Résumés
Partie 1. Noms et lieux
Léda Mansour
« Une nouvelle cartographie de la Palestine ». Quand la géographie intime résiste à la Dilution
Résumé
Si la Palestine avait un goût, quel serait-il ? Quelle alchimie le gouvernement israélien déploie-t-il pour parfaire son processus de déglutition ultime ? Comment les Palestiniens peuvent-ils contrer cette absorption ? Ce texte, à la fois narratif et intime, explore l’imagination active comme une nouvelle cartographie : un outil pour faire exister la Palestine au-delà de sa propre dilution.
« A New Cartography of Palestine. » When Intimate Geography Resists Dilution
Abstract
If Palestine had a taste, what would it be? What alchemy does the Israeli government deploy to perfect its process of ultimate deglutition? How can Palestinians counteract these acts of absorption? This text, both narrative and personal, explores Active imagination as a new cartography: a tool to bring Palestine into existence beyond its own dilution.
خارطة جديدة لفلسطين: الجغرافيا الحميمية في مواجهة التذويب
ملخّص
لو كان لفلسطين طعم، فما عساه أن يكون؟ وما هي الخيمياء التي تستخدمها الحكومة الإسرائيلية لإتمام عملية « الابتلاع » الأخير؟ وكيف يمكن للفلسطينيين أن يواجهوا هذا التذويب؟ يستكشف هذا النص، بأسلوبه السردي والشخصي، مفاتيح للإجابة عبر اقتراح « الخيال النشط » كخريطة جديدة… أداة لإبقاء فلسطين موجودة بكيانها، مما يسمح لها بتجاوز التلاشي
Ahmed Alustath
Nommer les acteurs de la question de Palestine : Israéliens et Palestiniens
Résumé
Le texte analyse les dénominations utilisées par l’ONU pour désigner les deux acteurs centraux de la question de Palestine : les Israéliens et les Palestiniens. Ces dénominations varient selon les contextes historiques, politiques, juridiques et sémantiques, et jouent un rôle clé dans les enjeux de reconnaissance et de légitimation. L’étude s’appuie sur un corpus onusien analysé par des outils de textométrie, permettant d’identifier différents patrons lexico-grammaticaux. Les termes employés relèvent notamment des catégories « peuple », « population », « communauté », « citoyens », « colons », ainsi que des ethnonymes et démonymes. Les fréquences d’emploi montrent une prédominance des expressions peuple palestinien et Palestiniens, reflétant l’absence prolongée d’un État palestinien reconnu. À l’inverse, les Israéliens sont souvent désignés indirectement par des références étatiques telles que Israël ou État d’Israël. L’évolution diachronique révèle un passage progressif des catégories ethniques et religieuses (Juifs, Arabes) vers des identités nationales. Cette évolution correspond aux transformations géopolitiques majeures, notamment la création d’Israël, la guerre de 1967 et la reconnaissance de l’OLP en 1974. Les choix terminologiques de l’ONU reflètent ainsi des positions politiques implicites concernant la citoyenneté, la souveraineté et les droits fondamentaux. L’étude montre que le langage onusien constitue un enjeu central dans la construction et la reconnaissance des identités israélienne et palestinienne.
Naming the actors in the Palestinian question: Israelis and Palestinians
Abstract
The text analyses the terms used by the UN to refer to the two central actors in the Palestinian question: Israelis and Palestinians. These terms vary according to historical, political, legal and semantic contexts, and play a key role in issues of recognition and legitimisation. The study is based on a UN corpus analysed using textometric tools, which enable different lexical and grammatical patterns to be identified. The terms used fall into categories such as “people”, “population”, “community”, “citizens” and “settlers”, as well as ethnonyms and demonyms. The frequency of use shows a predominance of the expressions Palestinian people and Palestinians, reflecting the prolonged absence of a recognised Palestinian state. Conversely, Israelis are often referred to indirectly by state references such as Israel or the State of Israel. The diachronic evolution reveals a gradual shift from ethnic and religious categories (Jews, Arabs) to national identities. This evolution corresponds to major geopolitical transformations, notably the creation of Israel, the 1967 war and the recognition of the PLO in 1974. The UN’s terminological choices thus reflect implicit political positions on citizenship, sovereignty and fundamental rights. The study shows that UN language is a central issue in the construction and recognition of Israeli and Palestinian identities.
