2 Nommer les acteurs de la question de Palestine : Israéliens et Palestiniens
Ahmed Alustath
Cet article est un extrait de la thèse qu’Ahmed Alustath a consacrée à la manière dont la question de Palestine est formulée au sein du discours institutionnel international, à partir d’un corpus de textes des Nations Unies (Alustath 2023). Cette thèse, intitulée La question de Palestine au sein du discours institutionnel international : une analyse outillée du discours de l’Organisation des Nations Unies, a été soutenue à l’université de Franche-Comté le 14 décembre 2023, soit quelques semaines après le 7 octobre et le début de la guerre d’anéantissement contre Gaza. Le travail pionnier d’Ahmed Alustath, qui ne concerne donc pas la période 2023-2025 traitée dans cet ouvrage, est cependant fondamental pour comprendre les enjeux lexicaux des dénominations qui balisent les discours autour de ce que Edward Said avait appelé justement « la question de Palestine », qui reste posée depuis 1948 et qui trouve ses origines dans les débuts du sionisme. Au-delà des « guerres des mots » relayées dans les discours médiatiques, l’analyse textométrique montre avec précision comment les dénominations sont liées aux événements historiques et aux représentations construites par les organismes internationaux, importants producteurs de noms et de formules.
Les coordinatrices
Introduction
Dès le début de la question de Palestine, de nombreux acteurs nationaux, régionaux et même internationaux ont été impliqués à des périodes variées, dans des rôles différents et pour des raisons diverses. Mais elle a toujours connu deux acteurs principaux, les Israéliens et les Palestiniens, dont l’implication remonte à l’origine du conflit au début du XXe siècle. Au cours de la longue période des productions onusiennes – 70 ans jusqu’en 2017 – ces deux principaux acteurs sont évoqués sous des dénominations différentes faisant ainsi référence à des contextes complexes caractérisés par la variété des statuts ethniques, nationaux, confessionnels, juridiques et politiques qui sont octroyés aux Israéliens et aux Palestiniens.
Les dénominations utilisées, ainsi que les différents statuts qui y sont attachés, jouent d’ailleurs un rôle central dans les enjeux de légitimation et de reconnaissance pour l’un comme pour l’autre. En effet, il s’agit de justifier l’appartenance nationale, territoriale ou étatique et d’avoir une influence sur l’accès aux droits fondamentaux, politiques et religieux, ainsi qu’aux ressources naturelles. De tels enjeux nous incitent alors à relever et analyser les dénominations désignant les deux parties dans les discours de l’ONU et à mettre en lumière les statuts qu’elles sous-tendent.
Les dénominations désignant les Israéliens et les Palestiniens
L’exploration du corpus[1] au moyen de l’outil textométrique et de ses différentes fonctionnalités nous a permis de repérer plusieurs dénominations qui désignent les Palestiniens et les Israéliens dans des contextes différents au cours de l’évolution diachronique du corpus de l’ONU sur la question de Palestine. Ces dénominations présentent une variation lexico-grammaticale qui fait qu’elles diffèrent sémantiquement par rapport à ce à quoi chacune réfère. Pour mieux les présenter dans le cadre de ce volet, nous les classons selon les patrons lexico-grammaticaux à partir desquels ces dénominations sont constituées.
• Le patron {noms propres}[2] : il s’agit de plusieurs termes spécifiques commençant par une majuscule qui désignent les acteurs de la question de Palestine en revoyant à leur confession et leur ethnie tels que les ethnonymes Juifs et Arabes, ainsi qu’à leur identité nationale tels que les démonymes Palestiniens et Israéliens;
• Le patron {communauté(s)^adjectif} structure les syntagmes communauté juive, communauté arabe, communauté juive et arabe de Palestine et communauté(s) palestinienne(s); les adjectifs juive, arabe et palestinienne(s) qualifient ces communautés selon l’ethnie, la confession et l’identité nationale de ses membres;
• Le patron {population(s)^qualificatif} inclut trois catégories nominales différentes formée à partir du noyau populations(s) :
(1) les expressions du patron {population(s)^adjectif} qui renvoient à des critères relatifs à l’ethnie, l’identité et à la citoyenneté de ces populations;
(2) les toponymes du patron {population(s)^complément de nom} où les populations sont identifiées par l’entité territoriale à laquelle elles appartiennent;
(3) les toponymes du patron {population(s)^adjectif^complément de nom} où les populations sont à la fois identifiées par leur qualité de citoyenneté et leur identité nationale, ainsi que par les lieux auxquels elles appartiennent (cf. figure n° 1);
• Le patron {peuple^qualificatif} correspond à deux syntagmes nominaux :
(1) l’ethnonyme[3] peuple de Palestine dont le complément de nom de Palestine indique le territoire d’où ce peuple provient;
(2) l’ethnonyme peuple palestinien dont l’adjectif qualificatif palestinien clarifie l’identité nationale du peuple;
• Le patron {citoyens^qualificatif} correspond à deux syntagmes nominaux :
(1) la dénomination citoyens palestiniens dont l’adjectif palestiniens renvoie à l’identité nationale;
(2) la dénomination citoyens du territoire palestinien et des autres territoires arabes occupés dont les compléments de nom renvoient à des entités territoriales auxquelles appartenant des citoyens palestiniens et arabes[4];
• Le patron {colons^adjectif} structure le syntagme colons israéliens dont l’adjectif qualificatif israéliens qualifie l’identité nationale des colonisateurs.
