La langue de Gaza. Postface
Michèle Sibony
Et là où la sauvagerie des images révulse jusqu’à l’écœurement, l’urgence est de savoir convoquer le bien dire, seul capable de remettre un voile sur ce forçage, effraction du réel (Laure Naveau, « Beauté et pudeur »[1]).
Quand Marie-Anne Paveau m’a proposé d’écrire une postface à cet ouvrage, son titre m’a évidemment interpelée : Gaza. Les mots pour (ne pas) le dire. Un titre qui évoquait le domaine de la psychanalyse, et il ne s’agit bien sûr pas d’un hasard. Ce signe de quatre lettres, Gaza, porteur de tant de haine et de désespoir, est devenu à la fois un signifiant trop plein, chargé de (nos) fantasmes – je suis sensible, par exemple, aux homophonies autour du nom Gaza en français, et aussi en arabe, Ghazze (« Gaza » prononcé « Rrazze » ) : « Raser Ghazze », « Gazer Gaza » – et aussi un signifiant vide, ou encore à vider littéralement afin de le remplir par la surconsommation ultralibérale et obscène, dont raffole le président ubuesque des États-Unis.
Le dit et le tu
Dans la longue séquence que nous traversons, nous avons tous et toutes été confronté·es aux discours sur le réel, au sens des mots, à leur absence. Comment penser le langage plaqué sur ce réel de la destruction, au point qu’il l’imite, le mime, en écrase ou rase la signification, ou bien le nie… Les divers lieux d’énonciation de ces textes produisent des langages différents, qui ensemble révèlent le vocabulaire de la guerre en cours. Un vocabulaire à la fois ancien et nouveau, une novlangue adaptée à une guerre d’un nouveau type, totale, absolue, qui fait table rase du droit international élaboré depuis la Seconde Guerre mondiale, qui utilise l’IA et ses algorithmes pour mieux tuer. Une guerre sans rapport de force, où l’opinion est contrôlée par les médias. Ainsi le texte d’Ibrahim Alsemeiri énoncé depuis Gaza résonne particulièrement : « Le fait de vivre la guerre a affiné ma conscience du fossé entre la réalité et sa représentation dans le discours. » Le réel, c’est ce qui reste qui n’est pas couvert par la langue, l’objet petit a dirait Lacan. Et Ibrahim Alsemeiri décrit « un langage saturé de positionnement idéologique, de cadrage stratégique, de métaphores, euphémismes et silences… » :
L’analyse linguistique contribue à révéler ces silences, montrant comment le langage est utilisé pour effacer l’histoire, normaliser la violence et marginaliser la mémoire collective.
Parallèlement, les outils linguistiques permettent aux chercheurs de retrouver et de reconstruire les récits palestiniens, rendant visibles des expériences et des perspectives historiquement occultées. Par exemple, l’analyse des métaphores, des oppositions binaires et des cadrages dans les témoignages palestiniens, les publications sur les réseaux sociaux ou les rapports de l’ONU, met en lumière à la fois les souffrances et la résistance des civils, contredisant les récits dominants qui désignent les Palestinien·nes uniquement comme des agresseurs (ma traduction).
Ce passage me semble résumer parfaitement l’utilité d’un tel ouvrage. À travers l’analyse de discours médiatiques occidentaux, arabes, africains, asiatiques, israéliens, de discours universitaires ou officiels, ce livre démontre comment la langue est à la fois un outil d’accompagnement de l’anéantissement de Gaza, mais aussi un outil de résistance ; il fait exister cet enjeu. Par la multiplicité des supports étudiés, caricatures, discours, articles, posts de réseaux sociaux, slogans dans les manifestations, se dessinent aussi la mondialisation de la guerre contre Gaza, et son impact. Gaza. Les mots pour (ne pas) le dire, fait aussi don à ses lecteur·rices, et c’est un véritable cadeau, d’une source d’études conduites sur la langue de la guerre contre Gaza, à travers le monde, qui échappent parfois totalement à leur connaissance.
Comme le silence en musique n’est pas un vide, mais un espace habité, il permet d’entendre ce qui n’est pas dit. Beaucoup d’entre nous existons dans ces silences, avec la conscience d’être niés, comme le génocide que nous regardons. Ces silences sont sources de nos paroles et de nos actes. Car nous savons que rien n’est écrit sur l’avenir.
