1 Quelques mots sur Jean-Marie Tremblay

Émilie Tremblay

Jean-Marie est né à Jonquière le 23 août 1948 dans une famille de neuf enfants. Il a commencé son cours classique au Collège classique de Jonquière. Il a ensuite poursuivi ses études à l’Université Saint-Anne, en Nouvelle-Écosse. Il y a obtenu un diplôme d’immatriculation universitaire en 1967. C’est à l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick, qu’il a obtenu en 1969 un baccalauréat en sociologie. Il entreprit une maîtrise en sociologie dans cette même institution avant d’être renvoyé comme plusieurs de ses camarades dans la foulée des mouvements étudiants de la fin des années 1960. Rappelons que les étudiants et étudiantes avaient manifesté et organisé une grève pour protester contre l’augmentation des frais de scolarité. Plusieurs d’entre eux, dont Jean-Marie, avaient aussi apporté une tête de cochon au maire de Moncton, Leonard Jones, le 14 février 1968[1] pour exiger la reconnaissance officielle du français par la ville de Moncton. Ces événements ont abouti en 1969 à la fermeture du département de sociologie (Warren 2006).

Jean-Marie est alors parti continuer ses études à l’Université d’Ottawa. Il effectua cinq années de recherche à la suite de sa scolarité et obtint sa maîtrise en sociologie en 1975. Durant son parcours de maîtrise, il a été notamment l’assistant du sociologue Roberto Miguelez. Jean-Marie a commencé sa carrière d’enseignant en sociologie au Cégep de Chicoutimi en 1977. La même année, il épousa sa conjointe Diane, avec laquelle il a eu trois enfants, et avec laquelle il est toujours marié.

Tout au long de sa carrière d’enseignant, il a développé du matériel pédagogique pour ses élèves (manuels de cours, guides d’utilisation de logiciels, guides méthodologiques, etc.). En 1989, il a d’ailleurs reçu le prix du ministre (mention, notes de cours) pour sa contribution à l’enseignement de la sociologie au collégial. En plus de la création de matériel pédagogique, il a conçu différents projets comme un centre de documentation à l’attention du personnel enseignant du département de sciences humaines, des bases de données de recherche en sciences humaines au format Excel, ainsi que des cours et des formations en informatique. En 1993, il a mis sur pied une banque de textes numériques en sciences humaines et sociales destinés à ses élèves, laquelle allait devenir en 2000 la bibliothèque Les Classiques des sciences sociales. La découverte du numérique a été déterminante pour Jean-Marie :

Le numérique m’a redonné le goût de vivre, le goût d’enseigner et de faire des choses pour mes étudiants (Propos de Jean-Marie Tremblay cité par Lallier 2013).

Depuis maintenant 18 ans, Jean-Marie dirige cette bibliothèque dont la mission est de donner accès gratuitement aux œuvres de langue française en sciences humaines et sociales. Un projet qui rejoint les préoccupations qu’il avait depuis son tout jeune âge :

Lorsque j’étais enfant, je voulais devenir « missionnaire », faire le bien, aider, contribuer à la réduction des inégalités sociales. Lorsque j’ai commencé, à l’âge de 50 ans, ce qui allait devenir Les Classiques des sciences sociales, j’ai eu le sentiment d’avoir retrouvé mon « âme » – excusez l’expression, pour un agnostique, je devrais dire mon essence, m’être reconnecté à mon idéal d’enfant. Mon idéal était d’aider, de partager, non de m’enrichir. Mon salaire d’enseignant n’était pas très élevé, mais nous ne manquions de rien. Je viens d’une grosse famille et cela nous apprend à partager et nous entraider.

Partage des connaissances, accès aux savoirs et gratuité allaient ainsi de soi. Je ne pouvais envisager les choses autrement. Vous imaginez [un ou une étudiante] qui doit payer pour l’accès à un livre, qu’il soit dans une petite ville d’ici ou dans un lycée ou un cybercafé au Madagascar. La gratuité permettait à tous, de tous les milieux, d’accéder librement à ces connaissances. C’était mon intention de départ et je n’y ai pas dévié (Propos de Jean-Marie Tremblay recueillis par Mathieu Gaulène 2010).

Pendant ses années d’études à Ottawa

En juin 2013, Jean-Marie a reçu le titre de Chevalier de l’Ordre national du Québec, la plus haute distinction décernée par l’État québécois, pour souligner ses réalisations et sa participation au rayonnement du Québec[2]. Il a pris sa retraite de l’enseignement en 2011 et, depuis, il se consacre à temps plein aux Classiques des sciences sociales.

Cérémonie de remise de l’Ordre national du Québec

Références

Gaulène, Mathieu. 2010. « Le site ‘Les Classiques des sciences sociales’ fête ses dix ans. Entretien avec Jean-Marie Tremblay ». nonfiction.fr. 
http://classiques.uqac.ca/inter/medias/2010_05_17_NonFiction/2010_05_17_NonFiction.html

Lallier, Alain. 2013. « Le professeur qui sème à tout vent ». Portail du réseau collégial du Québec.
http://lescegeps.com/pedagogie/personnalites_marquantes/le_professeur_qui_seme_a_tout_vent

Warren, Jean-Philippe. 2006. « La fermeture du département de sociologie de l’Université de Moncton : histoire d’une crise politico-épistémique ». The Canadian Historical Review 87 (3) : 463-496.
http://classiques.uqac.ca/contemporains/warren_jean_philippe/fermeture_dept_socio_Moncton/fermeture_socio_Moncton.pdf


  1. Beauchamp, Jacques. 2016. « La révolte étudiante acadienne de 1968 ». Aujourd’hui l’histoire. Radio-Canada. http://ici.radio-canada.ca/emissions/aujourd_hui_l_histoire/2015-2016/chronique.asp?idChronique=419703
  2. Gouvernement du Québec. 2018. « Jean-Marie Tremblay, chevalier 2013 ». http://www.ordre-national.gouv.qc.ca/membres/membre.asp?id=2580

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