Les patrons lexico-grammaticaux que nous présentons ci-dessus synthétisent alors les syntagmes repérés dans le corpus qui dénomment les Palestiniens et les Israéliens. Au moyen de la fonctionnalité index du logiciel TXM, nous avons pu calculer les fréquences de ces syntagmes qui s’avèrent très hétérogènes. Dans le tableau de la figure n° 1, nous illustrons et mettons en évidence l’effectif absolu de chaque dénomination.

Figure n° 1. Palestiniens et Israéliens dans le corpus de l’ONU : tableau des dénominations et fréquence d’emploi
La fréquence des dénominations constituées avec le noyau population(s) vient ensuite en troisième position, notamment en raison de leurs nombreuses variantes lexico-grammaticales qui permettent de désigner les Palestiniens selon des critères différents, dont notamment l’identité nationale et le territoire de provenance. Puis, c’est l’expression colons israéliens qui suit en termes de fréquence; elle désigne les Israéliens, mais plus particulièrement ceux qui vivent dans des colonies situées dans les territoires palestiniens et arabes occupés. Enfin, ce sont les syntagmes qui sont constitués avec les noyaux citoyens et communauté(s) qui présentent les fréquences les plus basses, ce qui peut être imputé au nombre limité des contextes où les individus dénommés sont perçus comme une communauté ou des citoyens. Dès lors que les fréquences absolues des syntagmes requis sont déterminées, il nous paraît important, avant d’observer la circulation des syntagmes dans les parties annuelles du corpus, d’avoir des définitions précises de leurs noyaux afin de déterminer les subtilités linguistiques et sémantiques faisant différer ces dénominations les unes des autres.
Les représentations sémantiques des noyaux des dénominations
On peut donc constater que les dénominations désignant les Palestiniens et les Israéliens dans le corpus se constituent à partir de patrons lexico-grammaticaux différents, ce qui fait qu’elles varient prodigieusement d’un point de vue sémantique. Mais cette variété sémantique s’appuie essentiellement sur la variété du noyau de chaque dénomination, c’est-à-dire sur la variété des noms qui entrent dans leur constitution, à savoir Arabes, Juifs, Palestiniens, Israéliens, communauté, population, peuple, citoyens et colons. Pour mieux se rendre compte des variations d’emploi diachronique et géopolitique de chaque dénomination dans les discours de l’ONU, ainsi que de ce qu’elles désignent, il nous semble essentiel de définir ces notions d’un point de vue politique et juridique. Pour ce faire, nous nous appuyons sur des dictionnaires du domaine politique, en les enchaînant sans suivre un ordre particulier.
Le substantif Arabes fait généralement référence à « un groupe ethnique qui parle la langue arabe et est principalement concentré dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du nord » (Barbalet 2008, 33). Dans le contexte de la Palestine, il désigne alors les personnes vivant sur le territoire de la Palestine qui appartiennent à cette même ethnie et qui parlent la même langue, mais qui sont de confessions différentes. En effet, la population arabe de Palestine était multiconfessionnelle; elle incluait des musulmans, des chrétiens et un certain nombre de juifs arabes, ce qui peut alors expliquer le fait que l’ONU se réfère à leur ethnie seulement et non pas à leurs religions comme c’est le cas avec le substantif Juifs. Ce nom désigne « les membres d’une communauté religieuse, culturelle et ethnique qui se réfère au Judaïsme » (Bobbio et Matteucci 2000, 308). Il est employé dans les discours de l’ONU pour à la fois désigner la religion et l’ethnie de la population juive immigrante en Palestine distinctement des juifs arabes.
Le terme Palestiniens qui remplacera le terme Arabes dans le corpus désigne « une population arabe, majoritairement musulmane, qui habite la Palestine historique, une région qui correspond approximativement à l’État d’Israël et aux Territoires palestiniens » (Bobbio et Matteucci 2000, 596). Il désigne aussi les Arabes de Palestine, mais son emploi dans les discours de l’ONU met en avant leur identité nationale au détriment de leur ethnie ou leur religion. C’est également le cas du terme Israéliens qui fait référence à la citoyenneté nationale des Israéliens, comme on peut le constater selon cette définition : « […] les habitants d’Israël, un État créé en 1948 par la communauté juive en Palestine. Les Israéliens sont majoritairement Juifs, mais il y a aussi des Arabes israéliens, des Druzes, des Bédouins et des Circassiens » (Boniface 1996, 303). Il nous semble que l’emploi de ces deux termes par l’ONU est dû à leur représentativité au regard de l’existence d’une multitude confessionnelle et ethnique chez les Palestiniens ou chez les Israéliens. De plus, l’emploi de termes renvoyant à une religion ou à une ethnie pourrait faire sortir le conflit israélo-palestinien de son contexte spécifique pour en faire un conflit plus général impliquant toute personne appartenant à toutes ces religions ou ethnies.