L’article de Marie-Anne Paveau évoque l’ouvrage de deux auteurs israéliens, Adam Raz et Assaf Bondy, Le lexique de la brutalité[2], et la reprise dans ce lexique du nom Amalek comme élément de brutalisation de la société. Ils rappellent cependant : « La logique des opérations militaires à Gaza et en Cisjordanie ne date pas du 7 octobre. On peut remonter à la source : 1948. Israël a déporté des centaines de milliers de Palestiniens, détruit des villages, permis à la population de piller les biens de ses anciens voisins, d’assécher les vergers et les champs, et de recourir à une violence physique extrême. » Et Assaf Bondy ajoute : « Le livre dénonce le langage courant pendant la guerre, mais ses racines remontent bien avant, bien sûr. »[3]
La langue est à la fois miroir et actrice du rapport de force qui oppose Israël aux Palestinien·nes, elle s’adapte, se transforme, pour résister ou pour nier. L’ouvrage révèle les différentes utilisations du langage, selon qu’on est au Nord ou au Sud, ou dans la zone de guerre de part et d’autre. Il explore la nomination ou le silence, et l’effacement.
Des mots clés surgissent ou émergent de la lecture : dilution, effacement, le rôle de la nomination, de son évolution. De conflit israélo-arabe, à israélien-palestinien, on suit comment la langue a épousé les modifications géo-politiques.
L’exploration de l’utilisation du langage, en temps de guerre, révèle des angles morts. Parler de Gaza, de Cisjordanie, de Galilée, de Jérusalem, de la Diaspora, c’est refléter l’explosion de la Palestine et sa disparition dans ces éclats. C’est ce que Léda Mansour appelle la dilution. Maître mot de son article. Dilution de la Palestine, à travers une guerre menée contre une partie d’elle même, et qui sert à l’effacer dans sa globalité. Une guerre qui ressuscite la Naqba originelle, et la prolonge avec une nouvelle violence, de nouvelles armes, un nouveau contexte. Mais en réalité rien de nouveau : la langue de Gaza commence à être parlée bien avant, en 1948 avec la Naqba. C’est un langage de type colonial, qui révèle ce que la société israélienne s’attache précisément à nier : sa dimension coloniale. La diabolisation de Gaza est directement héritée de la résistance de sa population composée aux trois quarts de réfugié·es de la Naqba : « Je rêve de voir Gaza engloutie dans la mer », disait Yitzhak Rabin pendant le processus d’Oslo. Et les exemples abondent de l’utilisation du vocabulaire de la vermine ou des animaux nuisibles à l’encontre de la population de Gaza. Moshe Dayan désignait Gaza en 1956 comme « un nid de frelons » et aujourd’hui encore des ministres parlent d’animaux humains. Frantz Fanon écrivait dans Les damnés de la terre : « Le langage du colon, quand il parle du colonisé, est un langage zoologique. On fait allusion aux mouvements de reptation du Jaune, aux émanations de la ville indigène, aux hordes, à la puanteur, aux pullulements, aux grouillements, aux gesticulations. Le colon quand il veut bien décrire et trouver le mot juste, se réfère constamment au bestiaire. »[4]
Nous sommes témoins de la violence du discours qui valide ou invalide, comme celle du silence qui efface.
Gaza est ramenée par la langue du génocide au concept colonial de terra nullius (« la terre de personne ») – le retour au vide nécessaire au projet sioniste. Le concept colonial de terra nullius est une invention du 16e siècle, qui autorise la conquête de territoires non revendiqués par un autre état européen. Plus tard, au 19e siècle, il se transforme et autorise la conquête de tout territoire sans état. C’est le fantasme réalisé du sionisme : « une terre sans peuple… ». Mais on sait que « les déserts ne sont pas vides ». Ils sont même parfois peuplés de nos démons (Azazel).
Il y a eu dans les expressions utilisées pour lancer l’opération d’annihilation, raser Gaza, aplatir Gaza, la transformer en parking lots, la ramener à l’âge de pierre, une idée de retour au ground zero. La directive Hannibal elle-même, formulée en 1986, révoquée en 2016, et à nouveau appliquée depuis le 7 octobre 2023, porte dans son nom le commandement de la destruction : Gaza delenda est. Le journal Haaretz l’expliquait ainsi en 2003 :
Lors d’un enlèvement, la principale mission est de sauver nos soldats des ravisseurs, même si cela doit se faire au prix de blesser nos soldats. Des armes à feu légères doivent être utilisées afin de mettre les ravisseurs à terre ou de les arrêter. Si le véhicule ou les ravisseurs ne s’arrêtent pas, un seul coup de feu (sniper) doit être tiré, délibérément, afin de frapper les ravisseurs, même si cela implique de toucher nos soldats. En tout cas, tout sera fait pour arrêter le véhicule et ne pas permettre aux ravisseurs de s’échapper.[5]
Le message sous-entendu de l’ordre était : du point de vue de l’armée, mieux vaut un soldat mort plutôt qu’un soldat captif qui peut être torturé et peut obliger l’État à libérer des milliers de prisonniers pour obtenir leur libération. Le fait qu’Israël indique que ce nom a été trouvé par un algorithme ne fait qu’ajouter à l’usage maléfique de l’intelligence artificielle dans la guerre « moderne » qu’Israël est en train d’étendre à tout le Moyen-Orient, à partir de son expérience sur Gaza.