تسمية الفاعلين في القضية الفلسطينية: الإسرائيليون والفلسطينيون
ملخّص
يحلّل النصّ التسميات التي تستخدمها الأمم المتحدة للإشارة إلى الفاعلين المركزيين في قضية فلسطين، أي الإسرائيليين والفلسطينيين. وتتغيّر هذه التسميات بحسب السياقات التاريخية والسياسية والقانونية والدلالية، كما تؤدّي دورًا أساسيًا في رهانات الاعتراف وإضفاء الشرعية. وتستند الدراسة إلى مدوّنة نصّية للأمم المتحدة جرى تحليلها بأدوات التكسطومترية (Textométrie)، بما يتيح الكشف عن أنماط معجمية–نحوية متمايزة. وتندرج المصطلحات المستعمَلة خصوصًا ضمن فئات من قبيل «الشعب»، «السكان»، «الجماعة»، «المواطنون»، «المستوطنون»، فضلًا عن أسماء الجماعات (الإثنونيمات) وأسماء سكان المكان (الديمونيمات). وتُظهر تواترات الاستعمال غلبة تعبيرَي «الشعب الفلسطيني» و«الفلسطينيون»، بما يعكس الغياب الطويل لدولة فلسطينية معترف بها. وفي المقابل، يُشار إلى الإسرائيليين غالبًا بصورة غير مباشرة عبر إحالات دولاتية من قبيل «إسرائيل» أو «دولة إسرائيل». ويكشف التطوّر الزمني عن انتقال تدريجي من الفئات الإثنية والدينية («الـيهود» و«العرب») نحو هويات وطنية، وهو انتقال يتوازى مع التحوّلات الجيوسياسية الكبرى، ولا سيّما قيام إسرائيل، وحرب 1967، والاعتراف بمنظمة التحرير الفلسطينية سنة 1974. وتعكس الخيارات المصطلحية للأمم المتحدة مواقف سياسية ضمنية تتصل بقضايا المواطنة والسيادة والحقوق الأساسية. وتبيّن الدراسة أنّ اللغة الأممية تُشكّل رهانًا مركزيًا في بناء الهويتين الإسرائيلية والفلسطينية وفي عمليات الاعتراف بهما.
Marie-Anne Paveau
Des noms, des vies, Gaza. Le sens des mots dans leurs points d’énonciation
Résumé
Cet article examine la manière dont les noms et expressions désignant les protagonistes et les realia de la guerre génocidaire qui se déroule actuellement en Palestine sont à la fois employés et commentés par différents locuteur·trices francophones et anglophones. Les deux plans de l’usage des mots et de leur commentaire métalinguistique sont pris en compte afin de montrer comment se manifestent concrètement les points d’énonciation et d’existence des sujets. On analyse d’abord ce qui est communément appelé « guerre des mots » à propos de la question de Palestine, en montrant qu’elle se double d’une concurrence des récits installée depuis les origines de l’État d’Israël, deux phénomènes qu’il faut comprendre davantage comme les manifestations de points de vue situés que comme des énoncés susceptibles d’une vérification historique. On examine ensuite deux dispositifs de production d’énoncés qui amènent un effacement des vies palestiniennes, la diplomatie publique ou hasbara des gouvernements israéliens successifs et la reformulation des connaissances dans les manuels scolaires. On rend compte enfin de pratiques linguistiques spontanées de chercheurs hors de la linguistique qui fournissent des descriptions lexicographiques et des analyses critiques, permettant une compréhension des enjeux des mots et des discours dans la séquence historique actuelle.
Names, lives, Gaza. The meaning of words in their points of enunciation
Abstract
This article examines how the names and expressions used to refer to the protagonists and realia of the genocidal war currently taking place in Palestine are both used and commented on by different French- and English-speaking speakers. Both the use of words and their metalinguistic commentary are taken into account in order to show how the points of enunciation and existence of the subjects manifest themselves in concrete terms. First, we analyse what is commonly referred to as the ‘war of words’ over the Palestinian question, showing that it is accompanied by a competition between narratives that has existed since the origins of the State of Israel. These two phenomena should be understood more as manifestations of situated points of view than as statements that can be historically verified. We then examine two mechanisms for producing statements that lead to the erasure of Palestinian lives: the public diplomacy or hasbara of successive Israeli governments and the reformulation of knowledge in school textbooks. Finally, we report on spontaneous linguistic practices by researchers outside the field of linguistics who provide lexicographical descriptions and critical analyses, enabling an understanding of the issues at stake in words and discourse in the current historical sequence.
