années plus tôt – sont sans doute les deux fondations principales sur lesquelles se construit l’audience de cet argumentaire[3]. Chacune et chacun ne poursuit que son intérêt propre et celui des siens, et avec la multiplication des chacunes et chacuns à la surface du globe nous allons épuiser nos ressources (en multipliant nos animaux pour avoir de quoi survivre) au point d’épuiser et de désertifier notre pâturage, avant probablement de nous entretuer, tels les éleveurs imaginaires de Garrett Hardin. Telle est la ligne dystopique du récit.

Lorsqu’il présente sa communication « La bénédiction des communs » en août 1992, Amulya K. N. Reddy s’inscrit donc dans un débat déjà bien structuré, et notamment par la parution deux ans plus tôt de l’ouvrage de synthèse résolument opposé à Hardin d’Elinor Ostrom[4]. Comme le noteront dans une importante revue économique les deux rapporteurs de la conférence sur « Propriété commune, action collective et écologie » au cours de laquelle il intervient, le propos de Reddy dénote par son parti-pris résolument positif « au milieu des ténèbres des institutions en décomposition et des tragédies » sur lesquelles insistent nombre des autres communicants[5].

Amulya K. N. Reddy ne fait pas en effet de théorie économique, ni ne disserte sur les « paradoxes de l’action collective » et leurs « passagers clandestins » ou « free riders » rendus célèbres par le sociologue et économiste Mancur Olson[6]. On pourrait même s’étonner que Reddy ait écrit une contribution sur ce thème. Il se trouve que simplement, en physicien devenu spécialiste des énergies, et alors que la conférence se tient à l’Institut Indien des Sciences, sa propre institution, il développe selon son habitude une illustration empirique qu’il connaît en profondeur, « une étude de cas » écrit-il, « sur la façon dont le village de Pura, dans le sud de l’Inde, a triomphé de la ‘tragédie des communs’ ».

Les lectrices et lecteurs, sur le détail et sur le fond du propos, retrouveront donc certains des éléments concrets présents dans le texte de synthèse plus tardif proposé dans le présent recueil immédiatement avant celui-ci. Il ne s’agit pourtant pas dans cette « bénédiction des communs » de la même évaluation rationnelle et mesurée des avantages des méthaniseurs de village en tant que modes de production d’énergie rurale à bas coût. Mais plutôt, en 1992, et alors que l’expérience communautaire du village approche de la décennie de fonctionnement, de la confirmation pour le spécialiste indien que les énergies, comme d’autres ensembles de ressources collectives vitales, peuvent se trouver gérées à l’exemple de celles « qui ont contribué à la survie des villages indiens pendant des siècles, malgré les forces centrifuges qui les déchiraient ».

Le propos d’Amulya Reddy n’est donc ni naïf ni irénique. Il s’agit seulement, soutient-il ici comme dans le texte précédent, de constat et d’observation. À Pura, il y a, souligne-t-il, par l’intermédiaire du simple « dispositif » (“i.e device” écrit Reddy) de la récolte des bouses de vache issues des propriétés individuelles et de leur fermentation dans un vaste réservoir collectif, une forme de « confluence de l’intérêt individuel et de l’intérêt collectif de telle manière que ce dernier est automatiquement favorisé par la poursuite du premier »[7].

En un mot, toutes les familles, et d’abord les femmes, sont directement intéressées à l’accès à l’électricité pour les travaux du soir, à un combustible de cuisson bon marché, et à une eau de meilleure qualité grâce à la pompe du village. Ne pas coopérer, ce n’est pas rester « indépendant », c’est se punir soi-même.

Le biogaz de Pura n’est pas seulement un exemple d’innovation énergétique. Il est peut-être plus que cela, note Amulya K. N. Reddy dans la dernière phrase du texte, comme une forme « d’heuristique », comme un mécanisme pratique révélateur d’un mode communautaire d’action que le fonctionnement des méthaniseurs permet de faire émerger, et dont cet usage énergétique d’une bioressource spécifique nous invite à prendre conscience. Les villageois-es de Pura ne sont ni des saints ni une communauté de vertueux. Mais ils et elles savent faire taire leurs dissensions pour obtenir l’accès à l’énergie en tant que bien collectif.