Si les métaphores jouent un rôle clé « non seulement dans le langage mais dans la pensée et l’action », comme l’affirment George Lakoff et Mark Johnson[6], cités dans un des articles de la Bibliographie commentée[7], alors deux noms porteurs de métaphores dont le sens s’est étendu jusqu’à s’ancrer dans une large part de la société israélienne, méritent ici d’être examinés : Azazel et Amalek.
Azazel

Avec ce terme, je voudrais évoquer ici un personnage et un discours israélien qui est revenu me hanter.
Comment, et quand, à l’expression lech le א–azazel (« va au diable »), s’est ajoutée celle de : lech le א–aza (« va à Gaza ») ? Et soudain la proximité des mots me frappe. C’est comme si on avait raccourci Azazel. Et enfin, je vais chercher ce que ce mot Azazel signifie. Je dis enfin, parce que ma relation à cette expression vient de très loin : un rêve de 1972 à Haïfa, où je venais d’arriver comme étudiante, et où j’affrontais les difficultés de l’étrangère dans une société inconnue.
Dans mon rêve, Azazel était le nom d’un grand chien noir et menaçant que je voulais éloigner de moi, et je lui criais pour le chasser : « Lech leazazel ! », reprenant l’expression courante en hébreu, que je venais d’apprendre : « Va au diable ! »
Mais entendant appeler son nom, le grand chien noir ne cessait de revenir vers moi. Et je le chassais encore avec la même expression, et il revenait toujours puisqu’appelé par son nom. C’était un cauchemar. Ce mouvement alternatif : chasser/appeler, traduisait je crois, outre bien d’autres interprétations possibles, une injonction paradoxale dans laquelle je me trouvais déjà prise sans le savoir.
Azazel serait à l’origine le nom d’un ange déchu devenu démon. Une cérémonie religieuse désignait chaque année deux boucs victimes expiatoires, l’un sacrifié à Jehovah, et l’autre à Azazel. Le second était chargé de tous les péchés du peuple et envoyé à Azazel, « envoyé au diable », chassé vers le désert où il devrait errer[8]. L’étymologie donne l’origine du mot Azazel dans le verbe azaz, « séparer, éloigner ».
Or on peut faire remonter aux années cinquante l’utilisation de l’expression raccourcie Lech Le‘Aza, « Va au diable », qui identifie par proximité Gaza et sa population à Azazel, le démon séparé, le diable, et au bouc émissaire qui lui est dédié, destiné à errer dans le désert .
Le monde colonial est bien celui de la séparation radicale entre colons et colonisé·es que Fanon décrivait. Si cette expression en est la parfaite illustration, il nous faut noter que la cérémonie consistait à projeter le mal « en soi » sur le bouc émissaire afin de s’en débarrasser. Cette projection du mal intérieur continue sans doute d’agir contre la population de Gaza.
Amalek
C’est un autre personnage mentionné à plusieurs reprises dans la Bible, qui est devenu l’appellation des Palestinien·nes, d’abord par les colons de Cisjordanie, et aujourd’hui par une majorité d’Israélien·nes même non religieux. Dans son article intitulé « Turning Palestine into a Terra Nullius: On Amalek and “Miracles” », Atalia Omer s’est intéressée à la modalité génocidaire portée par l’usage extensif de cette dénomination en Israël.[9] Elle rappelle l’histoire biblique : l’Exode rapporte que la tribu d’Amalek avait attaqué et décimé l’arrière de la caravane affaiblie et épuisée de l’exode d’Égypte (Exode 17 : 8) ; Dieu jure alors d’exterminer les Amalécites (Exode 17 : 14) ; et plus tard il ordonne au roi Saül de se souvenir et d’anéantir Amalek (1 Samuel 15 : 3).