Boualem Fardjaoui
Cadrage sémantique et enjeux géopolitiques : comment al Jazeera et al Arabiya désignent et thématisent la guerre à Gaza
Résumé
Le conflit de 2023 à Gaza s’accompagne d’une représentation sémantique et informative dans la presse du monde arabe. Cet article examine comment Al Jazeera (Qatar) et Al Arabiya (Arabie Saoudite) construisent des récits antagonistes pour servir les intérêts géopolitiques de leurs États propriétaires respectifs. Al Jazeera adopte une ligne de mobilisation, recourant à un lexique de « résistance » et de « sacrifice » pour dénoncer l’asymétrie du conflit. Al Arabiya, quant à elle, privilégie une posture de stabilisation régionale, utilisant un ton diplomatique axé sur la « tragédie humaine », « l’impact du conflit sur la région » et la « négociation ». Cette divergence discursive illustre que le choix des mots n’est jamais neutre, mais constitue un outil de soft power visant à influencer l’opinion publique.
Semantic framing and geopolitical stakes: how al Jazeera and al Arabiya refer to and thematize the war in Gaza
Abstract
The 2023 Gaza conflict is not only a military confrontation but also a war of words and information in the Arab media. This paper examines how Al Jazeera (Qatar) and Al Arabiya (Saudi Arabia) construct contrasting narratives to serve the geopolitical interests of their respective state owners. Al Jazeera emphasizes « resistance » and « sacrifice » to portray the conflict as unjust, whereas Al Arabiya highlights « human tragedy, » « regional impact, » and « negotiation. » This discursive divergence demonstrates that word choice is never neutral, it serves as a tool of soft power to shape public opinion.
Partie 2. Entretien
« Balancing emotion and analysis ». Interview with Ibrahim M. Alsemeiri
Abstract
In this interview, Palestinian linguist Ibrahim M. Alsemeiri describes his career path, the main lines of his research, and the conditions of his current academic activities in Gaza. He reflects on the specific challenges posed to the language sciences by the war on Gaza and the role this discipline can play in the expressibility, or conversely the unspeakability, of realities related to wars and genocides. He analyzes the strategies of avoidance or erasure of Palestinian voices in dominant discourses and shows how linguistics can engage with history, sociology, and political science to analyze discourses on the war on Gaza. He explains that, in his view, the language sciences have a particular responsibility in the face of this event and shows how he, for his part, tries to maintain a position between emotion and analysis, and to safeguard the scientific rigor that allows for the best possible understanding of the world’s realities.
« Balancing emotion and analysis ». Entretien avec Ibrahim M. Alsemeiri
Résumé
Dans cet entretien, le linguiste palestinien Ibrahim M. Alsemeiri décrit son parcours, les grandes lignes de sa recherche et les conditions de ses activités académiques à Gaza actuellement. Il réfléchit aux défis particuliers posés aux sciences du langage par la guerre contre Gaza et au rôle que cette discipline peut avoir dans la dicibilité ou au contraire l’indicibilité des réalités liées aux guerres et aux génocides. Il analyse les stratégies d’évitement ou d’effacement des voix palestiniennes dans les discours dominants et montre comment la linguistique peut dialoguer avec l’histoire, la sociologie et la science politique pour analyser les discours sur la guerre contre Gaza. Il explique que selon lui les sciences du langage ont une responsabilité particulière face à cet événement et montre comment il essaie pour sa part de tenir une position entre l’émotion et l’analyse, et de sauvegarder la rigueur scientifique qui permet de rendre compte au mieux des réalités du monde.