En ce qui concerne le terme communauté, il est défini ainsi : « groupe social, organisé ou non, possédant une certaine homogénéité (ethnique, religieuse, culturelle, etc.), qui se réclame d’un destin commun et qui, en règle générale, se caractérise par une grande solidarité interne et une hostilité envers l’extérieur » (Braud et al., 2004 : 149). Il signifie également un groupe de personnes « […] possédant une identité collective spécifique, qu’ils cherchent à préserver et à transmettre » (Alland et Rials 2005, 235).
Ce terme ne fait donc pas référence à un statut politique, à une citoyenneté ou à une identité nationale, mais plutôt à des caractéristiques communes et spécifiques à un groupe de personnes qui ne dispose pas forcément d’une organisation politique. Telle qu’elle apparaît dans le tableau n° 1, on la trouve suivie dans le corpus par les adjectifs arabe, juive et palestinienne(s) qui sont des qualificatifs renvoyant à une ethnie, à une religion et à une identité collective. On observe toutefois que l’adjectif israéliennes est exclu. Si tel est le cas c’est parce que les membres de la communauté juive ont pu avec la création de l’État d’Israël en 1948 devenir citoyens israéliens : ainsi depuis c’est le syntagme État d’Israël qui les désigne dans le corpus, contrairement à la communauté palestinienne dont les membres ont acquis le statut de citoyen dans les discours de l’ONU plus tardivement.
Pour le terme population, son emploi fait référence à l’absence d’une considération politique réunissant les individus qu’il désigne. Ses contextes d’emploi sont souvent relatifs à des données statistiques ou descriptives qui concernent les individus désignés. Les éléments de définition suivants permettent de le confirmer : population fait référence à un « ensemble d’[…] individus vivant sur un territoire déterminé, caractérisé par des critères sociologiques, démographiques, économiques et culturels » (Braud et al. 2004, 530), sans considération de leur statut politique. On observe que le terme est suivi dans le corpus (cf. figure n° 1) par les compléments de nom du territoire, des territoires et de la Palestine pour renvoyer au territoire déterminé que les individus occupent, ainsi que par les adjectifs arabe, palestinienne et libanaise qui renvoient à des critères communs comme l’ethnie, l’identité collective ou la culture.
Par ailleurs, sur le plan politique, certes l’emploi de population ne se réfère pas à une entité politique commune, mais peut dans certains cas renvoyer à une citoyenneté des individus désignés, comme l’exprime la définition suivante : « la population est l’ensemble des êtres humains vivant sur un territoire donné, qu’ils soient considérés comme des citoyens ou non » (Devin 2013, 300). Dans certains contextes du corpus, on repère le nom population suivi par le qualificatif civile. Ce terme, qui peut être synonyme interchangeable du terme citoyen, renvoie à « la société civile, c’est-à-dire les activités et les organisations non gouvernementales, non étatiques » (Albert 2004, 185). Il est aussi utilisé à propos des droits civils comme « les droits individuels liés à la vie en société et à la citoyenneté, tels que la liberté d’expression, le droit de vote, le droit à un procès équitable, etc. » (Id.).
Les deux termes, civil et citoyen, sont en effet les sujets juridiques d’un État démocratique (Arnaud 1993, 187), c’est-à-dire qu’ils impliquent une appartenance à une communauté politique organisée, où les individus ont des droits fondamentaux et des devoirs envers ce système politique et envers les autres membres de la société. Les dénominations formées à partir des patrons lexico-grammaticaux {population civile^qualificatif} et {citoyens^qualitatif} et observées dans le corpus se réfèrent en effet à la qualité citoyenne des Palestiniens ou des populations des territoires palestiniens et arabes occupés.
L’ensemble des citoyens qui sont inscrits juridiquement dans un système politique et qui vivent sur un territoire sont désignés par le terme peuple comme l’explique la définition suivante : « le peuple est l’ensemble des citoyens considérés comme sujets politiques, c’est-à-dire capables de prendre des décisions collectives et de participer à l’exercice du pouvoir » (Bobbio et Matteucci 1995, 709). L’ensemble de citoyens signifie alors un peuple souverain et constitue une nation, par rapport aux gouvernants et en référence aux principes de citoyenneté. Un peuple est d’ailleurs identifié par son appartenance à un territoire ou par l’identité nationale de ses citoyens. C’est le cas des dénominations peuple de Palestine et peuple palestinien observées dans le corpus (cf. figure n° 1).
Enfin, le terme colons fait aussi référence à un groupe d’individus, mais formant une population étrangère qui occupe un territoire qui ne lui appartient pas. Le terme colon est aussi défini comme « habitant d’une colonie, c’est-à-dire d’un territoire soumis à une puissance étrangère […] » (Ibid., 243). Dans les discours de l’ONU, la notion de colons est suivie par le qualificatif israéliens pour désigner les Israéliens qui résident dans des colonies situées dans les territoires palestiniens occupés.
Après avoir défini les noyaux des dénominations sélectionnées, nous retraçons dans le volet qui suit leur ventilation diachronique dans le corpus afin d’identifier leurs périodes d’emploi dans les partitions du corpus et de repérer les éléments ayant conduit à cet emploi.