Ainsi que le noteront au final les commentateurs de la conférence, « Reddy a rapporté que les villageois employaient une métaphore utile : tout comme nous laissons nos chappals (sandales) dehors lorsque nous entrons dans le temple, nous laissons nos différences et conflits derrière nous lorsque nous entrons dans le comité de développement et de gestion du biogaz »[8]. Une vraie « bénédiction des communs », en somme.

– Frédéric Caille

La bénédiction des communs

NdT : Le terme anglais de commons a souvent été traduit en français, sous l’influence la tradition juridique continentale, par celui de « biens communs », qui est cependant plus restrictif. Certaines ressources naturelles (réserves de pêche, sources primaires d’énergie, par exemple) ou immatérielles (connaissances, traditions culturelles) sont difficilement assimilables à des « biens », alors même qu’elles sont des commons ou Common Pool Ressources (CPRs), selon le terme proposé par la politiste américaine prix Nobel d’économie, Elinor Ostrom (Governing the Commons: The Evolution of Institution for Collective Action, New York, Cambridge University Press, 1990, traduit en français sous le titre plus étroit de Gouvernance des biens communs (Pour une nouvelle approche des ressources naturelles), Bruxelles, De Boeck, 2010). De même est-il noté en introduction du récent et riche Dictionnaire critique des biens communs (Cornu M., Orsi F., Rochfeld J. (éds.), Paris, PUF, 2019) que c’est l’éditeur qui a refusé le titre de Dictionnaire critique des communs proposé par les coordinatrices. L’usage en français du terme de « communs » et de sa portée étendue, y compris dans le domaine juridique, est cependant en voie d’affirmation. Voir par exemple : Étienne Le Roy, La révolution des communs et le droit. Nouveaux enjeux fonciers en Afrique, Amérique et en Europe, Ésbc, 2021.

1. La tragédie des communs

Le problème du gain individuel[9] par rapport aux intérêts d’une communauté a été souvent discuté dans les termes de la fameuse « tragédie des communs » décrite par Garrett Hardin (1968)[10]. Dans cette description, les avantages personnels que chaque individu/ménage retire de l’engagement et de la persistance dans la destruction d’un commun (c’est-à-dire d’une ressource communautaire) sont plus importants et immédiats que la perte personnelle résultant de la destruction finale, lente et à long terme, de ce même commun. Par conséquent, chaque individu/ménage choisit de tirer un avantage personnel immédiat plutôt que d’y renoncer et d’économiser le commun. Cette communication présente une étude de cas sur la façon dont le village de Pura, dans le sud de l’Inde, a triomphé de la « tragédie des communs ».

2. Le système des centrales communautaires de biogaz de Pura

Le système traditionnel à Pura pour obtenir de l’eau, de l’éclairage et des engrais (pour les champs) est illustré à la figure 1. Il a été remplacé entre 1987 et 1988 par le système actuel de centrales communautaires de biogaz [Reddy et Balachandra, 1989; Rajabapaiah et al., 1991] – dont les principaux composants et les flux d’entrées/sorties sont illustrés dans la figure 2. Le fonctionnement du système comprend les activités suivantes :

