1 « Une nouvelle cartographie de la Palestine ». Quand la géographie intime résiste à la Dilution

Léda Mansour

Essai littéraire en cours

La force de l’imagination active

Souvent, je me réveille la nuit, vers 3 heures du matin. Je me mets à mon bureau pour lire, écrire et écouter des podcasts sur YouTube : les pensées de Carl Jung, les leçons du stoïcisme, les sermons des maîtres du développement personnel. Sans oublier l’oracle rendu par les prophètes de l’héroïsme contemporain où l’être fort met tout à feu et à sang grâce à ses « objectifs et perspectives »! C’est ainsi que j’ai découvert la technique psychologique de l’imagination active! Cette méthode consiste à créer des images et des voix intérieures pour ensuite dialoguer avec elles. Et je sais qu’elle est l’unique outil viable pour parler Palestine et Gaza. Ce qui suit est donc une construction mentale où le temps, la guerre, l’histoire sont soumis à ma conscience imaginale.

L’isolation d’un détail par le geste du Zoom avant

Il semble qu’un geste de « zoom avant » s’opère de la part des gouvernements israéliens, visant à mieux exercer une sorte de dilution de l’histoire globale palestinienne, géographie et populations.

Sans chercher un commencement exact, un cycle récurrent et dévastateur s’affirme avec l’opération « Pluies d’été » en 2006, suivie par la guerre baptisée « Plomb durci » en 2008-2009. Quelques trêves fragiles, régulièrement brisées, ont mené à des opérations comme « Pilier de défense » en 2012 puis une longue offensive l’été 2014 dénommée « Bordure protectrice ». Après d’autres affrontements et raids successifs, la décennie suivante a vu germer de nouvelles flambées, notamment « Gardien des murs » en 2021 et les courtes opérations de 2022 et 2023. Enfin, l’attaque du 7 octobre 2023 déclenche une des guerres les plus intenses que la région ait connues à ce jour, avec toujours un focus sur la ville de Gaza sous l’opération nommée « Mivtsa Harbot Barzel » ou « Épées de fer ».

Imaginons maintenant ce geste de Zoom avant :

Le caméraman armé engage un zoom avant. Lentement la ville (Gaza), initialement visible au milieu d’une vaste carte géographique (Nazareth, Naplouse, Haïfa, Jaffa, Jérusalem, Cisjordanie, Néguev…), se met à grossir, occupant tout l’écran et chassant brutalement le monde extérieur. À chaque guerre et raid, l’objectif rétrécit le champ de vision, créant un sentiment palpable d’isolation. Un siège optique se resserre. La ville de Gaza, désormais seule, devient une cible unique. Le zoom ne cesse pas, il continue, impitoyable, pour inclure quartiers, routes, périphéries qui, à leur tour, se font éliminer du cadre. L’objectif, animé par une faim visuelle, se concentre sur le cœur de la ville. Tout chirurgical, il réduit la ville à un seul bloc de maisons, à une unique rue, comme une peau de chagrin, il exerce une dévoration cartographique inéluctable. Ainsi, des villes et villages entiers sont gommés, leur histoire, leurs populations, leur diaspora se rétractent, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’un seul point d’impact, isolé et terminal : Gaza.
Par-là, les gouvernements israéliens procèdent à une double stratégie. D’une part, ils opèrent la dilution d’une histoire et d’une géographie palestinienne bien antérieures à 1948. D’autre part, ils affirment le dispositif de substitution (ou de remplacement), mis en œuvre depuis 1948 par l’implantation d’une population par une autre. Dans ce sens, les récits, témoignages et archives orales/écrites/filmées sur les villes et villages qui circulaient par les médias, le cinéma, les réseaux, les livres et autres canaux de transmission, tendent à être effacés pour que tous les yeux soient braqués sur une unique zone de guerre. Cette logique gouvernementale se traduit par « je concentre le regard sur une cible pour rendre invisible toute l’histoire de la Palestine ».

Qui sait! Un jour, zoom après zoom, l’on regrettera le temps où l’on ne parlait que de Gaza, la logique du gouvernement israélienne passerait probablement à une entité encore plus infime.