La ventilation diachronique des dénominations désignant les Palestiniens et les Israéliens
Étant donné la variété lexico-grammaticale et sémantique que les dénominations désignant les Palestiniens et les Israéliens présentent, nous envisageons dans ce volet de définir leurs périodes d’emploi sur le parcours chronologique de la question de Palestine. Or, au vu de leur nombre important et de l’espace qu’elles nécessitent pour être abordées dans leur ensemble, nous retraçons d’abord, dans le tableau de la figure n° 2, la ventilation diachronique des dénominations présentant des effectifs signifiants dans le corpus. Nous nous limitons ensuite à analyser en détail l’évolution diachronique des dénominations 1 à 6 du tableau.
Nous mesurons alors, pour les dénominations sélectionnées, les périodes de leur apparition dans le corpus; nous vérifions si chacune d’entre elles s’emploie régulièrement ou irrégulièrement dans les différentes partitions annuelles du corpus. Nous déterminons également les périodes de leur sous-emploi ou suremploi dans le but de repérer les moments marquants ou insignifiants de chaque dénomination d’une part, et d’analyser les facteurs y conduisant d’autre part.
Pour ce faire, nous avons retracé dans un premier temps, au moyen de la fonctionnalité Concordances[5], la ventilation diachronique des dénominations sélectionnées dans les partitions du corpus. Il s’est alors avéré que les dénominations retenues témoignent d’une répartition non égalitaire et variable dans le temps et l’effectif comme nous l’observons dans la figure n° 2.
Dans un second temps, par le calcul d’indice de spécificité des dénominations, nous avons pu identifier leur période de suremploi ou de sous-emploi dans les différentes partitions du corpus. Nous concrétisons cette observation par le biais des histogrammes que nous présentons par la suite.

Figure n° 2 : Ventilation diachronique annuelle des dénominations désignant les Palestiniens et les Israéliens dans le corpus FRONU
Nous avons pu observer dans le cadre de l’évolution événementielle des discours de l’ONU sur la question de Palestine que les Palestiniens et les Israéliens sont désignés par des dénominations différentes qui évoluent dans le temps en fonction des événements de la période que représente chacun des cinq groupements[6]. La consultation des périodes d’emploi des dénominations dans le tableau n° 2 permet ainsi de visualiser l’évolution diachronique des dénominations sélectionnées.
L’ethnonyme religieux (1) Juifs et l’ethnonyme (2) Arabes sont mis en relation d’opposition pour faire référence aux parties conflictuelles de la question de Palestine dès ses débuts, c’est-à-dire depuis 1947. Les deux termes apparaissent ainsi dans les discours onusiens depuis que l’ONU a commencé à se prononcer sur cette question. On voit dans le corpus que le mot Juifs est employé dans des contextes des années 1947-1948 pour désigner la communauté juive issue de l’immigration juive occidentale en Palestine. Ce terme disparaît par la suite avec la création de l’État d’Israël, qui a donné lieu à des nouvelles expressions désignant les Juifs. Par exemple, les termes Israël et Israéliens ou l’expression État d’Israël servent dans les décennies qui suivent à faire référence aux Juifs par leur identité nationale. Il réapparaît étroitement à l’année 1976 pour les désigner dans un contexte relatif au droit et au non-droit des Juifs de prier dans le site sacré d’Al-Haram Al-Sharif.
Le mot Arabes, quant à lui, est également connu depuis le début de la question de Palestine pour désigner la communauté arabe de Palestine. Celui-ci incluait ainsi les Arabes juifs et chrétiens ayant des origines lointaines dans la terre de Palestine. Dans les discours de l’ONU, il désigne donc la communauté arabe de Palestine sur la période 1947-1948. Il disparaît suite à la guerre de 1948 et est ensuite remplacé par d’autres dénominations dont notamment Réfugiés de Palestine qui désigne les Arabes de Palestine devenus des réfugiés. Dans les années 1950, le terme Arabes réapparaît sporadiquement et fait référence à ces mêmes réfugiés arabes palestiniens. Toutefois, à partir de l’année 1982, le terme Arabes s’inscrit dans une reconfiguration de son sens social en raison de l’évolution événementielle de la question de Palestine; sa circulation discursive dans le temps a en effet permis de changer le référent. Il ne désigne plus la communauté arabe de Palestine, mais il fait plutôt référence aux autres Arabes dont Israël occupe les territoires comme en Syrie et au Liban.
Par ailleurs, le calcul des spécificités de ces deux dénominations nous donne une cadence d’emploi variable; l’ethnonyme Juifs présente uniquement un suremploi dans toutes les périodes de son emploi dans le corpus, alors que l’ethnonyme Arabes présente un suremploi dans seulement certaines de ses périodes d’emploi sans jamais présenter de sous-emploi.
Nous illustrons ainsi ces moments de suremploi au moyen de l’histogramme ci-dessous, et nous en commentons par la suite certains.