  1. la livraison des bouses de bovins par les ménages de 6h45 à 8h00 en hiver et de 5h00 à 7h00 du matin en été (24 % par les femmes, 27 % par les filles, 27 % par les garçons et 22 % par les hommes);
  2. le pesage des bouses livrées par les ménages possédant des bovins (80 % du total des ménages) et l’introduction des bouses dans le système en enregistrant leurs quantités dans le livret personnel[11] et dans les livres de comptes du système;
  3. la restitution des boues traitées à ceux et celles qui veulent les retirer;
  4. le mélange du fumier avec de l’eau dans un rapport de 1:1 (en volume) et le remplissage des installations de biogaz avec ce mélange;
  5. le déversement du lisier généré par les centrales de biogaz au travers du mélange de fumier et d’eau sur les filtres à sable permettant la filtration et la production de boues déshydratées;
  6. la libération du biogaz des centrales et son raccordement au moteur, en ajoutant la quantité requise de diesel et en démarrant le moteur bi-carburant et le générateur électrique;
  7. la fourniture d’électricité, soit pour faire fonctionner la pompe submersible et pomper l’eau du puits vers le réservoir aérien, soit pour l’éclairage électrique des maisons;
  8. le maintien de la propreté des installations de biogaz et de leurs environs;
  9. la visite des ménages pour recevoir les paiements pour l’éclairage électrique et pour effectuer les paiements pour la livraison de fumier aux centrales et…
  10. la tenue des registres et des comptes du système.

À part le point 1, c’est-à-dire la livraison du fumier aux micro-centrales et l’extraction des boues, toutes les autres activités concernant le fonctionnement des centrales de biogaz, le sous-système de production et de distribution d’électricité et le sous-système d’approvisionnement en eau, ont été réalisées par deux jeunes du village qui ont été employés par le projet.

Si l’on compare le système actuel des installations communautaires de biogaz avec le système traditionnel d’approvisionnement en eau, en lumière et en engrais, on constate que les ménages sont gagnants sur tous les plans. Non seulement les ménages n’ont rien perdu, mais ils ont gagné ce qui suit :

  1. une eau meilleure et plus sûre que l’eau du réservoir ouvert;
  2. moins d’efforts pour obtenir cette eau améliorée;
  3. un meilleur éclairage que les lampes à kérosène traditionnelles ou même que les lampes électriques fonctionnant sur le peu fiable réseau électrique basse tension;
  4. un éclairage moins coûteux pour les ménages qui utilisaient auparavant des lampes à kérosène;
  5. un engrais amélioré qui contient plus d’azote et qui est moins propice à la croissance des mauvaises herbes que le fumier de ferme et…
  6. des primes de livraison de fumier pour ceux et celles (principalement des femmes et des enfants) qui livrent le fumier aux centrales et reprennent les boues.

En outre, le village (en tant que collectif), par le biais de son Grama Vikas Sabha (comité de développement du village), a obtenu les avantages suivants :

  1. la formation et l’amélioration des compétences de deux de ses jeunes dans le domaine de l’exploitation et de la maintenance du système de biogaz;
  2. des emplois stimulants pour ces deux jeunes;
  3. des revenus pour le village dans la mesure où le paiement total reçu pour les produits du système livrés à l’intérieur des maisons peut dépasser les dépenses pour le diesel et les primes de livraison du fumier;
  4. un mécanisme puissant qui initie, assure et maintient la coopération à l’échelle du village, sans laquelle le village reviendrait à un mode de vie moins agréable en matière d’eau et d’éclairage;
  5. une nette amélioration de la qualité de vie en ce qui concerne l’eau (et donc la santé) et l’éclairage et…
  6. une avancée modeste mais significative dans la lutte contre l’érosion croissante de l’autonomie, grâce à la prise de conscience que l’état actuel et le développement futur du système énergétique peuvent être décidés et mis en œuvre par le village, c’est-à-dire que l’avenir des habitant-e-s dans ce domaine est entre leurs mains [Reddy et al., à paraître].

3. La bénédiction des communs

Le système de micro-centrales communautaires de biogaz de Pura illustre un principe que nous appellerons ici la « bénédiction des communs » – l’inverse de la célèbre « tragédie des communs ». Selon le principe de la « bénédiction des communs », le prix qu’un individu/ménage paie pour ne pas préserver les communs dépasse de loin tous les avantages qu’il pourrait avoir à ignorer l’intérêt collectif. En d’autres termes, il y a une confluence de l’intérêt personnel et de l’intérêt collectif, de sorte que l’intérêt des communs progresse automatiquement lorsque les individus poursuivent leurs intérêts privés. Dans le cas de Pura, la non-coopération avec les centrales communautaires de biogaz entraine la coupure de l’accès à l’eau et à la lumière pour le village, et c’est une perte personnelle trop importante (en particulier pour les femmes) pour compenser le petit avantage d’être un-e indépendant-e.