Partie 3. Discours et représentations
Hadjira Medane
Représentation(s) de l’ennemi dans le discours révolutionnaire en ligne : le cas du conflit à Gaza
Résumé
Cet article examine la construction de la figure de l’ennemi dans le discours révolutionnaire en ligne autour du conflit à Gaza, à partir d’un corpus de tweets publiés sur la plateforme X entre 2023 et 2024. L’analyse montre que le discours militant mobilise un lexique axiologique, des analogies historiques et une rhétorique émotionnelle pour représenter l’adversaire comme un « bourreau génocidaire ». Cette représentation s’articule à une polarisation discursive fondée sur l’opposition « eux / nous », qui oppose l’oppresseur inhumain à un « nous » collectif de victimes légitimes et de résistants. Les hashtags apparaissent comme des dispositifs techno-discursifs condensant et diffusant ces représentations, et jouant un rôle clé dans la mobilisation et la légitimation du discours révolutionnaire en ligne.
Representation(s) of the enemy in online revolutionary discourse: the case of the conflict in Gaza
Abstract
This article examines the construction of the figure of the enemy in online revolutionary discourse surrounding the Gaza conflict, based on a corpus of tweets published on the platform X between 2023 and 2024. The analysis shows that militant discourse mobilizes a axiological lexicon, historical analogies, and emotional rhetoric to portray the adversary as a “genocidal executioner.” This representation is structured through a discursive polarization based on the “us/them” opposition, which contrasts an inhuman oppressor with a collective “us” of legitimate victims and resisters. Hashtags emerge as techno-discursive devices that condense and circulate these representations, playing a key role in the mobilization and legitimation of online revolutionary discourse.
تمثلات العدو في الخطاب الثوري عبر الإنترنت: حالة الصراع في غزة
ملخّص
يتناول هذا المقال بناء صورة العدو في الخطاب الثوري الرقمي المرتبط بالصراع في غزّة، اعتمادًا على مدوّنة من التغريدات نُشرت على منصّة X بين عامي 2023 و2024. تُظهر الدراسة أنّ الخطاب النضالي يوظّف معجمًا تقويميًا وتشبيهات تاريخية إضافة الى بلاغة عاطفية لتمثيل الخصم بوصفه «جلّادًا إباديًا». وترتبط هذه الصورة بحالة من الاستقطاب الخطابي القائم على ثنائية «نحن / هم»، حيث يُقابَل المُضطهِد اللاإنساني بـ«نحن» جماعي يضمّ ضحايا شرعيين ومقاومين. كما تبرز الهاشتاغات بوصفها آليات تقنيّة-خطابيّة تقوم بتكثيف هذه التمثّلات ونشرها، وتؤدّي دورًا محوريًا في التعبئة وإضفاء الشرعيّة على الخطاب الثوري في الفضاء الرقمي.
Ashjan Sadique, Elizabeth Hazin, Keithe Souza Matos Abdel Hamid
A força da palavra e a fragilidade da escuta: discursos de dominação sobre a Palestina
Resumo
Este artigo versa a respeito dos discursos enquanto constituintes de nossa realidade e percepção sobre ela, e da influência dos discursos hegemônicos e contra-hegemônicos, legitimados e silenciados a respeito da Questão Palestina. Sua justificativa se dá pelo fato da Linguística ser uma área ainda com poucos estudos e produções sobre este contexto. Partimos da constatação de que as distorções sobre a Questão Palestina estão presentes na mídia, na academia, na ciência, na historiografia, moldando a visão ainda dominante e factualmente incoerente de Israel como vítima e de palestinos como terroristas. Desta maneira, realizamos uma discussão a respeito dos discursos sionistas, seu caráter político-ideológico, seu poder, a despeito de sua não cientificidade, a influenciar a percepção internacional, haja visto o excesso de palavras sionistas, e a ausência de escuta dos palestinos que historicamente gritam e só recentemente passaram a ser ouvidos. Como metodologia principal, partimos da Análise Crítica do Discurso que articula análise textual, prática discursiva e prática social. Como conclusão, inferimos que dar relevância e escuta às vozes palestinas é romper o histórico pacto de silêncio imposto pelo colonialismo e reafirmar a linguagem como dimensão de justiça e de emancipação, ocupando o espaço da palavra a que temos direito.