Figure n° 3. Ventilation diachronique annuelle en fréquence relative des ethnonymes Juifs et Arabes
On constate d’abord que le suremploi de l’ethnonyme Juifs et l’emploi relativement significatif de l’ethnonyme Arabes sur la période 1947-1948 sont liés au partage de la Palestine mandataire qui devait mettre un terme aux hostilités entre les deux communautés et conduire à la création d’un État juif et d’un État arabe. En 1976, le suremploi du terme Juifs est en revanche dû au traitement de façon inattendue dans les discours de l’ONU d’un événement à caractère confessionnel. Il s’agit en effet de la pénétration d’un groupe de confession juive sur l’esplanade de la Mosquée Al-Aqsa pour faire la prière; l’ONU qualifie cette action de violation, car elle constitue une mesure politique visant à modifier le statut de Jérusalem. En ce qui concerne les suremplois du terme Arabes, dans les années 1950, ils incarnent la situation des Arabes Palestiniens ayant eu le statut de réfugiés suites à la guerre de 1948, alors que sur la période 1989-1992, ils renvoient aux droits humains des Arabes vivant dans des territoires occupés par Israël.
Par ailleurs, les ethnonymes Arabes et Juifs ne sont pas les seules dénominations qui sont mises en relation d’antonymie en désignant les Palestiniens et les Israéliens dans les corpus. Ceux-ci laissent rapidement leur place aux gentilés (3) Israéliens et (4) Palestiniens qui opposent les deux principaux acteurs de la question de Palestine. En effet, leur apparition progressive dans les années et les décennies qui suivent les événements des années 1940 souligne l’effet de l’évolution événementielle de la question de Palestine sur le sens social attribué aux termes Palestiniens et Israéliens dans les discours de l’ONU à leurs différentes périodes de production. L’emploi de ces deux démonymes dans le corpus sert alors à désigner les deux communautés arabe et juive, non en fonction de leur ethnie, mais en fonction de leur identité nationale et de leur origine en matière de zone géographique nationale.
On peut voir que le démonyme Israéliens apparaît beaucoup plus tôt que le démonyme Palestinien dans le corpus, dès les années 1950 (cf. figure n° 2). Étant donné que l’État d’Israël a été créé à la suite de la guerre de 1948, la citoyenneté israélienne a été systématiquement octroyée aux personnes qui y vivent. On comprend qu’un tel événement a dès lors changé la façon dont les Israéliens sont dénommés. Il convient toutefois de souligner que le terme Israéliens ne désigne pas seulement les Juifs, mais également des personnes d’autres ethnies et confessions comme par exemple les Arabes de Palestine, chrétiens et musulmans, qui sont restés dans leurs foyers situés dans les territoires dominés par Israël depuis 1948, ainsi que les Druzes, les Bédouins, les Circassiens, les Arméniens, etc. On remarque d’ailleurs que le mot Israéliens est employé dans le corpus jusqu’en 2017 en marquant quand même des périodes de rupture pendant les années 1960, 1970 et 1990. Nous constatons qu’aucune mention n’est faite d’individus et de personnalités en tant qu’Israéliens dans les discours onusiens produits. En revanche, c’est surtout l’emploi du terme Israël qui est prépondérant pendant ces périodes pour refléter la politique générale et les pratiques de l’État d’Israël.
Le démonyme Palestiniens, quant à lui, apparaît plus tardivement, c’est-à-dire à partir de 1974, l’année où l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a été reconnue comme observateur non-membre à l’Assemblée générale de l’ONU et comme seul représentant légitime du peuple palestinien. Il apparaît que cette reconnaissance onusienne, ainsi internationale, a permis de qualifier les Arabes de Palestine en les désignant désormais par le terme Palestiniens. Il importe toutefois de savoir que ce terme ne les désigne pas seulement en fonction de leur identité nationale, mais aussi de leur lieu de provenance : il désigne seulement les habitants issus des territoires reconnus comme palestiniens, c’est-à-dire les territoires occupés depuis 1967. Dans ce sens, les Arabes de Palestine restant dans leurs foyers et devenant des citoyens israéliens depuis 1948 n’ont donc pas officiellement la qualité de Palestiniens. Nous constatons que depuis 1974 le démonyme Palestiniens reste continuellement employé dans le corpus.
Par ailleurs, le calcul des spécificités de ces deux démonymes montre d’abord que la dénomination Israéliens est particulièrement suremployée en 1958 comme cela apparaît dans la figure n° 3. Nous renvoyons les raisons de ce suremploi aux efforts déployés par l’ONU pour le maintien de la trêve en Palestine et de la Convention d’armistice général. Cela repose essentiellement sur l’arrangement relatif aux propriétés et aux biens qui consiste à ce que les Israéliens et les Arabes ne soient pas autorisés à occuper les propriétés et les biens les uns et des autres. On constate également un suremploi en 2002 en raison de l’éclatement des hostilités lors de la seconde Intifada qui ont, selon l’ONU, « conduit à une spirale de colère, de haine et de nouvelles violences, ainsi qu’une aggravation des souffrances tant des Israéliens que des Palestiniens » (E/CN.4/RES/7/2002).