Figure 1. Système traditionnel d’obtention d’eau, de lumière et d’engrais

Traduction des termes, de gauche à droite et de bas en haut :

  • Cattle shed : Étable
  • Fields : Champs
  • Dung : Fumier
  • Cattle care : Soin du bétail
  • Manure : Fumier
  • House : Maison
  • Light : Lumières, éclairages
  • Long trip : Longue distance
  • Water : Eau
  • Kerosene lamps/unreliable grid electricity : Lampes à kérosène/réseau électrique peu fiable
  • Tank/handpump : Réservoir/pompe à main pour l’eau potable

Figure 2. Le système actuel de l’usine de biogaz communautaire à Pura

Traduction des termes, de gauche à droite et de bas en haut :

  • Cattle shed : Étable
  • Fields : Champs
  • Dung : Fumier
  • Cattle care : Soin du bétail
  • Sludge : Boue
  • House : Maison
  • Payment : Paiement
  • Dung delivery fee : Frais de livraison de fumier
  • Short trip : Courte distance
  • Water : Eau
  • Lights : Lumières, éclairages
  • Biogas plant : Usine communautaire de biogaz
  • Public taps : Robinets publics
  • Revenue for REC : Revenus pour l’entretien et l’extension
  • Biogaz : Biogaz, méthane
  • Enginegenset : Groupe électrogène bi-carburant (biogaz/diesel)
  • Payment for diesel : Paiement du carburant non biogaz
  • Pumpset : Pompe électrique pour l’eau potable

4. Initiative individuelle + contrôle par la collectivité locale – une troisième option

Avec l’expérience et la prise de conscience croissantes de nos jours des défauts du contrôle de l’État sur l’exploitation et la maintenance (règlementation) des communs, l’option de la privatisation (déréglementation) qui met l’accent sur le marché a été proposée comme une solution au problème de la surveillance et du pilotage/gestion des ressources et installations communautaires. Le marché, cependant, peut certes être un excellent répartiteur d’hommes, de matériaux et de ressources, mais il n’a pas un bilan très positif en ce qui concerne l’équité, l’environnement et le long terme, c’est-à-dire dans des situations justifiant un faible taux d’actualisation. Dans ce débat, on oublie invariablement que la catégorie d’action « initiative individuelle soumise au contrôle de la communauté locale », nécessaire pour les situations de « bénédiction des communs », est une troisième option distincte qui présente des caractéristiques très attrayantes.

À Pura, cette troisième option a réussi, sans contrôle extérieur, à maintenir et à faire fonctionner des systèmes d’approvisionnement en eau et d’éclairage électrique pendant plusieurs années. Elle a assuré la gestion prudente des ressources et suscité la coopération de tous les ménages du village. Enfin, elle s’est avérée nettement plus performante que le système centralisé d’électricité de réseau en matière de recouvrement des cotisations et de fiabilité de l’approvisionnement.

5. La bénédiction des communs – la clé de la survie des villages

Il doit y avoir de nombreux exemples de « bénédiction des communs » qui ont contribué à la survie des villages indiens pendant des siècles, malgré les forces centrifuges qui les déchiraient. Parmi ces exemples, on peut citer l’entretien des réservoirs villageois, des terres et des bois communaux, etc. Il est important de découvrir et d’utiliser de tels exemples pour la conception des projets de développement rural. Dans le cas de Pura, l’expérience des micro-centrales communautaires de biogaz peut valoir en tant qu’heuristique (c’est-à-dire dispositif d’expérimentation et de découverte) pour concevoir les scénarios d’avenir des centres énergétiques [Reddy et al., à paraître].

Bibliographie

Hardin, Garrett, 1968. « The tragedy of the commons », Science, 162, p. 1243-1248.