Le contre-zoom narcissique : un zoom arrière sur mon histoire palestinienne

Non. Mon imagination active refuse de se plier à ce braquage d’yeux sur une orpheline zone de guerre. Alors je vais détourner ce détournement. Je vais maintenant retrouver le plan large qui me concerne personnellement pour ainsi dessiner ma propre géographie intime.

C’est en 1870, bien avant les « pluies d’été » de 2006, dans les archives officielles, plus précisément dans un document administratif ottoman, qu’apparaît le nom de mon trisaïeul (ou arrière-arrière-grand-père), Abd el-Hadi fils de Mansour. Il se situe à la quatrième génération au-dessus de moi.

Le contre-zoom me dépose sur une hauteur : notre village, Saffourié, l’antique Sepphoris en Galilée, au nord de Nazareth. Les archéologues affirment que le site est occupé depuis l’âge de fer, mais mon imagination me fait entendre le mot syriaque Sefre (oiseau), désignant le village perché comme un nid. Je n’ai jamais regardé face-à-face la mosaïque « Vénus de Galilée » découverte en 1989 dans la Maison de Dionysos; je vois mon trisaïeul foulant cette terre, ignorant que cette beauté dormirait sous ses pieds pendant des siècles. J’entends les prières des pèlerins à l’époque byzantine et des croisades, invoquant Hannah, mère de la vierge Marie, qui aurait vécu dans mon village avec son époux Joachim.

Ce patrimoine historique, ni la guerre, ni le zoom, ne peuvent le diluer.

Mon grand-père, né en 1914, travaillait à Haïfa pour une compagnie pétrolière anglaise. Son propre père, propriétaire d’une maison à sept arcs près d’une source d’eau, l’avait mis à la porte pour qu’il s’émancipe avec sa femme, ma grand-mère.

Originaire de Loubieh, à l’ouest de Tibériade, Grand-mère ne savait ni lire ni écrire et pourtant, elle incarnait à elle seule les arcanes de la puissance féminine pour toute sa descendance. Mon père disait qu’elle « pouvait diriger un pays entier ». Huitième fille à survivre après la mort, à la naissance, de ses sept sœurs aînées. Elle portait sur le menton un tatouage bleu-noir. Ce n’était pas un ornement, mais la contrepartie d’un pacte. C’était la promesse tenue d’une mystérieuse voyante, faite à condition que la petite fille reste vivante « si la vie la garde, je reviendrai la marquer ». L’Histoire aussi l’avait marquée par ses aiguilles, cette fois-ci dans le cœur. Un de ses frères était tombé lors de la Grande révolte arabe de 1936 contre l’occupation anglaise, un drame qui, comme la révolte elle-même, fut éclipsé et précipité dans l’oubli par le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. On appelait Grand-mère « la sœur des révolutionnaires ».

On peut ôter la vie et la terre mais jamais le vœu d’une transmission. Son rêve était de savoir lire et écrire, sa lignée l’a fait.

J’ai ainsi commencé à imaginer cette maison, comme une tentative de restituer ce paradis familial perdu. J’ai cherché le style de construction de l’époque en demandant à l’intelligence artificielle de me la dessiner. J’ai obtenu cette création :

 

Image générée par Gemini

Mon contre-zoom narcissique n’est pas un voyage passif sur le Net, c’est une investigation dans le passé dilué. Le seul indice concret que j’ai obtenu est « la maison de tes grands-parents était située près d’une source d’eau ». J’arrête mes podcasts de développement personnel, je me mets à contacter de vraies personnes habitant Nazareth.