Dans ce cadre, le Conseil de sécurité de l’ONU reprend alors les déclarations du Quatuor[7] à l’égard de cette évolution dramatique. Le suremploi réside dans les déclarations qui s’articulent notamment autour des « attentats-suicide à la bombe » commis par des « terroristes » à l’encontre des « civils israéliens » que le Quatuor condamne et qualifie d’acte immoral qui « cause un dommage considérable aux aspirations légitimes du peuple palestinien à un avenir meilleur » (S/PRST/2002/20). Dans le même contexte, ces déclarations expriment également la préoccupation du Quatuor vis-à-vis de la crise humanitaire advenue dans les zones palestiniennes en période d’hostilités, sans pour autant faire mention d’Israël de façon directe. Le Quatuor met enfin l’accent sur les moyens du dialogue entre les Israéliens et les Palestiniens sur la base des résolutions 242 et 339 pour parvenir à un règlement permanent et durable.

Figure n° 4. Ventilation diachronique annuelle en fréquence relative des démonymes Israéliens et Palestiniens
Par ailleurs, nous observons dans l’histogramme ci-dessus que la dénomination Palestiniens présente un sous-emploi significatif dans les années 1947 et 1948. Nous renvoyons le motif de ce sous-emploi à la vie politique de la Palestine mandataire à cette époque. En effet, dans les années 1940 c’est le Gouvernement de Palestine qui gérait politiquement la Palestine mandataire. Celui-ci était dirigé par un Haut-Commissaire nommé par le Gouvernement britannique, assisté par un Conseil législatif se composant de 13 membres élus et 15 membres nommés. Les membres élus représentaient principalement les communautés juive et arabe de Palestine, tandis que les membres nommés étaient principalement des responsables gouvernementaux et des représentants des communautés religieuses (Pappé 2004, 161-162).
En 1947, dans le cadre du plan du partage de la Palestine, on peut voir que l’ONU se prononce sur la citoyenneté des membres des deux communautés juive et arabe, ainsi que des habitants de Jérusalem avant et après l’exécution du plan du partage, afin d’organiser le processus d’élections dans les deux futurs États. Elle désigne en effet – indépendamment des habitants de Jérusalem et des autres Juifs et Arabes non représentés – les membres des deux communautés représentées dans le Gouvernement de Palestine comme des Palestiniens qui bénéficient à égalité de la citoyenneté et la nationalité palestiniennes. On le constate dans l’extrait suivant :
1. Citoyenneté. Les citoyens palestiniens résidant en Palestine, à l’extérieur de la Ville de Jérusalem, et les Arabes et Juifs qui, sans avoir la nationalité palestinienne, résident en Palestine à l’extérieur de la Ville de Jérusalem, deviendront citoyens de l’État dans lequel ils résident et jouiront de tous les droits civils et politiques, à partir du moment où l’indépendance aura été reconnue. Toute personne de plus de dix-huit ans pourra, dans le délai d’un an à dater du jour où l’indépendance de l’État sur le territoire duquel elle réside aura été reconnue […] (A/RES/181[II]-1947).
Donc, étant donné le contexte conflictuel entre les deux communautés qui nécessitait d’identifier le rôle de chacune et de mieux distinguer leurs positions nationales et politiques, ainsi que leurs ethnies, d’autres dénominations que Palestiniens ont été employées pour désigner séparément les membres des deux communautés, telles que les dénominations Juifs et Arabes, communauté juive et communauté arabe.
Par ailleurs, la dénomination Palestiniens marque des suremplois significatifs sur l’année 1991 et la période 2014-2017. La consultation des contextes concordanciers révèle alors que l’ONU insiste remarquablement pendant ces moments sur le respect des droits humains des Palestiniens dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est. En mettant l’accent sur l’évolution de la question de Palestine pendant cette période, nous notons dans un premier temps qu’en 1991, l’ONU ainsi que les acteurs internationaux essayaient de préparer le terrain afin qu’un règlement pacifique, juste et durable intervienne entre les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre des accords d’Oslo. Nous supposons que pour que cette solution soit envisageable, l’ONU devait enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits humains des Palestiniens dans les territoires palestiniens occupés et exiger l’arrêt de toutes les mesures israéliennes à leur encontre.
Dans un second temps, la période 2014-2017 témoigne également d’une exacerbation des violations des droits humains des Palestiniens en raison des effets néfastes de l’expansion massive des colonies de peuplement israéliennes, des pratiques coercitives dans le Territoire de Jérusalem-Est et la Cisjordanie et des affrontements militaires dans la bande de Gaza, sur les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. Au vu d’une telle situation, l’ONU condamne ces pratiques israéliennes, exige leur cessation et demande aux pays membres de coordonner leurs efforts afin d’assurer une assistance internationale aux Palestiniens.
Enfin, une relation synonymique s’établit souvent entre les dénominations (5) peuple de Palestine et (6) peuple palestinien qui s’interchangent relativement dans leurs contextes d’emploi. Toutefois elles ont dans le corpus des contextes d’emploi spécifiques où leur visée sémantique varie.
La dénomination peuple de Palestine est un ethnonyme qui se réfère aux personnes considérées comme étant une partie du peuple habitant la Palestine. Elle désigne donc les Arabes palestiniens – quelles que soient leurs orientations religieuses – qui sont considérés comme la population provenant de la région géographique et historique de la Palestine, située au Moyen-Orient, ayant une langue et une culture communes. Cela veut dire que les Palestiniens sont définis en tant que peuple en fonction de leur lieu de provenance géographique, sans pour autant faire mention d’une identité nationale ni d’une valeur politique.