B.R. Pai et M.S. Rama Prasad, 1991. Ch. 7, p. 66-75, Tata McGraw-Hill Publishing Company Limited, New Delhi.

Rajabapaiah, P., Jayakumar, S. et Reddy, A.K.N., 1991. « Biogas electricity — the Pura village case study », ch. 19, p. 790-815, in Fuels and Electricity from Renewable Sources of Energy, (eds.) Johansson, T.B., Kelly, H., Reddy, A.K.N., and Williams, R.H., Island Press, Washington, D.C.

Reddy, A.K.N. et Balachandra, P., 1989. « The economics of electricity generation from the Pura community biogas system », Seminar on the « Techno-economic considerations of power generation using renewable sources of energy », November 27-28, Karnataka State Council for Science and Technology, Indian Institute of Science, and published in Power Generation through Renewable Sources of Energy, (eds.)

Reddy, A.K.N., Somasekhar, H.I., Rajabapaiah, P. et Jayakumar, S. Scenarios for the Evolution of the Pura Energy Centre, International Energy Initiative et ASTRA, Indian Institute of Science (en cours de publication).

 


  1. Garrett Hardin, « The Tragedy of the Commons », Science, 162, December 1968, 1243-1248.
  2. Fabien Locher, « Les pâturages de la Guerre froide : Garrett Hardin et la ‘Tragédie des communs’ », Revue d’histoire moderne & contemporaine, 2013/1 (n°60-1), 7-36, disponible en ligne : https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2013-1-page-7.htm Voir aussi : https://lejournal.cnrs.fr/billets/la-tragedie-des-communs-etait-un-mythe#footnote1_1rz12gh
  3. Paul P. Ehrlich, The Population Bomb, New York, Ballantine, 1968.
  4. Elinor Ostrom, Governing the Commons: The Evolution of Institution for Collective Action, New York, Cambridge University Press, 1990, traduit en français sous le titre plus étroit de Gouvernance des biens communs (Pour une nouvelle approche des ressources naturelles), Bruxelles, De Boeck, 2010.
  5. Sinha Subir et Herring Ronald, “Common Property, Collective Action and Ecology”, Economic and Political Weekly, 3-10 jul. 1993, 1425-1432.
  6. Mancur Olson (1932-1998) a expliqué le « paradoxe de l’action collective » comme le fait que dans une action de ce type (par exemple action syndicale, grève, etc.) il est « rationnel » pour certains individus de s’abstenir de supporter les « coûts de l’engagement » (retenue sur salaire, etc.), puisqu’ils bénéficieront au final des « bénéfices » de cette action s'il y en a (augmentation pour tous). De même un « passager clandestin » qui ne paierait pas un transport public. D’où le « paradoxe » : pourquoi s’engager? L’ouvrage d’Olson, paru en 1965, est traduit en français en 1978 seulement : https://www.persee.fr/doc/rfsoc_0035-2969_1980_num_21_3_5030. Il est cité dans les références du compte-rendu mentionné dans la note précédente.
  7. Il s’agit, ici mot à mot, de ce que résument les rapporteurs de la conférence.
  8. Le propos est repris en note par Reddy lui-même dans le texte plus tardif qui précède celui-ci (note 15).
  9. Communication présentée à la conférence internationale Common Property, Collective Action and Ecology, août 1992, Centre for Ecological Sciences, Indian Institute of Science, avec le soutien du Social Science Research Council (New York), de la Smithsonian Institution (Washington) et de la Ford Foundation (cf. rapport de Subir Sinha et Ronald Herring, Economic and Political Weekly, 3-10 juillet 1993, 1425-1432). Le texte est repris dans la revue Energy for Sustainable Development en mai 1995 (vol. II, n°1, 48-50).
  10. Garrett Hardin, « The Tragedy of the Commons », Science, 162, décembre 1968, 1243-1248.
  11. Il est similaire à un livret bancaire - le fumier livré étant un crédit comme de l'argent déposé et la boue récupérée ensuite étant débitée comme l'argent retiré.

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