Atalia Omer rapporte que lors de la libération de prisonniers de la prison Ofer en Cisjordanie, dans le cadre du cessez-le-feu en octobre 2025, une pancarte en trois langues, hébreu, anglais et arabe, avait été apposée par les services de sécurité sur le mur extérieur de la prison. Elle évoquait le Psaume 18 : 28 : « J’ai poursuivi mes ennemis et je les ai rattrapés ; je ne me suis pas détourné avant qu’ils ne soient anéantis. » Les exégèses rabiniques ont fait de l’épisode des Amalécites un combat contre l’idôlatrie ou contre le mal en soi :
Le consensus rabbinique, écrit Amalia Omer, a favorisé une interprétation de l’existence métaphysique d’Amalek comme une raison de réorienter l’action humaine afin de la concentrer sur l’accomplissement des mitzvot[10] et l’étude de la Torah. […] En conséquence, “effacer Amalek” signifie une pratique intentionnelle de défense contre l’idolâtrie […]. Une telle approche de la lutte contre Amalek, considérée comme une lutte intra-personnelle contre les pulsions et les pensées impies, domine les traditions hassidiques. (p. 281[11]).
Ce n’est évidemment pas l’usage privilégié par les colons qui appliquent la formule littéralement, c’est à dire appellent au génocide. Cet appel s’est aujourd’hui généralisé dans la société israélienne, rejoint par des personnalités notoirement athées. La propagation de l’expression comme appel au génocide, loin d’être l’apanage d’une religiosité réactionnaire, constitue plutôt un retour aux sources du sionisme colonial européen. Atalia Omer se demande « pourquoi des politiciens sionistes juifs laïques et d’autres personnes occupant des postes de direction recourent-ils au littéralisme biblique pour légitimer leurs visions violentes » (p. 273), en apportant de nombreux exemples de cette généralisation qui affecte le discours sioniste séculier depuis les présidents de l’université de Tel Aviv jusqu’à Netanyahu lui-même. Elle étudie la relation entre cette violence religieuse et la violence coloniale. Pour elle, c’est à la source du sionisme chrétien et de la soi-disant laïcité judéo-chrétienne que sont associés violence et miracle. La violence exercée par Amalek permet le miracle de l’expansion-extermination : « Amalek et le “miracle” sacralisent l’œuvre de conquête, d’expulsion et d’extermination qui a également sous-tendu la colonisation laïque de la Palestine » (p. 273). Et elle conclut :
Plutôt que de trouver son origine dans une source divine, la capacité souveraine « miraculeuse » d’Israël à devenir l’exception à la règle découle de la constellation judéo-chrétienne de l’impunité internationale. Par conséquent, on ne peut pleinement comprendre le déploiement de la logique génocidaire du discours sur Amalek en dehors de l’idolâtrie du pouvoir étatique et du recours du sionisme au colonialisme de peuplement. En tant que mouvement politique, le sionisme a cherché, dès ses débuts, à faire de cette terre une terra nullius. La « judaïsation » ou la « rédemption » de la terre a dépendu d’une « ligne de crédit » internationale/impériale depuis la Déclaration Balfour. (p. 289)
On retrouve d’ailleurs dans le sionisme du début le concept de « destinée manifeste », forgé aux États-unis pour justifier l’annexion du Texas. Sa première occurrence se trouve dans un article de John L. O’Sullivan, intellectuel calviniste proche du parti Démocrate, défendant « l’accomplissement de notre destinée manifeste de nous déployer sur le continent que la Providence nous a attribué pour le libre développement de nos millions d’habitants qui se multiplient chaque année. »[12] L’argument s’appuie d’ailleurs sur le texte de la Genèse chapitre 9-7 : « Quant à vous, soyez féconds et multipliez-vous, répandez-vous sur la Terre ». Et Atalia Omer résume le propos de John Corrigan expliquant « comment la consolidation de la doctrine du Destin manifeste au 19e siècle s’est construite sur une lecture expansive d’Amalek, en s’appuyant sur ses usages antérieurs des 17e et 18e siècles […] pour autoriser la destruction génocidaire des peuples autochtones. » (p. 277) [13]
Ceci confirme que le génocide est bien l’outil du colonialisme de peuplement, depuis longtemps et sous bien d’autres latitudes. Si la diabolisation de deux millions et demi d’habitants de Gaza a été faite par le langage, si le génocide a été appelé grâce à l’amalékisation de cette population, le terme génocide est pourtant devenu tabou dans les grands médias occidentaux, qui le récusent tout simplement. Pourtant la définition juridique de ce terme ne s’appuie pas sur le nombre de victimes ou sur l’ampleur des destructions, mais se fonde essentiellement sur l’intentionnalité de détruire un groupe ethnique ou religieux, c’est-à-dire sur les mots qui la révèlent. Le génocide est avant tout caractérisé par un langage qui le prépare, l’appelle, et permet sa réalisation. Dans un article publié dans Haaretz en janvier 2024 sous le titre « Yad Vashem se dérobe à son devoir face à la rhétorique génocidaire israélienne », l’historien spécialiste de la Shoah, Amos Goldberg, signale que « plus de 500 déclarations publiques génocidaires ont été faites par des dirigeants, des officiers supérieurs, des législateurs, des journalistes et d’autres personnages influençant l’opinion publique. […] un horrible discours d’anéantissement s’est développé en Israël. Il a été proféré par de hauts responsables politiques, des personnalités médiatiques, des artistes et des officiers de l’armée, et s’est répandu dans de larges pans de la société. »[14] Azazel comme Amalek sont, avec autres très nombreux, des signes du génocide.