À la quête d’un Graal liquide, je leur pose des questions essentielles : combien de sources desservaient Saffourié à cette époque? Quel est le nom exact de ces veines vitales? Et surtout, quelles énigmes cachent ces sources dans l’imaginaire local : sirènes, trésors? Quelle guérison coulait de cette eau? Ouvrait-elle un portail vers d’autres mondes où l’on croiserait des ondines et génies de l’eau? Car, je me souviens des contes racontés par ma grand-mère au Liban : elle était convaincue que, sous la terre de Palestine, où l’on fouillait, on trouvait inévitablement des trésors. De Nazareth, une personne m’a aidée pour connaître le nom de la plus célèbre source Ayn Qastal qui alimentait le village et un gigantesque réservoir souterrain à l’époque antique. On m’a envoyé les merveilleuses photographies de Jamal Kiwan, originaire de mon village. J’ai eu le cœur qui bat lorsque j’ai été immergée dans la couleur verte :

© Jamal Kiwan « Paysage du village en direction du nord »

J’ai même découvert qu’à mon village, le coquelicot poussait :

© Jamal Kiwan « Coquelicots dans les vergers de Saffourié »

Je me souviens du mythe d’Ishtar et d’Adonis. Pour sauver leur amour d’une bête féroce, Adonis versa son sang, d’où jaillirent des coquelicots. Ainsi est né le printemps. Mon village est l’héritier des résurrections florales. Entre mémoire des martyrs et passion d’Ishtar, la vie bourgeonne en baisers volés sous l’aile de la déesse de l’amour Aphrodite.

Les yeux grands ouverts, je tombe sur l’image d’une vallée :

© Jamal Kiwan « Vallée de Saffourié s’étendant jusqu’à Haïfa »

Est-ce à dire que cette vallée fut le rendez-vous amoureux dans mon village? Qui a aimé qui ici? Qui a lavé son visage avec l’eau de la vallée?

J’ai par la suite eu une discussion avec un archéologue qui m’a aimablement envoyé l’image tirée d’une mosaïque de la villa de Dionysos :

© Dr. Elias Khamis, University of Oxford. « Vénus de la Galilée »

Pourtant, il m’a confié que l’identité de cette femme reste incertaine. On l’a nommée Vénus parce qu’elle incarnait la beauté parfaite, car toute femme resplendissante possède, au fond, quelque chose de l’âme d’Aphrodite.

Aujourd’hui, les terrains et les vallées sont accaparés par des étrangers, venus essentiellement d’Europe. Quant aux anciennes demeures, celles de mes ancêtres et des villageois, elles sont détruites, balayées par une loi d’« arbrisation » qui a ordonné de planter pins et autres arbres pour couvrir toute trace. Ainsi, ironiquement, ces étrangers venus d’ailleurs semblent écologiser mon village tout en enterrant les empreintes mêmes de son histoire. À l’inverse, ce vieux village enfoui ne peut se faire déterrer qu’en coupant ces arbres! Mais qui oserait couper un arbre et briser le sortilège de l’enfouissement uniquement pour changer son destin?

C’était comme si je construisais mon arbre généalogique qui ne peut se faire, semble-t-il, sans la généalogie des puits, de l’eau, des arbres, des fleurs. Mon village d’origine révélerait-il ma biophilie?

Les sirènes chantent : expulsion de 1948

Si la caractéristique d’une source d’eau est de concentrer la vie dans un ruisseau, tuyaux, robinets, puits, dans des canalisations organisées, il est tout de même possible de détourner cette source pour la dilapider partout. Les gouttes deviennent amères, car l’eau est empoisonnée, devient imbuvable. Ainsi, mon père raconta qu’au mois de Ramadan 1948, un voisin est venu leur annoncer que les forces israéliennes allaient attaquer le village. Leur tour est arrivé!

Une lettre a été écrite par mon père pour décrire en quelques pages ce qu’il s’est passé pendant l’expulsion : était-il silencieux en fuyant les armes? Avait-il pu toucher une olive en marchant parmi les oliviers? A-t-il réussi à dormir la nuit? Les villageois de Saffourié ont témoigné en parlant de leur combat mené sans coordination ni contact entre eux, c’était la survie face aux barils chargés et jetés par le bombardement israélien « chacun de nous combattait, seul et pour se défendre! ».

Pour ne pas mourir, lorsqu’une sirène chante, on doit se boucher les oreilles, mais que faire lorsque le baril contient des fragments métalliques, des clous et des verres?

C’est cette même solitude face à une violence surprenante (une surprise violente) qui rend difficile la lecture de cette lettre : à ma demande, mon père l’a rédigée, j’ose à peine l’ouvrir. Je vous en parlerai une autre fois. Le temps fera son œuvre!