Le pouvoir des mots et la fragilité de l’écoute : discours de domination sur la Palestine
Résumé
Cet article examine les discours comme constituants de notre réalité et de notre perception de celle-ci, ainsi que l’influence des discours hégémoniques et contre-hégémoniques, légitimés ou occultés, concernant la question palestinienne. Il se justifie par le fait que la linguistique est un domaine peu exploré sur ce sujet. Nous partons du constat que des distorsions concernant la question palestinienne sont présentes dans les médias, le monde universitaire, les sciences et l’historiographie, contribuant à façonner la vision, encore dominante et factuellement incohérente, d’Israël comme victime et des Palestiniens comme terroristes. Nous analysons ainsi les discours sionistes, leur caractère politico-idéologique et leur capacité, malgré leur manque de rigueur scientifique, à influencer la perception internationale, compte tenu de la profusion de la rhétorique sioniste et du silence imposé aux Palestiniens qui, historiquement, se sont égosillés et ne commencent que récemment à être entendus. Notre principale méthodologie repose sur l’analyse critique du discours, qui articule analyse textuelle, pratique discursive et pratique sociale. En conclusion, nous estimons que donner de l’importance aux voix palestiniennes et les écouter, c’est rompre le pacte historique de silence imposé par le colonialisme et réaffirmer le langage comme une dimension de justice et d’émancipation, occupant l’espace de la parole auquel nous avons droit.
The power of words and the fragility of listening: discourses of domination regarding Palestine
Abstract
This article discusses discourses as constituents of our reality and perception of it, and the influence of hegemonic and counter-hegemonic discourses, both legitimized and silenced, regarding the Palestinian Question. Its justification lies in the fact that Linguistics is an area with few studies and productions on this context. We start from the observation that distortions about the Palestinian Question are present in the media, academia, science, and historiography, shaping the still dominant and factually inconsistent view of Israel as a victim and Palestinians as terrorists. In this way, we conduct a discussion about Zionist discourses, their political-ideological character, their power, despite their lack of scientific rigor, to influence international perception, given the excess of Zionist words, and the absence of listening to Palestinians who have historically cried out and only recently begun to be heard. As our main methodology, we use Critical Discourse Analysis, which articulates textual analysis, discursive practice, and social practice. In conclusion, we infer that giving relevance and listening to Palestinian voices is to break the historical pact of silence imposed by colonialism and reaffirm language as a dimension of justice and emancipation, occupying the space of speech to which we are entitled.
Ibrahim M. Alsemeiri, Duaa M. Elsemeiri, Ciarán O. Carroll, Yousef M. Aljamal
الشرعنة تحت التدقيق الشديد :تحليل خطاب نقدي لخطاب نتنياهو أمام الجمعية العامة للأمم المتحدة لعام 2024
الملخّص
تتناول هذه الدراسة بشكلٍ نقدي خطاب رئيس الوزراء بنيامين نتنياهو أمام الجمعية العامة للأمم المتحدة لعام 2024، مع التركيز على كيفية التلاعب الاستراتيجي باللغة لتبرير أفعال وُصفت على نطاق واسع بأنها إبادة جماعية في غزة من قِبل الأمم المتحدة ومنظمات حقوق الإنسان والهيئات القانونية الدولية. وبالاعتماد على المقاربة الاجتماعية-المعرفية لتحليل الخطاب النقدي لدى فان دايك، تفحص الدراسة بصورة منهجية الاستراتيجيات البلاغية التي يوظفها نتنياهو. ويركّز التحليل على المعجمية والاستعارة بوصفهما أداتين تحليليتين، لبيان كيفية إسهام هذه الوسائل في بناء سرديات الشرعية والتفوق الأخلاقي، مع تهميش وجهات النظر المعارضة. وتعالج الدراسة سؤالين رئيسين: كيف يسهم استخدام نتنياهو للتقابلات الثنائية في إضفاء الشرعية على الأفعال الإسرائيلية وتهميش المنظور الفلسطيني في خطاب الأمم المتحدة؟ وكيف تعزّز هذه الاختيارات اللغوية ثنائية الحضارة مقابل البربرية؟
وتكشف النتائج عن مفارقة واضحة؛ فنتنياهو، في معرض رده على اتهامات بالإبادة الجماعية، يستخدم منبر الأمم المتحدة لانتقاد إجراءاتها ولوائحها، بما يتحدى القيم العالمية وشرعية المؤسسات ذاتها المكلّفة بحماية القانون الدولي. ولا تسعى هذه الاستراتيجية البلاغية إلى تحويل اللوم والتنصل من المساءلة فحسب، بل تعمل أيضاً على تصوير إسرائيل بوصفها مدافعاً عن الديمقراطية والحضارة في مواجهة خصم يُصوَّر على أنه بربري. وتُظهر النتائج أن نتنياهو يوظّف اللغة بشكل استراتيجي لحجب انتهاكات موثقة للقانون الدولي، بما في ذلك سقوط أعداد كبيرة من الضحايا المدنيين وتدمير البنية التحتية الأساسية. كما تُضعف خطابه من مصداقية المؤسسات الدولية وتبرر سياسات مثيرة للجدل، مما يشكّل تحدياً كبيراً لإنفاذ العدالة الدولية وحماية حقوق الإنسان.