La fréquence de cette dénomination dans le corpus n’est pas très significative, elle se répartit toutefois sur une longue durée. Ses 29 occurrences apparaissent dans les discours de l’ONU de 1969 jusqu’à 1973 et marquent une rupture entre les années 1974 et 1995 avant de réapparaître de nouveau de 1996 à 2002. Nous renvoyons notamment son emploi à la fin des années 1960 et au début des années 1970 aux évolutions de la question de Palestine à la suite de la guerre de 1967 : le sort et la situation des Arabes de Palestine est examiné désormais indépendamment de celui du reste des Arabes de la région.
Après la défaite des pays arabes en 1967, la question de Palestine a changé de dimension. Elle commence petit à petit à se rétrécir en tant que conflit arabo-israélien en raison de l’implication strictement dégressive des pays arabes dans des conflits militaires avec Israël, notamment après la guerre de Kippour en 1973. Elle commence en revanche à prendre une dimension plus importante en tant que conflit israélo-palestinien, notamment avec l’ampleur que l’OLP a commencé à prendre du fait de ses opérations militaires contre Israël.
En outre, les pays arabes disposaient chacun d’un territoire défini, indépendant et souverain où vivent des peuples clairement désignés par leur provenance géographique ou leur identité nationale sans inclure pour autant les Arabes palestiniens. Ceux-ci s’identifient dans le corpus par leur appartenance à un territoire déterminé, la Palestine, d’où alors la nécessité de les qualifier de peuple indépendamment des autres Arabes, sans pour autant leur attribuer un statut politique officiel.
En revanche, la dénomination peuple palestinien est plutôt un démonyme qui se réfère également aux Arabes palestiniens considérés comme faisant partie de la population de la région historique de la Palestine. Bien que l’adjectif palestinien – qui permet de qualifier le terme peuple – dérive du toponyme Palestine, il importe de souligner qu’il se réfère notamment à un statut national et politique reconnu du peuple palestinien. Cette dénomination apparaît en effet de 1974 jusqu’à 2017 dans les discours onusiens constituant le corpus.
Au vu de la période de son utilisation, nous pouvons dire qu’elle est également le résultat du tournant que la question de Palestine a pris à la fin des années 1960 et au début des années 1970. La dégression de l’implication des pays arabes comme acteurs directs, notamment l’Égypte après la guerre de Kippour, dans la question de Palestine les a en effet éloignés de tout règlement effectif. En plus, l’émergence remarquable de l’OLP sur la scène politique internationale a comblé le vide laissé par les pays arabes, sa reconnaissance par l’ONU comme représentant légitime du peuple palestinien a donc renforcé le statut national et politique que le peuple palestinien s’attribue.
Le calcul des spécificités de ces deux démonymes montre un emploi intéressant et varié des deux dénominations dans le corpus, qu’on peut observer au moyen du diagramme ci-dessous, calculé à partir de leurs scores de spécificité. La dénomination Peuple de Palestine présente un suremploi très significatif sur les années 1970-1973 qui est dû à l’insistance de l’ONU sur la reconnaissance et le respect des droits inaliénables du peuple de Palestine, ainsi que sur l’égalité des droits, l’exercice du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le droit à l’autodétermination pour établir une paix juste et durable au Moyen-Orient.

Figure n° 5. Ventilation diachronique annuelle en fréquence relative des ethnonymes peuple de Palestine et peuple palestinien
La dénomination peuple palestinien, quant à elle, présente des sous-emplois significatifs sur la 1947-1973 car, malgré ses fréquences absolue et relative importantes dans le corpus, elle est totalement absente sur cette période. En effet, avant 1969 aucune mention de peuple n’a été faite pour désigner les Arabes de Palestine, parce qu’on considérait encore les populations palestiniennes comme étant partie intégrante des autres Arabes, dont la cause concerne à égalité l’ensemble des Arabes. De même, avant 1974, aucun statut politique ou national n’a été encore officiellement attribué aux populations palestiniennes qui permet de les reconnaître en tant que peuple.
On observe également un sous-emploi important de la dénomination peuple palestinien sur la période 1984-1986. Ici, il s’agit en effet d’un tournant du calcul statistique de son score de spécificité dans ces parties du corpus. C’est-à-dire l’emploi de peuple palestinien dans ces parties est aussi standardisé et relativement rythmé en termes de fréquence absolue et de contextes d’emploi que dans les autres parties autour, mais c’est la taille des parties qui s’étend prodigieusement en raison de la multiplication croissante des événements géopolitiques de la question de Palestine que les discours de l’ONU couvrent pendant cette période, notamment les répercussions de la guerre du Liban. Cela impacte alors le score de spécificité qui se base sur un calcul relatif. Il en est de même pour le sous-emploi repéré dans la partie 2003 du corpus.