Pourquoi ne pas en parler maintenant? On va me dire!

Car, lorsque je me souviens de tout ce que j’ai lu dans le roman d’Elias Khoury La porte du soleil qui raconte cet exode, je revois les divinités de la terreur : les enfants morts étouffés par peur que les attaquants entendent et retrouvent les expulsés, le silence glacial de la marche continue, l’abandon des corps de ceux qui ne pouvaient pas survivre et l’attente absurde des réfugiés qui croyaient pouvoir rentrer au village le lendemain.

Ainsi, je préfère ne pas ouvrir la lettre.

En revanche, j’ai récemment posé d’autres questions à mes tantes encore vivantes : mes grands-parents, comment étaient-ils? Tendres et amoureux? Elles m’ont raconté que sur la route de l’expulsion, ma grand-mère était enceinte d’une autre tante. Arrivée à Nabatiyeh, ville du Sud Liban, la famille était à la merci du temps et de l’inconnu. C’est là un détail anti-dilution : les Libanais chiites, m’ont-elles dit, n’aimaient pas manger du foie et certaines tripes, aussi, les bouchers offraient ce foie à mon grand-père pour nourrir sa femme enceinte et s’assurer qu’elle ne manque pas de protéine.

Quelque part dans ce Liban, il existait une source qui donnait du sang à ceux qui en avaient besoin. Ma cartographie s’agrandit luttant contre la dilution! Mais cette victoire de la solidarité me pousse à reposer la question initiale : de quoi parle-t-on concrètement quand on parle de dilution de l’Histoire?

Livre Guinness des records : le plat israélien le plus salé du monde entier

J’ai longtemps cherché un terme qui comblerait le manque que je ressens face à la terminologie souvent utilisée pour décrire la réalité palestinienne : remplacement? Non. Invasion? Non. Colonisation? Non… À force de suractiver mon imagination, j’ai trouvé : « dilution » certes, mais plus encore « dissolution », comme le fait de dissoudre le sel jeté dans l’eau. D’abord solide et visible, le sel finit par se volatiliser sous nos yeux et devient transparent. Or, la disparition n’est qu’optique, car la substance n’a pas été effacée, mais dispersée sous forme d’ions dans chaque parcelle du liquide. Le goût, fidèlement, persiste prouvant que même dans l’invisibilité, la saveur de l’essence demeure.

C’est de cette manière que le futur s’écrira : l’entité palestinienne deviendra « affaire de goût » pour les futurs gouvernements israéliens, pour les futurs militants israéliens qu’ils soient pro-Israël ou pro-Palestine. Imaginé autrement, l’être palestinien sera dissout, tel le sel dans l’eau, dans la cuisine israélienne! Cette image exige forcément un peu de recherche : qu’est-ce que la cuisine israélienne? Quel est le plat préféré des Israéliens? Quel plat irrésistible ont-ils inscrit dans la Convention de sauvegarde du patrimoine immatériel?

Dans une perspective anthropologique de la nourriture, Meidad Benichou effectue une recherche sur la fabrique de l’identité culinaire israélienne en 2023.

Sans me dissoudre dans les problématiques postulées sur le travail du « Centre pour la culture de l’Alimentation Asif » qui fabriquerait, selon l’auteur, de nouvelles « identités culinaires », ces dernières seraient, paradoxalement, à la fois authentiques et exotiques, mon flair fut plutôt attiré par le genre de plats et de recettes cités. En tous cas ceux où se cristallise un « patriotisme sentimental et ordinaire ». Il semble que les ressources culinaires de prédilection proviennent de la cuisine relative à Jérusalem et à la cuisine arabe, ainsi que des plats venant des Balkans, d’Allemagne et d’Iran.