Legitimization Under Extreme Scrutiny: A Critical Discourse Analysis of Netanyahu’s 2024 UN General Assembly Speech
Abstract
This study critically examines Prime Minister Benjamin Netanyahu’s 2024 United Nations General Assembly speech, focusing on how language is strategically manipulated to justify actions widely referred to as genocide in Gaza by the United Nations, human rights organizations, and international legal bodies. Using van Dijk’s socio-cognitive approach to Critical Discourse Analysis, this study systematically examines Netanyahu’s rhetorical strategies. The analysis focuses on lexicalization and metaphor as analytical tools, examining how these devices construct narratives of legitimacy and moral superiority while marginalizing opposing perspectives. The research addresses two key questions: How Netanyahu’s use of binary oppositions legitimizes Israeli actions and marginalizes Palestinian perspectives in the UN speech, and how these linguistic choices reinforce a dichotomy between civilization and barbarism. The analysis reveals a stark irony: Netanyahu, while addressing allegations of genocide, uses the UN platform to criticize its own procedures and regulations, challenging global values and the legitimacy of the very institutions tasked with upholding international law. This rhetorical strategy not only seeks to shift blame and deflect accountability but also positions Israel as a defender of democracy and civilization in opposition to a supposedly barbaric adversary. The findings reveal that Netanyahu strategically uses language to mask documented breaches of international law, including extensive civilian casualties and the destruction of essential infrastructure. His rhetoric reduces the credibility of global institutions and justifies controversial policies, posing a significant challenge to the enforcement of international justice and the protection of human rights.
Une légitimation sous le feu des projecteurs : une analyse critique du discours de Netanyahu à l’Assemblée générale des Nations Unies de 2024
Résumé
Cette étude examine de manière critique le discours prononcé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’Assemblée générale des Nations Unies en 2024, en s’intéressant à la manière dont le langage est stratégiquement manipulé pour justifier des actions largement qualifiées de génocide à Gaza par les Nations Unies, les organisations de défense des droits humains et les instances juridiques internationales. S’appuyant sur l’approche socio-cognitive de l’analyse critique du discours de Van Dijk, cette étude examine systématiquement les stratégies rhétoriques de Netanyahu. L’analyse se concentre sur la lexicalisation et la métaphore en tant qu’outils analytiques, examinant comment ces procédés construisent des récits de légitimité et de supériorité morale tout en marginalisant les perspectives opposées. La recherche aborde deux questions clés : comment l’utilisation par Netanyahu d’oppositions binaires légitime les actions israéliennes et marginalise les perspectives palestiniennes dans son discours à l’ONU ? Et comment ces choix linguistiques renforcent-ils une dichotomie entre civilisation et barbarie ? L’analyse révèle une ironie frappante : Netanyahu, tout en répondant aux allégations de génocide, utilise la tribune de l’ONU pour critiquer ses propres procédures et règlements, remettant en cause les valeurs mondiales et la légitimité des institutions mêmes chargées de faire respecter le droit international. Cette stratégie rhétorique vise non seulement à rejeter la faute sur autrui et à se soustraire à ses responsabilités, mais aussi à présenter Israël comme un défenseur de la démocratie et de la civilisation face à un adversaire prétendument barbare. Les conclusions de la recherche révèlent que Netanyahu utilise stratégiquement le langage pour masquer des violations avérées du droit international, notamment de lourdes pertes civiles et la destruction d’infrastructures essentielles. Sa rhétorique discrédite les institutions internationales et justifie des politiques controversées, ce qui constitue un obstacle majeur à l’application de la justice internationale et à la protection des droits humains.