Elle marque par ailleurs des suremplois significatifs éparpillés sur les années 1980-1981, 1994, 1999-2000, 2004, 2007-2008. On remarque que ces suremplois sont notamment dûs au fait que l’ONU exprime plus intensément sa préoccupation à l’égard, notamment, de la violation des droits inaliénables du peuple palestinien dont elle exige le respect. Elle met également l’accent sur les effets négatifs que les pratiques israéliennes et les colonies de peuplement israéliennes laissent sur les droits fondamentaux – comme le droit à l’indépendance et l’autodétermination –, sur les droits humains du peuple palestinien, ainsi que sur ses conditions de vie.
En définitive, la ventilation diachronique des dénominations sélectionnées a permis de voir comment les Israéliens et les Palestiniens sont désignés dans les discours de l’ONU, de révéler leurs principaux contextes d’emploi. Nous avons pu observer les éléments ayant conduit à l’emploi de chaque dénomination et repérer les moments faibles et forts de leur emploi.
Conclusion
Dans cet article, nous avons examiné la complexité liée à la dénomination de la question de Palestine dans les discours de l’ONU. D’un point de vue politique et juridique, nous avons constaté que les Palestiniens et les Israéliens sont dénommés différemment dans les discours de l’ONU. Les dénominations des Israéliens revoient principalement à leur appartenance religieuse depuis les années 1940. En plus, très tôt, dès 1948 jusqu’en 2017, les syntagmes qui les dénomment dans le corpus continuent de faire référence à leur identité nationale et étatique. En revanche, l’analyse a montré que les Palestiniens sont l’objet de nombreuses dénominations qui font référence à leur appartenance ethnique, à leur origine territoriale ou régionale, et tardivement à leur identité nationale et à leur statut juridique. Les différents syntagmes dénommant les Palestiniens ont alors témoigné de l’évolution de leur statut politique et juridique, ainsi que de la légitimation de leur existence en tant que peuple au fil du temps.
Références
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Alustath, Ahmed, Bendinelli, Marion et Kastberg Sjöblom, Margareta. 2020. « L’ONU et le territoire palestinien. Approche textométrique de la nomination dans un discours institutionnel ». Dans Proceedings of 15th Journées d’Analyse de Données Textuelles (JADT 2020), hal-03538089
Alustath, Ahmed. 2023. La question de Palestine au sein du discours institutionnel international : une analyse outillée du discours de l’Organisation des Nations Unies. Thèse de doctorat, Université de Franche-Comté.
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Bobbio, Norberto, Matteucci, Nicola et Pasquino, Gianfranco. 2000 [1995]. Dictionnaire de politique. Paris : Presses Universitaires de France.
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ONU.org. 2002. « S/PRST/2002/20 : Déclaration du Président du Conseil de sécurité. Déclaration conjointe du Quatuor ». https://digitallibrary.un.org › record › files › S_PRST_2002_20-FR.PDF
Pappé, Ilan. 2004. Histoire de la Palestine moderne : Un territoire, deux peuples. Paris : Éditions la Fabrique.
Mention de la source du contenu multimédia
- Figure n° 1 : Palestiniens et Israéliens dans le corpus de l’ONU : tableau des dénominations et fréquence d’emploi
- Figure n° 2 : Ventilation diachronique annuelle des dénominations désignant les Palestiniens et les Israéliens dans le corpus FRONU
- Figure n° 3 : Ventilation diachronique annuelle en fréquence relative des ethnonymes Juifs et Arabes
- Figure n° 4 : Ventilation diachronique annuelle en fréquence relative des démonymes Israéliens et Palestiniens
- Figure n° 5 : Ventilation diachronique annuelle en fréquence relative des ethnonymes peuple de Palestine et peuple palestinien
- Le corpus de la thèse, intitulé FRONU (textes de l’ONU en français) est constitué de 880 textes qui couvrent une période de soixante-dix ans (1947-2017) des discours onusiens produits par les trois organes concernés de l’ONU, l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité et le Conseil économique et social. ↵
- Les accolades servent à isoler les patrons; le signe ^ signale l'adjonction d'un élément déterminant ou qualifiant le nom concerné. ↵
- On emploie ethnonyme pour désigner le noms d’un peuple (l'expression peuple de Palestine constituant en fait une périphrase ethnonymique basée sur le nom d'un peuple) et démonyme pour désigner les habitants d’un lieu (comme synonyme de gentilé). ↵
- Sur ce point, voir Alustath et al. 2020 ↵
- La fonction Concordances du logiciel TXM aide à accéder aux contextes d’emploi des mots recherches dans le corpus. Cette fonctionnalité permet aussi de retracer leur emploi chronologique et contextualisé annuel dans le corpus. ↵
- Se reporter à la figure n° 63 dans la thèse (Alustath 2023, 490). Il s’agit de l’analyse factorielle des correspondances qui montre la distribution des partitions annuelles du corpus sous forme de cinq noyaux ou groupements. ↵
- « Le Quatuor (https://www.quartetoffice.org/index.php), composé de l’Union européenne, de la Fédération de Russie, des États-Unis et de l’Organisation des Nations Unies, a été créé en 2002 pour faciliter les négociations relatives au processus de paix au Moyen-Orient. » (définition sur le site des Nations unies, https://www.un.org/unispal/fr/un-system/un-system-partners/the-quartet/) ↵