Dans les récits intimes des femmes du foyer israéliennes, on peut retrouver un plat arabe comme el sayadiyeh : typique de la cuisine arabe, consistant en un poisson frit accompagné de riz. Pour moi c’est un peu la paëlla espagnole. Dans cette recherche, la cuisinière « explique la recette et indique une étape importante (la réutilisation de l’huile de friture lors de la préparation du riz) ainsi qu’une touche personnelle (la préparation d’une sauce piquante) qui ajoutent beaucoup de saveur au plat selon elle, affirmant ‘‘ne le manger que de cette façon’’ »!

Cela étant dit, il est certain que les Israéliens utilisent du sel dans leur cuisine. Ce sel comme on l’a vu là-haut se dissout, mais le goût persiste. Justement, le sel est le Palestinien enfin dissout; il loge, bien dilué, à chaque plat israélien. On pourra d’ailleurs à l’avenir organiser un concours du sayadiyeh le plus salé au monde, pour l’inscrire dans le Livre Guinness des records!

Ce monde est, avouons-le, déroutant! Coller des concepts aussi lourds que le « patrimoine » au « riz », ou « l’identité » à la « soupe », n’est rien d’autre qu’une folklorisation spectaculaire du besoin humain le plus simple et le plus élémentaire : celui de se nourrir. L’ironie est absurde lorsqu’on observe cette même logique atteindre les Palestiniens en les voyant courir ces concours mondiaux, cherchant à inscrire au palmarès leur plus grande boulette de Falafel.

Un contexte existentiel si mélancolique, transformé par une recette magique, en une grenouille à manger. Quel gaspillage!

Rezoomer l’infiniment dilué

Mais quel sentiment, patriotique ou culinaire, éprouverait un Israélien le jour où il apprend qu’au fond de son assiette, et par conséquent, dans son ventre, nagerait une substance palestinienne? Achèterait-il des vomitifs qui l’aiderait à chasser tout effet de dégoût? Il convient ainsi de se protéger en amont en prenant des vitamines et minéraux, suffisamment solides pour construire un système immunitaire puissant afin d’ingurgiter des mets si douteux!

Voilà le récit d’une indigestion difficile, sinon impossible. Il convient, dans ce cas, de se mettre au sport qui mobilisera les obliques, le système digestif et évidemment les abdos! Pour le peuple israélien, être condamné aux laxatifs et au sport n’est certes pas la pire pathologie qui puisse leur arriver, mais tout de même, c’est inconfortable; une gêne que seule une pharmacopée assidue pourrait apaiser.

À cet effet, il faudrait mener une recherche statistique pour savoir si le peuple israélien est consommateur de compléments alimentaires ou non? Certaines estimations parlent d’un tiers de la population israélienne qui consommerait des compléments et vitamines. Le marché des compléments nutritionnels semble être en constante croissance. Les compléments les plus achetés sont les : vitamines C, multivitamines, acides gras. Les oméga 3 sont très populaires, en plus des probiotiques.

Les trois étapes de dilution sont ainsi :

— Le sel est dissout dans le corps; réalité incorporée
— J’ajoute de l’eau pour atténuer le goût salé; tentative d’adoucissement de la réalité
— Grâce à la dilution homéopathique qui consiste à répéter à l’extrême le phénomène (9 dilutions au centième), j’arrive à une dilution infinitésimale. Or, à force de répétition et d’ingurgitation de mets douteux, la solution est vigoureusement dynamisée; résurgence obstinée et violente de l’amertume. C’est un cas de paradoxe homéopathique.

En effet, ceux qui mangeraient trop de ce plat finiront par digérer une idée vraiment défraîchie : celle qu’il serait aisé d’oublier les goûts amers qui nous rebutent! Seul un chevalier attiré par le jeûne saura s’en sortir à merveille! Il s’échappera de la Forêt des illusions […].

Mention de la source du contenu multimédia

  • Photo générée par IA (Gemini), 2025
  • Jamal Kiwan, 2025 « Paysage du village en direction du nord » © Jamal Kiwan
  • Jamal Kiwan, 2022, « Coquelicots dans les vergers de Saffourié » © Jamal Kiwan
  • Jamal Kiwan, 2024, « Vallée de Saffourié s’étendant jusqu’au Haïfa » © Jamal Kiwan
  • Dr. Elias Khamis, University of Oxford, 2011, « Vénus de la Galilée »

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