J’ai voulu ouvrir cette postface avec une remarque de Laure Naveau sur le rapport entre les mots et les images ; je la clos aussi avec elle : « Face à l’obscénité des images de guerre et de mort, face au négationnisme dominant et à la volonté cynique de terroriser les peuples, il faut endiguer la jouissance débridée du regard. »
Une tâche que remplit indéniablement ce livre.
Paris, le 30 mars 2026
Mention de la source du contenu multimédia
- Azazel. Louis Le Breton (1818–1866), Illustration pour l’article « Azazel » dans le Dictionnaire infernal par Collin de Plancy, 1825. Attribution : Louis Le Breton, domaine public via Wikimedia Commons. Source : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5754923d/f79.image
- Amalek. « Moïse assiste, du haut d’une colline, à la victoire de Saül sur l’armée d’Amalek », 1522. Graveur : anonyme, d’après un dessin de Hans Holbein II (peut-être), éditeur : Jean Benoît. Attribution : Rijksmuseum, CC0, via Wikimedia Commons. Source : http://diglib.hab.de?grafik=graph-res-d-326-1
- Naveau Laure, 2024, « Beauté et pudeur. Réflexions sur l’obscène », Actes du congrès Clinique du regard, Nouvelle école lacanienne de psychanalyse, https://www.nlscongress2024.amp-nls.org/blogposts/beaut-pudeur-naveau ↵
- Bondy, Assaf S., & Raz, Adam. 2025. הלקסיקון של הברוטליות: מונחים מרכזיים ממלחמת עזה [Le lexique de la brutalité : termes clés de la guerre de Gaza]. Haifa : Pardes. ↵
- Interview des auteurs dans Romain, Yves. 2025. « Les mots façonnent la conscience collective des Israéliens à l'égard des Palestiniens ». Le Club de Médiapart, https://blogs.mediapart.fr/yves-romain/blog/080525/les-mots-faconnent-la-conscience-collective-des-israeliens-legard-des-palestiniens-0 ↵
- Fanon Frantz, 1961, Les damnés de la terre, Paris, François Maspero, p. 45. ↵
- Leibovich-Dar Sara, « The Hannibal Procedure [archive] », Haaretz, 21 mai 2003. ↵
- Lakoff George & Johnson Mark, 1980, Metaphors we live by, Chicago and London, The University of Chicago Press, p. 3. ↵
- Maalej, A. Zouheir & Zibin Aseel. 2024. « Metaphors they kill by: Dehumanization of Palestinians by Israeli officials and sympathizers ». International Journal of Arabic-English Studies 25(1). https://doi.org/10.33806/ijaes.v25i1.693 ↵
- « Aaron jettera le sort sur les deux boucs, un sort pour l'Éternel et un sort pour Azazel », Lévitique 16 : 8. ↵
- Omer Atalia. 2026. « Turning Palestine into a Terra Nullius: On Amalek and “Miracles” », Journal of Genocide Research, 28:2 : 272-293. https://doi.org/10.1080/14623528.2025.2504737 ↵
- Les commandements formulés dans la Torah. ↵
- Toutes les traductions en français des extraits de l’article d’Atalia Omer sont de mon fait. ↵
- O’Sullivan, John L. 1845. « Annexation ». The United States Magazine and Democratic Review. Vol. xvii. https://publications.newberry.org/k12maps/module_14/images/o_sullivan.pdf ↵
- Corrigan, John. 2011. « Amalek and the Rhetoric of Extermination », in The First Prejudice: Religious Tolerance and Intolerance in Early America, edited by Chris Beneke and Christopher S. Grenda: 53-72. Philadelphia: University of Pennsylvania Press. ↵
- Goldberg, Amos. 2024. « Yad Vashem Is Shirking Its Duty in the Face of Israeli Genocidal Rhetoric », Haaretz. https://www.haaretz.com/opinion/2024-01-22/ty-article-opinion/.premium/yad-vashem-is-shirking-its-duty-in-the-face-of-israeli-genocidal-rhetoric/0000018d-2c7e-db77-ad9f-ff7ee0d90000 (ma traduction) ↵